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Le coaching, mode ou besoin des temps modernes ?

Le coaching, mode ou besoin des temps modernes ?

Dossier du mois

«Chaque coaching est unique»

Eshraf Kanfoud, Master Coach en Communication, Consultante, Formatrice en Développement Personnel, Maître Praticienne en PNL, Hypnothérapeute, Life Coaching Tunisie

 Le coaching est une pratique millénaire fondée sur des principes simples tels que l’art du ques­tionnement, l’écoute active et la reformulation, le feedback positif, la prise de conscience, la consi­dération positive inconditionnelle.

Comme le souligne la Fédération francophone de coaching : « le coaching repose sur une alliance conçue pour accompagner une personne ou un groupe vers son meilleur niveau de réussite ou d’épanouis­sement ».

Le Coaching n’est pas un phénomène de mode ou une tendance, il s’enracine et gagne du terrain.

Il a des origines anciennes, mais le métier d’accom­pagnement individuel en tant que tel n’existe que depuis quelques années. En effet, après les sportifs, ce sont les artistes, surtout les chanteurs, acteurs et comédiens renommés, qui ont adopté les méthodes du coaching en engageant un coach pour parfaire tout d’abord leur art, mais aussi pour les motiver, surmonter les périodes dif­ficiles tels que le doute, le stress, le manque de confiance en soi ou la maîtrise de son image.

Ensuite c’est le monde des affaires qui commence à s’intéresser au coaching avec l’« executive coaching ». Effectivement, vu le succès qu’obtenaient les coachs sportifs dans leur domaine, des entrepreneurs, chefs d’en­treprise et hommes d’affaires ont cherché des moyens pour augmenter le chiffre d’affaire de leurs firmes et la performance de leurs subordonnés. C’est ainsi que le coaching est arrivé, progressivement, dans le domaine de l’entreprise où la concurrence est tout aussi vive que dans celui du sport. Assez rapidement, les commandi­taires du coaching ont fait les mêmes constats que les coachs sportifs : on ne peut séparer la personne de sa performance. Ils ont ainsi dû ajuster leurs attentes : faire que le coaché augmente sa productivité ne devait plus être la visée du coaching, mais sa conséquence. Il s’agit alors d’accompagner le salarié vers ce qui fait sens pour lui, et pas vers ce qui fait avancer l’entreprise, à savoir la production indifférente au coût sur le plan humain.

Un élargissement de la demande est observé au­jourd’hui. Le coaching n’est pas l’apanage de l’entre­prise, il s’est également développé dans le champ des problèmes personnels par le « life coaching ». Des particuliers y ont recours, des ados, des étudiants, des couples, des phobiques, des anxieux…etc ainsi que les professions libérales tels que les avocats, médecins, architectes, artistes, artisans et créateurs. Toutes les populations et tous les âges sont représentés.

Chaque coaching est unique

Le Life Coaching n’est lié ni à l’âge ou à la pro­fession, ni au sexe ou à l’origine de la personne. Il s’adresse à tout individu qui souhaite gérer sa vie de façon active, consciente et réfléchie et couvre plusieurs sujets notamment découvrir et développer son poten­tiel personnel et ses ressources cachés ou dormants, savoir mieux gérer certaines situations de la vie, mieux se connaître et se comprendre, aborder et régler des conflits existants de façon active, transformer un mé­contentement en action positive de changement, briser des comportements destructifs et créer une attitude plus conciliante, mieux contrôler ses émotions, mon­trer davantage d’ouverture envers d’autres personnes, mieux assumer son rôle dans un groupe, améliorer la qualité de ses décisions, définir un projet de vie et entamer une nouvelle étape de la vie professionnelle ou privée.

Le travail du coach consiste à procurer à la per­sonne une meilleure connaissance de sa réalité et de lui permettre de travailler sur sa personne. Ensemble la situation de départ est analysée, suivie d’une dis­cussion sur les objectifs à atteindre ainsi que sur les moyens d’y arriver. Ensuite le coach accompagne la personne sur le chemin vers ses propres solutions et perspectives et l’aide à faire mieux ressortir ses propres capacités et réponses. Il ne s’agit ni de pour­voir des solutions préétablies ni de changer la personnalité. Afin que le processus de coaching puisse aboutir, il est essentiel de vérifier tout au début que la « chimie personnelle » entre les deux partenaires soit la bonne, afin qu’un climat de profonde confiance puisse s’installer. Il va sans dire que tous les sujets et les objectifs, les discussions et les résultats d’un coaching sont traités de façon absolument confidentielle.

Par définition, chaque coaching est unique. Et s’agissant d’un processus dynamique, il peut conduire à discuter des sujets imprévus et amener des conclusions surprenantes. Ainsi, les résultats ne sont pas toujours connus d’avance. Par contre, attendus, voire définis, ils sont périodiquement analysés et, en cas de besoin, réajustés. C’est la personne coachée qui décide du moment où elle considère l’objectif comme étant atteint.

Coaching et psychanalyse

Il existe toutefois une certaine ambiguïté entre le coaching et la psychanalyse, le coach et le psychothérapeute.

Les méthodes sont peut-être parfois simi­laires, mais le travail est très différent. Un psychothérapeute s’adresse, en général, à la globalité de l’individu. Un coach fixe un chan­gement de comportement précis. Ensuite, celui qui s’adresse à un coach ne se vit pas comme « malade» ou «dysfonctionnel», mais comme quelqu’un qui souhaite se dépasser, devenir plus performant. Une différence énorme ! Le recours à un coach a donc une image plus positive.

Il y a une certaine appréhension des psys car certains d’entre eux ne sont pas clairs sur leur méthode. Ils s’abritent fréquemment derrière un savoir ésoté­rique et occupent une position d’autorité. Le coach, lui, demeure un prestataire de service, prêt à expliquer sa méthode. Surtout qu’il travaille dans un cadre défini et limité dans le temps, au contraire d’un psychothéra­peute dont la démarche est difficile à évaluer en termes d’efficacité et de durée. Ce qui constitue un mystère et une frustration pour de nombreux patients.

D’ailleurs, nous utilisons le terme «client» en coa­ching, afin de bien différencier ce travail de la thérapie. Mais la frontière est floue parfois. Dans notre pratique de supervision collective (l’endroit où les coachs parlent entre eux des problèmes qu’ils doivent résoudre avec leurs clients difficiles), cette question de la frontière entre le coaching et la thérapie est très souvent abordée.

Et aussi paradoxal que cela puisse paraître, cette question s’amplifie parfois avec l’expérience ! Car il est souvent facile à un coach débutant de refuser quelqu’un qui aurait plus besoin de thérapie que de coaching, parce qu’il se sent rapidement en diffi­culté devant cette personne.

Mais avec l’expérience, les coachs prennent de l’ampleur dans leur capacité d’accompagnement et se sentent, de plus en plus, capables de prendre en charge des gens qu’ils auraient refusés avant. D’où la nécessité de bien travailler cette frontière, qui n’est, en plus, pas la même selon les écoles et les formateurs.

Alors qu’en thérapie (où on utilise plutôt le terme patient) on va être moins orienté sur le résultat mais plus sur la personne qui consulte.

Le coaching, une discipline incontournable

Pour conclure, le coaching est une discipline à part entière, soutenue par des principes, encadrée par un code déontologique. Le coach utilise des question­nements pour permettre à ses clients de clarifier leur situation, faire des prises de conscience, explorer des options pour passer à l’action.

Le coach s’adresse à un adulte qui dit « je veux » et non « les autres font que », qui se met en action et non qui attend que les choses arrivent, qui est réaliste et non dans la pensée magique, qui est responsable et non dans des fantasmes de toute puissance, etc…

Le coach ne prend pas en charge la souffrance de la personne, il n’a pas la compétence pour le faire. Mais il réfère la personne en souffrance à des spécialistes qui vont l’accompagner dans un travail de reconstruction. Il accompagne pour une motivation précise afin de réali­ser un projet, optimiser un comportement ou une stra­tégie, déterminer des valeurs qui vont orienter l’action, repérer des croyances qui peuvent limiter l’expression de la personne ou la faciliter, trouver une cohérence entre ce que l’on désire obtenir et la réalité, etc.

Dans certains cas, certains s’octroient le titre de coach sans forcément avoir des compétences. C’est vrai qu’en Tunisie ou au Maroc, être coach est très fa­cile, mais être reconnu en tant que tel est très difficile.

Il existe diverses formations qui donnent le titre de coach mais qui ne sont pas forcément reconnues, c’est pour cela que quand on s’adresse à un coach, il faut être à la fois au courant de ses études, de sa formation professionnelle, de ses compétences et de sa réputation.

Celui-ci a une mission de vie, qui est de partager son savoir, accompagner, orienter, guider, aussi bien les démunis que les autres.

Au Maroc comme en Tunisie, le métier n’est pas encore organisé, ce qui pourrait lui porter préjudice. Il serait donc nécessaire de mettre en place une fédé­ration ou un organisme légal qui protège aussi bien le client que le coach.

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