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Les efforts des pouvoirs publics doivent être poursuivis pour établir les conditions nécessaires d’une croissance forte et durable (CMC)

Les efforts des pouvoirs publics doivent être poursuivis pour établir les conditions nécessaires d’une croissance forte et durable (CMC)

Les efforts déployés par les pouvoirs publics doivent être poursuivis pour établir les conditions nécessaires d’une croissance forte et durable à l’horizon 2030, affirment mercredi à Casablanca des responsables du Centre Marocain de Conjoncture (CMC).

Au plus fort de la crise qui a secoué les marchés financiers internationaux, l’économie marocaine a fait montre d’une certaine résistance en maintenant un rythme d’activité assez soutenu comparativement à de nombreux pays de la région, ont-ils fait observer lors d’un point de presse à l’occasion de la sortie du Bulletin (rapport) Thématique n° 45 du Centre : ‘’Maroc 2030 : Quelles voies d’émergence ? Les scénarios de croissance 2017-2030’’.

Le taux de croissance s’est établi durant la période 2008-2012 autour d’une moyenne de 4,5 pc par an, ont-ils rappelé, estimant que ce résultat dissimule, cependant, ‘’de nombreuses faiblesses’’ et que ‘’le rythme de croissance manque de régularité et reste fortement dépendant des résultats des activités primaires’’.

Mettant l’accent sur les déséquilibres persistants empêchant une croissance forte et durable, les intervenants, dont le directeur général du CMC, Ahmed Laaboudi, ont expliqué qu’au plan social, la croissance ne génère pas suffisamment d’emplois pour faire face à une population active qui connaitra pour de nombreuses années encore une forte expansion. De même, les performances économiques ne contribuent que faiblement au recul de la pauvreté et à la réduction des inégalités.

D’après les intervenants, la configuration sectorielle de la croissance présente, par ailleurs, des déséquilibres de plus en plus importants qui, à côté de l’irrégularité des cycles agricoles, se manifestent depuis quelques années à travers le ralentissement de la valeur ajoutée industrielle.

S’agissant des échanges commerciaux, il ressort de l’étude réalisée par le CMC que le profil de croissance ne parvient pas encore à induire un développement suffisant des marchés d’exportation permettant, à terme, le retour progressif à un équilibre plus soutenable des comptes extérieurs, ont-ils expliqué.

En dépit de ces déséquilibres persistants, le Maroc présente des potentialités réelles de développement sur le long terme, ont-ils fait remarquer, indiquant que la croissance potentielle pour les quinze années à venir devrait varier dans une fourchette de 5,3% à 5,5% selon les hypothèses les plus faibles.

Cette même croissance potentielle pourrait se situer à hauteur de 7,3% dans les hypothèses les plus favorables en termes d’accumulation du capital et de gains de productivité, ont-ils ajouté.

‘’A la lumière des différentes simulations prospectives, le Maroc dispose de réelle potentialités pour s’engager dans une dynamique d’émergence, la seule capable de lui assurer, à terme, la convergence vers des standards de revenus et de niveau de vie plus avancés’’, ont-ils indiqué.

Les intervenants ont, à cet égard, énuméré une série de conclusions du rapport du CMC afin d’établir les conditions nécessaires d’une croissance forte et durable. Il s’agit, tout d’abord, d’accélérer et d’étendre les réformes mises dans de nombreux domaines à d’autres activités à forte valeur ajoutée et créatrices d’emploi.

En outre, les auteurs du rapport plaident pour des progrès sensibles pour mieux structurer, moderniser et rendre l’économie nationale plus compétitive et à même de relever les défis de l’avenir. Un tel objectif ne peut être atteint, estiment-ils, que si certains obstacles sont levés, à savoir la dépendance de l’économie nationale du secteur agricole, les déséquilibres profonds caractérisant le marche du travail, les finances publiques, le commerce extérieur, le poids du secteur informel dans l’économie et le déficit de sa compétitivité.

Outre M. Laaboudi, ce point de presse a été animé par M.Tarik El Malki et M’hamed Tahraoui du Centre Marocain de Conjoncture, un observatoire privé et indépendant de l’économie marocaine, crée en 1990.

Le CMC est spécialisé dans l’analyse et le suivi de la conjoncture, la prévision et l’évaluation d’impact. Institution de recherche et d’études macroéconomiques, sectorielles, démographiques et commerciales, le CMC a développé, depuis sa création, un dispositif d’informations, d’enquêtes, de sondages, d’analyses et de prévisions mis à la disposition des opérateurs économiques.

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