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Femmes marocaines : Un si long chemin et un statut en suspens

Femmes marocaines : Un si long chemin et un statut en suspens

Dossier du mois

La Dame de coeur des temps modernes

Salwa Tazi, Ecrivaine, chroniqueuse, conférencière et diététicienne

Un parcours atypique, singulier et avant-gardiste, c’est le moins qu’on puisse dire pour parler de Salwa Tazi. Femme de coeur, elle a toujours pris sous son aile enfants inadaptés, femmes analphabètes, personnes âgées… Salwa Tazi est de ces créatures qui ne trouvent leur bonheur que dans le bien qu’elles répandent et partagent autour d’elles.

Journaliste sans avoir fait de formation dans ce sens, son amour pour l’écriture lui a tracé la voie dans ce métier de foi où elle s’investit en free lance. Elle se lance aussi dans le monde du livre et sort son premier ouvrage « Maigrir avec Appétit ou le régime des combinaisons alimentaires ». Par la suite, avec sa subtilité fine, elle accroche astucieusement les lecteurs d’Al Bayane à la lecture qu’elle leur injectait, délicieusement, à travers les envoûtantes notes de lecture qu’elle préparait. Par ailleurs, le lectorat de Maroc Hebdo la découvre à travers sa chronique qui avait beaucoup de succès. Tous les maux de la société marocaine (drogue, rapports entre couples, bourgeoisie marocaine, relations femmes/ hommes…) y passaient. Sa plume incisive, énergique et efficace retient l’attention et invite à la réflexion. A ce moment-là, il n’y avait pas encore de magazines féminins et la double-page signée par Salwa Tazi se faisait attendre ardemment.

 Par amour du pays à la feuille d’érable, elle s’y installe avec le sentiment d’être citoyenne à part entière. Au Canada, elle se sent chez elle, consciente qu’elle avait des droits incontestables mais aussi des devoirs à respecter. Femme libérée et libre, elle était bel et bien sur le sol de l’épanouissement de la femme. Sa passion pour l’écriture rejaillit et elle s’y met, toujours en free lance. Tellement impliquée, son esprit d’appartenance aidant, elle se présente aux élections municipales de Montréal pour le projet « Une île, Une ville », en 2001.

 A l’ouverture des Montréalais, le 11 septembre, Salwa Tazi est bien accueillie bien qu’elle soit la seule femme arabe musulmane parmi les candidats. Elle se fait alors un plaisir et un devoir d’expliquer et de parler de ses origines et de sa religion. Plus tard, on l’invite à faire des présentations lors de conférences dans des Universités pour parler de la culture arabo-musulmane. En Maître de conférences, elle anime des débats lors des galas de la Royal Air Maroc, à Montréal. Mais vu que les liens n’ont jamais été rompus avec son pays d’origine, elle y retourne, plusieurs années après. La disparition tragique et subite de son fils aîné l’assomme. Sa douleur vive et béante s’extériorise dans un journal intime qui deviendra par la suite « Le journal d’une mère en deuil » paru chez les Editions Le Fennec. En exorcisant son désarroi et sa souffrance, elle ne savait pas que son roman, à succès, allait devenir la recette magique de parents qui partagent la même douleur et qui y trouvent leur consolation.

D’une sagesse incomparable et d’une douceur bienveillante, elle a l’art d’apaiser les esprits en souffrance. La deuxième édition de « Maigrir avec Appétit » voit le jour, quelques années plus tard.

 Aujourd’hui, à travers son Blog : www.salwatazi.com/ et sa page Journal d’une mère en deuil, la chroniqueuse, auteure, diététicienne et conférencière, sortie tout droit du pays des fées de la sagesse et de l’amour, se munit de son sourire magique, de sa discrétion réconfortante et de ses mots analgésiques qui aident ses « soeurs de douleur et de Lumière » comme elle aime les appeler à partager leur douleur, la comprendre, la vivre sans y résister, faire leur deuil pour pouvoir la changer en force aimante. Combattant l’idée que tout s’arrête avec la mort, elle entoure et aime « ses soeurs d’âmes et de parcours » qu’elle rappelle à la quintessence de toute religion, à savoir l’amour et la foi. Consciente que ces enfants partis trop tôt sont juste de l’autre côté du regard mais pas des coeurs des mamans, elle les convainc que leurs enfants sont en paix, heureux et confiants. Ils sont au Paradis dans la maison de Dieu. « Ils nous attendent et ils espèrent de notre part que nous soyons calmes, heureux et apaisés ».

Son altruisme la pousse à ouvrir les portes de sa maison, une fois tous les mois, et à animer des rencontres pour y accueillir les mères endeuillées et les accompagner. Il suffit de la voir pour être attendri et bercé par la douceur et la force qu’elle dégage.

« Souriez à la vie et vous en ressentirez les bienfaits. Lisez de beaux passages du Coran, des écrits du soufisme », tels sont les conseils balsamiques de la femme spirituelle.

 Aujourd’hui, tel un Apollon de Lumière, son livre passe de main en main, dans son entourage avant de transpercer les frontières, apportant aide et courage aux personnes éplorées. Pour Salwa Tazi, toute traversée de deuil, quel qu’elle soit, se doit d’être partagée.

 « J’aime les gens, j’aime leur venir en aide et j’aime voyager et découvrir de nouveaux horizons. N’est-ce pas le rôle de tout un chacun que de changer d’horizon quand le temps est venu pour lui, à cause, d’une rupture, d’un accident ou par choix volontaire ? », nous dira la grande Dame de foi et de Lumière.

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