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Demande d’adhésion du Maroc à la CEDEAO, ou quand le Maroc met en branle une politique qui changera le destin du continent

Demande d’adhésion du Maroc à la CEDEAO, ou quand le Maroc met en branle une politique qui changera le destin du continent

Rachid Maboudi

La demande d’adhésion du Maroc à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est une démarche avant-gardiste qui s’inscrit en droite ligne de la nouvelle politique du Royaume dans le continent, laquelle participe d’une approche gagnant-gagnant et solidaire plaçant le citoyen africain au centre de toute initiative de développement.

La dynamique dans laquelle s’inscrit la demande du Royaume, qui intervient quelques mois seulement après le retour du Maroc au sein de sa famille institutionnelle, en l’occurrence l’Union Africaine (UA), est une traduction dans les faits de la nouvelle politique africaine du Royaume, sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI.

La CEDEAO, dont le 51è sommet est prévu ce dimanche dans la capitale libérienne, Monrovia, aura ainsi à prendre une décision historique qui bouleversera les données géostratégiques au niveau continental et donnera à ce groupement un poids incontournable sur les plans continental et mondial.

En d’autres termes, ce bloc sous régional deviendra, avec l’adhésion du Maroc, la 16è économie du globe, se plaçant devant la Turquie et l’Indonésie.

En effet, ce marché de 15 pays dispose d’un PIB de 750 milliards de dollars, près de 320 millions de consommateurs et de bonnes perspectives avec la forte croissance enregistrée régulièrement depuis quelques années.

De surcroît, la CEDEAO offre un espace de plus en plus intégré, avec lequel le Maroc va bénéficier de la suppression des barrières tarifaires et de la libre circulation des personnes, des biens, des capitaux et des services.

Avec les pays de la Communauté, le Maroc a initié des projets structurants, dont le plus important est le gazoduc Maroc-Nigéria, qui représente 30 pc des réserves pétrolières africaine, 31 pc des ressources en gaz à travers les pays de la sous-région et qui pourrait entrainer, dans son sillage, des pans entiers des économies africaines.

Fort de son expertise avérée dans de nombreux secteurs (banques, assurance, agriculture, commerce…), le Maroc, premier investisseur en Afrique de l’Ouest, constituera pour les pays de la CEDEAO une plateforme pour accéder au marché européen et permettra à ce groupement de tirer pleinement profit de l’expérience du Royaume dans différents domaines.

Il va sans dire que la demande d’adhésion du Maroc à ce groupement n’est ni fortuite ni une tentative incongrue, mais il s’agit d’une démarche qui s’inscrit dans la continuité des liens humains, culturels, cultuels, politiques et économiques qui lient le Maroc aux pays de l’Afrique de l’Ouest, lesquels liens se sont renforcés au cours des dernières années, à travers les 23 Visites Royales dans 11 pays de la région.

Ces relations sont confortées, par ailleurs, par un lien institutionnel matérialisé par le statut d’observateur dont le Maroc dispose depuis 2005 auprès de ce groupement.

Cette volonté d’adhérer à la CEDEAO, qui est en conformité avec les dispositions du Traité fondateur de cette communauté et en satisfaction totale de ses critères d’adhésion, s’inscrit dans la Vision Royale de l’intégration régionale comme clé de voute du décollage économique de l’Afrique. Elle intervient également dans la droite ligne de la politique africaine du Souverain, couronnée par le retour du Royaume à l’Union Africaine.

Ainsi, le Maroc concrétise sa disposition à contribuer aux activités de la CEDEAO et à apporter sa plus-value à son action, notamment dans les domaines de la stabilité, du progrès économique et du développement humain durable.

La demande d’adhésion traduit également dans les faits l’engagement du Royaume à relever, conjointement avec les pays membres de la CEDEAO et solidairement avec eux, les défis auxquels la région est confrontée.

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