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Dix-sept ans de règne, dix-sept ans de changements et de challenges

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Dossier du mois

Maroc : une monarchie réformatrice et nécessaire

Dr Charles Saint-Prot, Directeur général de l’Observatoire d’études géopolitiques (Paris)

La célébration, le 30 juillet 2016, du 17è anniversaire de l’acces­sion au Trône du Roi Moham­med VI, est l’occasion de rappeler les réalisations d’un pays qui progresse grâce à l’impulsion donnée par une monarchie réformatrice. Aujourd’hui, au regard des incertitudes ou des dé­sordres qui perturbent le monde arabe, de l’Algérie et de la Tunisie jusqu’au Yémen, on ne peut qu’apprécier à sa juste valeur l’exception marocaine, c’est-à-dire le fait que le Royaume du Maroc est un État stable et sur la voie d’un développement global. Il fait partie du petit nombre de ceux qui progressent que ce soit sur le plan de la consolidation de l’État de droit que sur celui du développement.

Cette exception marocaine est sans aucun doute due à la vision prospec­tive et stratégique du Roi Mohammed VI, et au consensus réalisé autour de sa personne parce que, dans sa sagesse, le peuple marocain sait combien la monarchie est une condition de l’uni­té nationale – de Tanger à Lagouira-, du respect des intérêts du Maroc sur la scène internationale, et des progrès du pays dans le cadre d’une institution monarchique qui est fondamentale­ment réformiste et a pour objectif un plus grand développement politique, social, économique et une diplomatie de plus en plus dynamique.

Sur le plan institutionnel, le Maroc démontre qu’évolution et continuité ne sont pas incompatibles et qu’il est possible de trouver, dans le consensus et la stabilité, un modèle institution­nel purement national, celui d’une monarchie démocratique bien adap­tée à la spécificité d’une vieille nation historique et répondant à tous les cri­tères d’un État de droit moderne ayant pour seul critère le bien commun.

Le roi Mohammed VI a fixé comme objectif prioritaire le développement économique et social, afin que le Maroc devienne un véritable pays émergent. Le maintien de la stabili­té macroéconomique et la résilience de l’économie marocaine permet de maintenir un bon taux de croissance et de s’engager dans des voies promet­teuses aussi bien pour ce qui concerne l’industrie, le progrès de l’agriculture, les énergies renouvelables, la stratégie portuaire de Nador et Tanger-Med sur la Méditerranée à Dakhla Atlantique dans les provinces sahariennes. Il est notable que l’accent soit mis sur l’impact qualitatif que les réalisations doivent avoir pour l’amélioration les conditions de vie des citoyens. C’est aussi dans cette logique de développe­ment global que le Maroc est devenu un champion de la défense de l’envi­ronnement au point d’avoir été choisi comme pays hôte de la 22e Conférence des parties à la Convention-cadre de l’ONU sur les changements clima­tiques (COP 22) qui se tiendra à Mar­rakech en novembre 2016 .

L’exception marocaine s’exprime également sur le plan diplomatique. Là encore, on ne peut que constater que le Royaume du Maroc a une di­plomatie de grande envergure visant à la fois à défendre fermement les droits du Maroc, notamment contre les manoeuvres de certains personnels des Nations unies qui ont épousé la cause séparatiste dans l’affaire du Sahara marocain, et visant également à consolider les anciens partenariats et à promouvoir de nouveau, notam­ment en Afrique et en Asie. Sur ce point, il faut constater que le Maroc est une puissance diplomatique in­contournable en raison de son rôle central pour la stabilité dans la zone sahélo-saharienne, sa lutte pour faire prévaloir l’Islam du juste milieu et en raison également de son ambitieuse politique africaine. Le dynamisme de la stratégie africaine du Roi Moham­med VI qui vise à renforcer les rela­tions multiséculaires avec l’Afrique noire et à les faire fructifier, s’ins­crit dans le cadre d’une politique africaine qui est l’un des piliers de la diplomatie de Rabat. Cette poli­tique a également pour contexte une ferme détermination en faveur de la coopération sud-sud dont le Roi a fait une ardente obligation parce que c’est l’une des conditions essentielles du décollage des pays du sud. La perti­nence de cette politique africaine est la raison pour laquelle une majorité d’États africains plaident pour un re­tour du Royaume au sein de l’Union africaine et la suspension de l’entité séparatiste admise jadis par un tour de passe-passe au mépris de la légalité internationale.

À tous égards, le règne du Roi Mohammed VI est marqué par la vo­lonté de progresser et d’être au ren­dez-vous avec l’Histoire. Le Maroc a un cap précis et une stratégie pour poursuivre sa marche en avant dans de bonnes conditions. Au total, il est possible d’affirmer que le Maroc est un pays émergent et une puissance diplomatique de tout premier ordre en raison de son rôle central pour la sécurité au sud de la Méditerranée. Cela est possible grâce à la stabilité assurée par une monarchie populaire et nationale en constante évolution, qui est l’atout principal de la nation marocaine et lui confère un avantage sur les autres pays de la région. La monarchie ! C’est tout le secret de l’exception marocaine.

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