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Amid Faljaoui, de Meknès au sommet de la pyramide des médias bruxellois

Amid Faljaoui, de Meknès au sommet de la pyramide des médias bruxellois

Le regard vif, arborant le sourire confiant d’un dirigeant accompli, Amid Faljaoui semble être heureux de son parcours. A 54 ans, l’accent tonique et un dynamisme révélant une énergie débordante, ce natif de Meknès devenu aujourd’hui un magnat de la presse belge, raconte qu’il n’était pas prédestiné pour le métier de journaliste, ses parents préférant le diriger vers des études plutôt «sérieuses» à la faculté d’économie. Mais la passion pour le journalisme finira par l’emporter après avoir « fait plaisir » à sa famille en décrochant le diplôme qu’elle voulait.

«J’ai dit à mon père : maintenant que j’ai le diplôme que tu veux, puis-je enfin me consacrer à ma passion ? Et c’est comme ça, que ma carrière de journaliste a démarré», confie-t-il dans une interview à la MAP.

Amid Faljaoui, aujourd’hui directeur des magazines francophones du groupe «Roularta» (500 millions d’euros de chiffres d’affaires), l’une des plus grandes entreprises de presse en Belgique, est aussi rédacteur en chef de la chaine de télévision économique Canal Z.

Recevant ses hôtes avec toujours un papier à corriger entre les mains, un édito à peaufiner ou une chronique radio à finir, Amid Faljaoui a gravi rapidement les échelons d’un métier dans lequel il n’est pas toujours évident de devenir patron, après avoir d’abord roulé sa bosse en tant que pigiste pour le compte de «Trends», le premier magazine économique de Belgique.

«Chemin faisant, je suis devenu rédacteur en chef du magazine, le 1 er avril 2001. Ce n’était pas un poisson d’avril ! Je me souviens bien de cette année où je devais gérer à la rédaction les attentats du 11 septembre», se remémore-t-il.

Cinq ans plus tard, le groupe Roularta lui propose de devenir directeur de sa division francophone qu’il mène vers de grands desseins puisqu’il a réussi à doubler son chiffre d’affaires et à révolutionner ses méthodes de travail.

«Ce n’était pas facile au début. J’ai dû faire face à des résistances humaines, mais j’ai réussi à fédérer du monde autour de mon projet», reconnait-il.

Fasciné par le monde des affaires, il décide plus tard de devenir lui aussi chef d’entreprise, «un milieu avec lequel le journalisme économique n’est pas incompatible», dit-il.

«A force de côtoyer les hommes d’affaires, de les regarder et de les admirer parfois, j’ai eu envie moi aussi de devenir chef d’entreprise mais à temps partiel, puisque je ne veux pas laisser tomber ma vocation première», affirme-t-il, en rappelant qu’il tient une chronique économique quotidienne sur les ondes de la radio-télévision belge (RTBF) depuis plus de dix ans et pour laquelle il voue une passion sans limites.

«Ce que j’aime beaucoup dans cette chronique, c’est qu’elle me force à me lever tous les jours à 5 heures du matin pour lire et sélectionner les informations à partager avec les auditeurs», se réjouit Amid Faljaoui, pour qui le journalisme, c’est aussi et d’abord le partage.

«Notre travail consiste à chercher des réponses, des informations utiles et à les partager avec les lecteurs, les auditeurs ou les téléspectateurs et c’est ce qui m’apporte ma dose de bonheur quotidien et renforce ma foi dans ce métier que j’aime», dit-il.

Sous sa nouvelle casquette de chef d’entreprise, Amid Faljaoui dirige depuis un an, le Cercle de Wallonie, le premier cercle d’affaires en Belgique francophone (1100 membres). Il s’agit d’un espace dédié au Networking et à la recherche d’opportunités d’affaires au profit d’opérateurs économiques belges. D’ailleurs il y a quelques semaines, il a initié une rencontre, dans les prestigieux salons de ce cercle à Seraing en région liégeoise, autour des atouts économiques du Maroc pour inciter les investisseurs belges à s’intéresser au marché marocain.

La rencontre, organisée à l’initiative de l’agence wallonne d’exportation (AWEX), a été l’occasion de présenter à une pléiade d’hommes d’affaires belges les atouts économiques du Maroc et sa position en tant que hub continental raccordant l’Afrique à l’Europe.

A ce sujet, Amid Faljaoui estime qu’en tant que Marocain vivant à l’étranger il croit fermement qu’il faut aussi «être acteur au profit de son pays et non pas uniquement le regarder de loin».

Rêvant d’une «troisième vie» dans son pays natal, il planche d’ailleurs sur une mission économique privée de haut niveau au Maroc pour inciter davantage les entrepreneurs belges à investir et à échanger avec leurs homologues marocains.

Entre ses activités de patron de presse, son réveil matinal de chroniqueur radio et son travail de directeur du cercle d’affaires de Wallonie, Amid Faljaoui réussit malgré tout à dégager du temps pour une autre passion : la musique égyptienne qu’il écoute presque chaque jour aussi en hommage à ses études passées en Égypte. Son premier fils ne porte d’ailleurs pas par hasard le prénom très cairote de… Magdy.

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