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L’armée US cache l’ampleur des pertes des forces afghanes

L’armée US cache l’ampleur des pertes des forces afghanes

Le commandement de l’armée américaine en Afghanistan dissimule l’ampleur des pertes au sein des forces afghanes, accuse un rapport au Congrès américain qui dresse chaque trimestre le bilan de l’action des Etats-Unis dans le pays.

« Pour la première fois en huit ans, le commandement américain a classifié ou restreint la publication de données concernant les forces afghanes (…) comme l’état des pertes, celui des forces et le taux d’attrition (…) ainsi que les capacités opérationnelles et l’équipement » de l’Armée afghane, annonce en introduction de son rapport John Sopko, inspecteur général spécial du Congrès américain pour la reconstruction de l’Afghanistan (Sigar). « Le taux d’attrition (pourcentage de personnels perdus par blessure ou décès, fin d’engagement ou désertion) et le nombre des victimes ont été classifiés » car « le commandement américain, après examen, a décidé que ces données appartenaient au gouvernement afghan » explique-t-il.

Ces restrictions interviennent après que l’administration Trump a décidé de déployer 3.000 hommes supplémentaires en Afghanistan pour contrer les talibans et le groupe Etat islamique, portant leur total « entre 14 et 15.000 hommes sans compter les civils » rappelle le rapport. Seul le Sigar peut d’ordinaire partager l’ampleur des pertes dans la police et l’armée afghanes, alors que les ministères de la Défense et de l’Intérieur refusent de les publier. Le Sigar a jugé en 2016 ces pertes « insoutenables » et « choquantes » avec plus de 6.700 morts et 12.000 blessés, en hausse de 35 % sur un an. Entre janvier et mai 2017, plus de 2.500 soldats et policiers afghans ont été tués et 4.200 blessés, selon le rapport du Sigar en juillet.

Le Sigar, institué en 2008, a pour mission de rapporter aux élus américains et à leurs administrés comment sont utilisés les près de 120 milliards de dollars dépensés par les Etats-Unis en l’Afghanistan depuis 2002. Par le passé, ces données n’avaient été classifiées qu’une seule fois, en janvier 2015, par l’administration Obama « qui les avait déclassifiées quelques jours plus tard« , assure M. Sopko. Pourtant, relève-t-il, « le président (Ashraf) Ghani avait promis de donner au Sigar libre accès aux ministères (…) et de publier un décret leur ordonnant de coopérer pleinement« . Cité par le New York Times, l’inspecteur général remarque: « Les Afghans savent ce qui se passe, les talibans savent ce qui se passe, les militaires américains aussi. Seuls les contribuables américains l’ignorent, mais ce sont eux qui payent« .

afp

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