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Discussions bilatérales à Lisbonne autour du Sahara marocain : Le Maroc fort de sa démarche et de son pragmatisme

Discussions bilatérales à Lisbonne autour du Sahara marocain : Le Maroc fort de sa démarche et de son pragmatisme

Les discussions bilatérales avec l’envoyé personnel du SG des Nations Unies pour le Sahara marocain, Horst Köhler ont été « riches » et « fructueuses » et se sont déroulées globalement dans « une atmosphère de sérénité ». Les termes sont ceux du chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita à l’issue de cette réunion tenue mardi 6 mars 2018 à Lisbonne dans le cadre de la coopération exemplaire unissant le Maroc et l’ONU.

Pour le ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, « il ne s’agit ni d’un processus de négociation ni d’une négociation, mais d’un contact pour discuter de l’évolution du dossier du Sahara marocain ». Cette précision est d’autant plus importante qu’elle augure déjà d’un changement en profondeur dans l’approche marocaine, en application stricte des Hautes Instructions de SM le Roi Mohammed VI, conformément à la feuille de route dont les grandes lignes ont été tracées dans le discours royal du 6 novembre 2017.

En fait, la réunion de Lisbonne est très importante aussi en ce sens qu’elle a mis fin à une intox empoisonnante « orchestrée » par les ennemis de l’intégrité territoriale, en l’occurrence le pseudo polisario et son Mentor l’Algérie, qui ont tenté désespérément de laisser planer le doute autour d’une crise entre Rabat et Khöler. Importante aussi de par la qualité des débats qui ont permis à la délégation marocaine de rappeler la genèse de ce différend régional et les considérations politiques, juridiques et géostratégiques qui ont présidé à sa naissance durant les années 70, tout en attirant l’attention, de nouveau, sur les efforts engagés par le Maroc pour la mise en œuvre du modèle de développement régional et des structures de la régionalisation avancée.

Les débats ont été dominés aussi par les détails de l’initiative marocaine d’autonomie des provinces du sud sous souveraineté du Royaume, du contexte de son élaboration, de son contenu très riche et de ses bases juridiques très solides, avec un tour d’horizon et une radioscopie minutieuse de la situation au Maghreb et surtout, du « coût du non- Maghreb » et des raisons du blocage de la construction maghrébine dont, le régime Algérien est le premier et dernier responsable.

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Pour un débat fructueux, les membres de la délégation marocaine composée aussi d’élus représentant les provinces du sud du Maroc, se sont envolés pour Lisbonne et s’asseoir autour de la même table, face à l’émissaire onusien, et avec un seul référentiel, celui contenu dans le discours royal de la Marche Verte, et sur la base de 4 paramètres bien définis par ses soins. « Premièrement : aucun règlement de l’affaire du Sahara n’est possible en dehors de la souveraineté pleine et entière du Maroc sur son Sahara, ni en dehors de l’Initiative d’autonomie, dont la communauté internationale a reconnu le sérieux et la crédibilité ».

Le plein respect des principes et fondamentaux retenus pour le traitement de ce conflit régional artificiel

« Deuxièmement: les expériences passées devraient permettre de méditer sur une évidence : le problème n’est pas tant de trouver une solution à cette affaire, mais plutôt d’arriver à définir le processus à suivre pour y parvenir. Il appartient, donc, aux parties à l’origine de ce conflit monté de toutes pièces, d’assumer pleinement leur responsabilité dans la recherche d’un règlement définitif » ;

« Troisièmement: le plein respect des principes et fondamentaux retenus par le Conseil de Sécurité pour le traitement de ce conflit régional artificiel; l’organe onusien étant, de fait, la seule instance internationale chargée de superviser le processus de règlement »; et « Quatrièmement : le refus catégorique de tout dépassement, de toute tentative de porter atteinte aux droits légitimes du Maroc et à ses intérêts supérieurs, de toute proposition obsolète visant à écarter le plan de règlement des paramètres référentiels retenus, de l’insertion abusive d’autres sujets, lesquels sont traités par des institutions compétentes ».

Il ressort des Hautes Directives du Souverain, que ce processus n’est pas une fin en soi, et qu’il n’y aura ni processus, ni démarrage tant qu’on ignore le point d’arrivée. On exige également que l’Algérie soit présente dans tout processus et qu’elle soit présente à la table des négociations en sa qualité de partie et responsable de ce conflit artificiel. La démarche marocaine repose également sur une évidence : L’affaire du Sahara marocain concerne « Uniquement » l’ONU et que ni l’Union Africaine (UA) ni l’Union Européenne (UE) ne peut statuer sur ce dossier. Plus encore, il n’y aura guère de processus si l’organisation onusienne projette d’impliquer d’autres acteurs, ce qui revient à dire que pour le dossier du Sahara marocain : l’ONU dispose de la responsabilité unique et entière.

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La responsabilité de l’ONU sur ce dossier est donc unique car, Il s’agit pour le Maroc de faire tomber à l’eau toutes les tentatives déplacées du voisin de l’Est d’introduire le dossier du Sahara au sein l’Union Africaine (UA) comme organisation compétente pour y statuer. Dans cette logique sage et bien pensée que l’ONU est seule en charge du dossier, il est à rappeler que Köhler est non pas un « négociateur » mais plutôt, « un facilitateur » appelé à se contenter, uniquement, de la recherche d’une solution politique durable, juste et acceptable, sans aucune interférence quelconque dans les domaines liés aux ressources naturelles ou des droits de l’Homme.

Si plusieurs observateurs au fait de la question ont montré leur crainte, au départ, que la rencontre de Lisbonne ne soit un simple duplicata (round stérile) parmi d’autres, à l’image de ceux organisés par le passé comme se fut le cas avec Christopher Ross, ou encore son prédécesseur, James Baker, les choses ont démontré, au contraire, que les débats ont été clairs et responsables et se sont déroulés dans un climat empreint de respect mutuel. Dans un tel raisonnement et avec toute la prudence qui s’impose, ont peut dire que l’épisode Khöler a été entamé avec sa visite au Maroc, le 15 octobre 2017, avant d’être reçu le 17 octobre par le Souverain. Le responsable onusien avait affirmé être venu en « mode d’écoute ».

Sur le choix de la ville de Lisbonne pour la tenue de cette rencontre, il n’est pas fortuit si on doit rappeler que la capitale portugaise est bel et bien, celle dont est originaire le SG des Nations Unies, Guterres. Aussi, en proposant Paris ou Lisbonne pour cette rencontre bilatérale, le Maroc veut tourner la page du passé et se débarrasser d’un mauvais souvenir nait avec Christopher Ross (2009-2017), qui avait exercé une forte influence sur la position américaine sur ce dossier.

Une partialité criarde de l’ex-émissaire américain de l’ONU qui lui a coûté si chère et l’a décrédité après que le Maroc lui a retiré sa confiance en 2012 au motif connu de tous : « déclarations et initiatives inacceptables et contrevenant aux prérogatives de son mandat ». C’est dire que pour éviter ce dessein, il était donc pertinent voire primordial de mettre à l’écart, l’Allemagne qui va bientôt faire son entrée au Conseil de Sécurité et pour que ce pays ne soit pas lié à son ancien président Köhler, qui dans ce cas de figure, ne doit agir qu’à la seule qualité de fonctionnaire onusien, avec des obligations et des responsabilités bien définies.

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 En outre, côté calendrier, le Royaume a été très minutieux dans le choix de la date, puisqu’il s’agit, à la fois, de réitérer encore une fois sa coopération exemplaire avec l’ONU, et marquer, en même temps, sa distance par rapport aux rendez-vous de Berlin où, Köhler avait rencontré le 25 janvier 2018 une délégation de l’organisation fantoche du polisario conduite par le dénommé Brahim Ghali, et le 15 février 2018, le ministre algérien des affaires étrangères. Pour rappel, ces réunions se tiennent dans le cadre des concertations que le nouvel émissaire onusien initie séparément avec « les parties au conflit », outre les pays du voisinage notamment l’Algérie « partie au conflit » en vertu de la résolution de 2351, adoptée en avril 2017 par le Conseil de Sécurité.

Le porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, avait expliqué que la rencontre à laquelle Khöler avait convié le Maroc à un caractère « bilatéral ». Ceci dit, le Maroc en choisissant de rencontrer à Lisbonne, l’émissaire onusien veut s’inscrire en faux avec tout un processus ambigu et non cadré jusque-là or, actuellement, le cadrage d’un tel processus est indispensable voire même une condition sine qua non à la recherche d’une solution à ce conflit artificiel.

En d’autres termes, Il appartient clairement à l’émissaire onusien de démontrer sa démarche, et la voie à emprunter alors que le Maroc, grâce à sa démarche et surtout à son pragmatisme, ne pourrait être que « serein », avec une position plus forte et plus ferme, en dépit des magouilles enfantines et interminables que tentent de jouer les ennemis du Royaume au tirant profit de la « méconnaissance » du dossier par certaines parties pleinement manipulées et engouffrées dans les mensonges concoctés dans l’antichambre par Alger, au niveau de l’UA et de l’UE. Cette séries de rencontres bilatérales devront donc être sanctionnées par « un premier exercice » pour Köhler où, il sera invité lors d’un briefing à l’ONU sur le Sahara marocain, à présenter courant ce mois, ses idées et ses remarques sur le dossier, en attendant son rapport sur la question en mois d’avril prochain.

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In fine, il convient de rappeler que le Maroc jouit d’une légitimité politique, économique, sociale et démocratique sur son Sahara et ce n’est pas au voisin de l’Est, dépourvu d’ailleurs de toute crédibilité et de bon sens, de nous donner des leçons, au lieu de tenter de tourner le dos et de masquer, dans une fuite en avant, une série de crises profonde et de grognes sociales qui le submerge et le frappe de plein fouet.

La démarche du Maroc est claire et objective. Elle est basée sur du solide, prouvée par l’histoire, d’autant plus que Rabat est, actuellement engagé dans un processus vaste et irréversible de régionalisation avancée, avec des investissements colossaux évalués à des milliards de dollars et des projets structurants qui sortent du sol des provinces du sud du Royaume, de quoi clouer le bec à tous ceux qui ont épousé l’archaïsme et cette thèse séparatiste, désormais contenus dans les opus des vieux temps, si ce n’est de la préhistoire.

Othmane Semlali

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