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Déclaration de Nasser Bourita : Tout accord de pêche sera conclu sur la base du respect de la souveraineté du Maroc

Déclaration de Nasser Bourita : Tout accord de pêche sera conclu sur la base du respect de la souveraineté du Maroc
Hassan Alaoui

Le Maroc s’était plus que préparé à la décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), rendue ce mardi 27 février, relative à l’accord de pêche qui le lie à l’Union européenne et qui devrait expirer en juillet prochain.

Dans le cadre d’une interview accordée à partir de Bruxelles en partage par téléphone avec la presse nationale, dont Maroc diplomatique ,Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a fait le point sur ce dossier et détricoté l’arrêt de la CJUE.

D’emblée, il a indiqué que « rien dans le texte de l’arrêt n’exclut la légitimité politique du Maroc à conclure ( renouveler) un nouvel accord de pêche d’ici juillet prochain », date d’expiration de l’actuel accord. Selon lui, la Cour européenne n’a pas suivi l’avocat général qui conteste cette légitimité, et affirme – dans le sillage du polisario et de l’Algérie – que  l’invalidité de l’actuel accord. La Cour ne s’est pas inscrite dans la même que la décision prise le 21 décembre 2016 portant sur l’Accord agricole.

De ce fait, il n’y a aucune rupture tant au niveau du partenariat global qu’à celui de l’Accord agricole qui implique donc l’accord sur la pêche. Dans ses interprétations , disons son langage, la Cour évoque le terme Royaume du Maroc, Etat et nation, soulignant en somme sa souveraineté inaliénable . Elle contredit paradoxalement les proclamations vicieuses du polisario et de l’Algérie qui se réjouissent si vite d’une imaginaire exclusion du Sahara du schéma. « Jamais, explicitement, ce terme d’exclusion des provinces du Sahara n’a été prononcé clairement et délibérément » comme  le souhaitent tour à tour Algérie et polisario. Et Nasser Bourita d’ajouter « ce qui n’est pas explicitement dit, mentionné et exprimé n’est d’aucune valeur ». Il ne relève d’aucun droit. Autrement dit, rien ne sert de courir…

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D’où le constat que « rien ne s’oppose à ce que le Maroc signe un nouvel accord couvrant le Sahara ». Est-ce à dire que le communiqué conjoint publié par le Maroc et l’Union européenne, mardi matin,  constitue un démenti cinglant aux allégations du polisario et de son mentor algérien. Tout ce qui filtre du contenu de l’arrêt de la Cour demeure flou,  n’incline pas le Maroc à remettre en cause sa ligne de conduite. En revanche,  ce texte met en exergue une position commune, une même lecture et impose aux deux parties l’impératif de s’adapter à la décision de la Cour. C’est peu dire, et c’est le plus significatif, que Maroc et Union européenne sont du même côté, sur la même longueur d’ondes. Ils réaffirment sans ambages leur vigoureux attachement à l’esprit de leur partenariat.

Dans la même fidélité à l’esprit de partenariat Maroc-Union européenne axé sur l’Accord d’association signé en 2000 et entré en vigueur en 2002, la Commission a reçu mandat du Conseil pour négocier et conclure un nouveal accord de pêche avec le Maroc. Ce dernier, réitère Nasser Bourita, « négociera sur la base de souveraineté, appliquant la même législation sur son territoire, de Tanger à Lagouira » et s’en tiendra à ce postulat, de « pays souverain, attaché au partenariat multidimensionnel avec l’Europe », quand bien même nos adversaires se seraient livrés à des attaques en règle contre la Commission.

Nasser Bourita estime, en somme, que cette « guerre juridique est alimentée par le gouvernement algérien qui pensait récolter les fruits d’une campagne hostile au Maroc, lequel demeure l’acteur légitime et exclusif vis-à-vis de l’Union européenne pour traiter ce dossier de pêche ». Alger souhaitait accorder au polisario un rôle, une place et une légitimité. Ni l’un, ni l’autre…

L’accord de pêche constitue certes un volet significatif de l’Accord global, agricole s’entend, il est renouvelé tous les 4 ans, contenant les volets des zones d’exercice accordées aux pêcheurs européens et le mécanisme de financement. Le Maroc, conclut le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, continue sur sa lancée pour mettre en œuvre le dispositif de négociations d’un nouvel accord de pêche, à la barbe de ses adversaires.

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