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Attentat de Nice : Macron face au désarroi des français

Attentat de Nice : Macron face au désarroi des français

Par Abdellatif Mammeri

La France a commémoré le 14 juillet dernier le 1er anniversaire de l’attentat de Nice, l’un des attentats les plus meurtriers perpétrés sur le territoire national et revendiqué par « Etat Islamique ».  Un homme inconnu des services, au volant d’un camion de plus 20 tonnes loué quelques jours auparavant, a foncé sur la foule. Les milliers de personnes qui venaient d’assister à un gigantesque feu d’artifice sur la promenade des Anglais ont été surpris par cet engin de la mort qui les fauchait sans distinction d’âge, de sexe ou d’origine. Des dizaines de morts et de blessés dont le seul crime était de se trouver sur sa route. Une nouvelle bataille de cette guerre sans fin, que les dirigeants français ont annoncée depuis le massacre du Bataclan. « Notre pays est en guerre » avait annoncé le président de la république François Hollande.

Le politique a érigé des symboles pour que la France reste debout, unis et forte devant l’adversité. Les Français ont marché, manifesté pour conserver une cohésion nationale, qui s’effritait davantage à chaque opération terroriste.  L’assaillant de Nice, soldat autoproclamé du groupe Etat islamique, avait bien organisé son attentat et avait choisi la date du 14 juillet comme un symbole, un pied de nez au gouvernement et au peule de France. Daech qui occupait alors la deuxième plus grande ville irakienne Mossoul, répondait par cet acte à l’implication de la France dans la guerre menée par une coalition internationale contre la « Califat » d’Al Baghdadi.

Un an, presque jour pour jour, le premier ministre irakien annonçait officiellement la « libération de Moussoul ». Emmanuel Macron nouvellement installé au palais de l’Elysée s’est félicité de cette victoire, en remerciant tous ceux qui ont combattu au côté des soldats tricolores. Mossoul libérée au prix d’une destruction quasi totale, et le déplacement de plus 70% de ses habitants, quant aux victimes civiles, ils se comptent par milliers.

La chute de Mossoul signifie-t-elle la fin « EI », ou juste le déplacement du conflit ailleurs sur autre terre musulmane…Les candidats sont nombreux, la Libye, la Syrie… La question de l’épineux retour des djihadistes dans leurs pays et tout particulièrement  en France.

Mais avant les interrogations à venir, le citoyen ne cesse de se poser les questions sécuritaires…

L’Etat a-t-il les moyens de le protéger, face à des groupuscules indétectables, des actes imprévisibles en termes de temps et d’espace. Toutes les mesures prises, depuis les attentats de 2013, n’ont pas été suffisantes pour protéger les Français. Aucune politique sécuritaire en interne ne peut garantir la sécurité totale des citoyens, face à cette manière de faire la guerre que nous impose Daech, face à ceux qui à défaut d’une vie normale, prétendent à une mort glorieuse à leurs yeux.
Nous devons nous poser d’autres questions, beaucoup de questions…

Pourquoi nous faisons la guerre à Daech ? Et pourquoi Daech nous fait la guerre ? Mais avant tout c’est qui Daech ? Comment ce groupe a-t-il réussi à gagner un territoire, une armée et des soutiens au cœur même de nos territoires et en si peu de temps ?

Nous ne faisons pas de pédagogie, nous posons des questions légitimes, questions auxquelles n’avons pas de réponses. Entre les intérêts des parties actives dans ce conflit (c’est-à-dire tout le monde), les théories de complots si répandues sur la toile et que nos jeunes affectionnent tout particulièrement et en l’absence de toute analyse claire et crédible selon eux, le pétrole, la guerre fratricide (sunnites, chiites) …et encore d’autres raisons obscures.

La seule réponse à nos questions réside dans l’origine de tous ces problèmes, identifiée comme étant les conflits du moyen orient, et principalement l’éclatement de L’Irak. Nous avons voulu exporté la démocratie comme un bien de consommation ou une haute technologie, et comme seul résultat nous avons créée des « démocratures », déstabiliser des régimes, réveiller des rancœurs.
L’attentat de Nice, c’est déjà un an… entre temps Trump est le nouveau locataire de la Maison Blanche avec une nouvelle et confuse vision du monde.  Vladimir Poutine est plus que jamais l’homme fort en Europe. L’Iran a soldé ses différends avec l’Occident par un accord sur le nucléaire, signé en juin 2015 sous la houlette de Barack Obama. Une nouvelle tension entre les pays du Golfe met à mal la paix au Moyen-Orient. La Palestine est toujours sous occupation israélienne sans la moindre solution en vue . Et Emmanuel Macro, le nouveau et jeune président français veut « rendre sa grandeur à la France » en jouant le leadership européen et mondial.

De tout cœur avec les victimes de Nice et leurs familles. Soyons forts, restons vigilants, ne cédons pas aux sirènes des récupérateurs de tous bords.

 

 

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