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Le coaching, mode ou besoin des temps modernes ?

Le coaching, mode ou besoin des temps modernes ?

Dossier du mois

Le coaching dans tous ses états

Mouhcine Ayouche, Coach certifié PCC par l’ICF (International Coach Federation), Fondateur associé de bmh Coach, Formateur et superviseur de coachs

Le développement du coaching dans notre pays, durant ces dernières années, ne cesse d’inter­peler aussi bien les managers, organisations et professionnels qu’un large public. Il questionne et intrigue parfois. Cela est dû au fait qu’au delà de « la tendance » de « la mode », il soulève des questions de fond sur la relation de l’être à lui-même, aux autres et au monde et incite ceux et celles qui y recourent à se poser des questions qu’ils n’ont pas l’habitude de se poser dans la vie courante. Cette vie qui s’accélère à une vitesse GRAND V, alors que le temps biologique de l’individu garde le même rythme.

Un métier en besoin de se professionnaliser

Le coaching vise l’accompagnement des personnes et des structures à s’autonomiser vis-à-vis de situa­tions personnelles et professionnelles auxquelles elles font face. Il s’agit d’un métier à part entière classifié dans les métiers de la relation d’aide. Les différentes appellations dont on l’affuble (professionnel, indivi­duel, collectif, d’entreprise, de vie, philosophique…) ne seraient, à mon sens, que des déclinaisons de la quintessence d’un même métier aux fondamentaux bien établis qu’on ne peut outrepasser en s’improvi­sant et s’autoproclamant « coach ». Car il s’agit d’ac­compagner l’Humain dans son itinéraire personnel pour atteindre ce qu’il désire au mieux de ce qu’il est, de ce qu’il peut et du contexte qui est le sien.

Au Maroc, force est de constater que le métier, tout en s’affirmant de plus en plus, souffre encore de beau­coup d’amateurisme. Disons qu’il se cherche encore et qu’il est en train de monter en puissance. Pour cela il a besoin de se professionnaliser encore plus, de bien fixer ses domaines de compétence et surtout ses do­maines d’incompétence. Il s’agit d’éviter de le mettre à toutes les sauces et de le surinvestir. Le coaching ne saurait donc être La Solution, mais une voie parmi d’autres quand on fait face à des situations qui nous posent « problème » ou questionnement.

A cet égard, la plus grande distinction et limitation à fixer est celle entre coaching et thérapie (certains osant dernièrement parler de coaching thérapeutique –sic-). Si des coachs s’amusent à s’improviser théra­peutes, ils failliront non seulement aux pratiques de la discipline, mais surtout à sa déontologie profonde et oublieront que si le fondement de la thérapie est hippocratique, celui du coaching est socratique et vise l’émergence, chez l’individu, de prise de conscience et d’élaboration de décisions applicables dans sa vie et non une quelconque guérison de quelque altération que ce soit. Il en va, évidemment, de même si les thé­rapeutes investissent le champ du coaching à leur tour.

Un accompagnement à la portée de toutes les bourses ?

Métier de la relation d’aide, le coaching qui s’étend, de plus en plus, dans le monde de l’entreprise et des organisations ne saurait cependant être l’apanage d’une élite qui seule peut s’en offrir les moyens (le coaching coûte et vaut cher). Face à telle probléma­tique, la réponse ne saurait être le « bradage » des prix comme cela est pratiqué par des coachs peu profes­sionnels et encouragés par certaines administrations publiques au travers de la règle du moins disant. La ré­ponse réside dans le coaching solidaire au profit de ca­tégories sociales démunies et n’ayant pas les moyens de se l’offrir. La démarche est éthique et permet au coach qui en est porteur de délivrer la même qualité de prestation que ce soit pour le PDG d’une grande structure ou pour l’étudiant ou le militant associatif ou encore la femme rurale porteuse d’un projet AGR.

Ni mode, ni tendance le métier de coach peut appor­ter beaucoup aux hommes, femmes et organisations de notre pays. En ce sens, il a de beaux jours devant lui à condition de fournir des efforts soutenus de profes­sionnalisation, d’ancrage culturel, de développement théorique et pratique en s’éloignant du « copier-col­ler » et des délocalisations tout azimut. Mais d’abord et avant tout, en se tenant à une déontologie au service de l’Humain, de son développement personnel, pro­fessionnel et de son bien-être.

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