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Dossier du mois : Rétrospective

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Dossier du mois

2017: Une bonne année pour Changer

Anouar Zyne, Expert en communication politique, Consultant chez CBS

 Même en démocratie débutante, les premiers peuvent être les derniers. 2016 a connu l’organisation, avec succès, des deuxièmes élections législatives sous la constitution de 2011. Le vainqueur, sans appel, a été encore une fois l’indiffé­rence. On a tendance à croire que trois Marocains sur quatre, en âge de voter, se sont abstenus. Ce n’est pas tout à fait faux, mais ce n’est surtout pas vrai. L’abs­tention est un acte politique qui a du sens. Elle prend la forme consciente sous l’appellation « boycott ». Ce dernier peut être mesuré au nombre des Marocains inscrits sur les listes électorales qui ne se sont pas rendus, le 7 octobre, jour du vote, aux urnes. Ce serait une appréciation grossière, mais indicative. Une autre appréciation, plus juste, comptabiliserait les 7 mil­lions de Marocains même pas inscrits, et y rajouterait facilement les 7 autres inscrits mais pas votants, pour conclure que deux tiers des Marocains en âge de voter ne se sentent pas concernés par les élections. Une indifférence aux allures de désobéissance électorale, pour ne pas dire désobéissance civile… Les 7 millions de Marocains qui ont voté ont donc rendu possible l’espoir de la démocratie. Les premiers des urnes se révèlent les derniers, comme leurs confrères, dans la démocratie. Aucun citoyen parmi les 7 millions de votants n’a manifesté dans la rue pour réclamer un parlement qui fonctionne et un gouvernement qui se forme dans des délais raisonnables. Près de 72 jours après le 7 octobre, il a fallu que le Roi-Citoyen tire la sonnette d’alarme et siffle la fin de la recréation. Le personnel politique ignore la volonté profonde de 7 millions de votants, dont aucun n’exprime son mécontentement, et renvoie la politesse à 14 millions d’indifférents. En somme, les uns comme les autres cohabitent au Maroc, en résidents, et ne savent pas encore vivre en citoyens, gouvernants et gouvernés. Un cas d’école en matière de sciences sociales et politiques. Mais l’espoir est permis. Dans les 7 mil­lions, il n’y pas que de la clientèle électorale, celle qui vote pour Dieu ou pour l’argent. Dans les 14 millions d’indifférents, il n’y pas que des je m’en foutistes, et dans le personnel politique, de rares bonnes volontés rêvent encore d’un réel vivre-ensemble. Pour ceux-là, et pour d’autres, 2017 est une bonne année pour Changer. Pour ne pas laisser la démocratie se réduire à un jour de vote, pour créer une vigilance citoyenne publique à même d’améliorer le rendement de la ges­tion publique, des lois et des techniques, de pétitions et de motions, permettant de passer de l’indignation à l’action, de l’oppression légale à la liberté réelle. En 2017, avec ces bonnes volontés, nous mettrons en marche Changer.

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