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Le Maroc dans la zone de turbulence

Le Maroc dans la zone de turbulence

On dirait qu’un ouragan est venu souffler sur le Maroc pour le mettre en ébullition, sens dessus-dessous ! La manche à air flotte dans tous les sens au point qu’on ne peut plus évaluer ni la vitesse du vent ni sa direction. Violent, il se déchaîne dans une tempête comme un cyclone tropical venu déstabiliser et pourquoi pas détruire et endommager l’image de tout un pays.

Much Loved, Jennifer Lopez, Placebo, Femen, homosexuels… N’est-ce pas trop de coïncidences dans un laps de temps court qui sont venus secouer le pays ou plutôt les mœurs d’un pays constitutionnellement, traditionnellement, culturellement et politiquement musulman ? On dirait qu’on tient absolument à montrer du Maroc une image des plus avilissantes !

« Amateurs de révolutions, passez votre chemin. C’est Prada, Nissan et Apple qui ont gagné. Et même les petites putes marocaines qui traînent dans les bars des grands hôtels, comme les nounous philippines qui gardent des gamins russes, espèrent toucher un jour le ticket gagnant qui fera enfin fumer leurs cartes de crédit. »

C’est ainsi que Frédéric Mitterrand, déterminé à faire véhiculer des clichés salissants sur la femme marocaine et faire « briller » l’image d’un pays qui l’a toujours bien accueilli, commente et sort cette phrase, sournoisement, lors d’un reportage diffusé sur Arte, sur Cheick Zayed, il y a juste quelques jours.

On est bien loin de l’affaire Dreyfus encore moins celle de Calas. Mais force est de reconnaître que ce sont des incidents qui ont divisé la société marocaine en deux clans tel un coup de hache qui sépare brutalement les copeaux. Pire, on est même passés aux jugements de valeurs, aux condamnations et aux menaces de mort. Il y a bel et bien une crise de mœurs qui s’installe et qui révèle davantage une crise d’identité. La crise de notre époque actuelle est une crise des valeurs morales et humaines. Le phénomène de perte des valeurs est lisible dans la perte des repères dont souffre notre société.

Le film par lequel le scandale arrive

Le mardi 19 mai – aussi soudain qu’un orage d’été- Much Loved, le dernier film de Nabil Ayouch, présenté au festival de Cannes, à la Quinzaine des réalisateurs, a entraîné une vive polémique dans le Royaume et pour cause des extraits du film à connotation pornographique de femmes singeant des bêtes, ont circulé sur les sites de partage de vidéos.

Ceci a immédiatement suscité la controverse, dans un pays aux mœurs conservatrices. Les réseaux sociaux s’enflamment et une déferlante de messages de haine et de condamnations ne tarde pas à pleuvoir sur le réalisateur et Loubna Abidar, l’actrice principale allant même jusqu’à créer des pages Facebook, appuyées par des fatwas demandant leur exécution.

De toute l’histoire du cinéma marocain, aucun film n’a provoqué autant de débats ni d’avis. Entre modernistes et conservateurs, Much Loved vacille mais le gouvernement tranche en interdisant carrément la projection du film au Maroc.

« Anastasie », c’est le nom traditionnel de la Censure, incarnée depuis l’Antiquité par une vieille femme -une vestale-  qui ne disparaîtra jamais de l’histoire des hommes et des femmes et menacera toujours leur liberté et leur créativité. Elle guette leurs actes et réprime leurs comportements. Nous ne sommes pas éloignés de ce mythe, et la décision d’interdire le film de Nabil Ayouch participe d’une volonté de brider la liberté de création et d’expression dans un Maroc qui, on ne cesse de nous le claironner, a fait de celle-ci son credo et sa finalité. Mais il faut bien avouer que le réalisateur a créé un dilemme !

Sur la scène du Théâtre Croisette, Nabil Ayouch exprimait le désir que son film, une coproduction franco-marocaine, suscite un débat et secoue les mentalités. En effet, ce soi-disant film a remué l’opinion publique mais pas en remettant le thème de la prostitution sur le tapis, c’est plutôt en violant une loi et une éthique.

Pour le directeur du CCM, Sarim Fassi Fihri : « Les défenseurs du film pensent que le ministre a pris une décision illégale. Mais c’est faux. Il s’est basé sur le code de la presse. » Un code selon lequel « tout imprimé, écrit, dessin, gravure, film pornographique ou photographie contraires à la moralité et aux mœurs publiques » sont punis par la loi.

Un film pour choquer ?

Plusieurs questions s’imposent quant à cette polémique provoquée par le réalisateur. Pourquoi a-t-il choisi de faire ce film sachant pertinemment qu’il allait être censuré ? Si lui-même souligne que la prostitution est un phénomène visible au Maroc, quel intérêt a-t-il trouvé à lui consacrer tout un long métrage en étant sûr qu’il allait soulever un tollé grave? Ne fait-il pas tout simplement dans la provocation en filmant des images violentes, hard et surtout en « commercialisant » le corps de la femme marocaine ? Y a-t-il une finalité dans cette démarche, à l’évidence factieuse et agitatrice, d’exporter le sexe marocain et d’exposer le corps et l’image des marocaines ? C’est pour briser le tabou dira-t-il mais avec ce film qui heurte la sensibilité des spectateurs, il brise le consensus tacite d’un phénomène qu’on connaît tous et dont il ne nous apprend rien. En exhibant ainsi ce sujet tabou de la prostitution, au Maroc, il se retrouve au cœur de la tourmente. Le réalisateur et ses actrices font, en effet, l’objet de menaces de mort et expose même toute une catégorie de femmes à des extrémistes qui y trouveraient un motif de « jihad afin de purifier le monde de leurs souillures».

Avant et après avoir vu le film

Nous avons tous crié contre la censure quelle qu’elle soit parce que quoi qu’on fasse on ne peut censurer, bien évidemment, une réalité bien ancrée dans notre quotidien. Nous sommes nombreux à défendre la liberté d’expression. Et surtout celle des artistes et des créateurs qui lève  justement toutes les censures.

L’art du cinéma c’est avant tout la créativité ; et le territoire de celle-ci est immensément étendu englobant plusieurs concepts cachés dans ce terme ; à savoir l’innovation, la création d’idées, la création artistique…

«On est bien loin de l’affaire Dreyfus encore moins celle de Calas. Mais force est de reconnaître que ce sont des incidents qui ont divisé la société marocaine en deux clans tel un coup de hache qui sépare brutalement les copeaux.»

Je ne m’improvise pas André Bazin ni Godard encore moins un François Truffaut. Mais tout spectateur lambda remarquera que ce n’est qu’une succession de scènes « chaudes » qui le catégorisent dans le genre pornographique puisque « c’est tout film dont le but est de montrer explicitement des pratiques sexuelles et où le scénario n’est qu’un prétexte à l’acte sexuel ». Dans toute œuvre artistique, on met toute sa pensée, tout son cœur et on présente l’art en tant que recherche et expérience de la beauté. Mais dans Much Loved, quel effort de créativité et d’art y décèle-t-on ? Aucun ! Le réalisateur dit vouloir montrer la prostitution au Maroc ! Il l’a, bien entendu, mise à nu en dénudant ses actrices et c’est là encore que le bât blesse. Ces jeunes femmes, dont certaines prétendent même être mineures, affirment n’avoir signé aucun contrat avec Nabil Ayouch. Alors lui qui prétend les défendre n’est-il pas le premier à en faire un business et à abuser de leur détresse  en les filmant dans des instants hot sans aucun égard les exposant ainsi à tous les dangers? Le réalisateur compte-t-il ainsi inaugurer un nouvel âge d’or des mauvaises scènes de sexe au cinéma ? Qu’insinue-t-il donc, au juste, quand il fait dire à l’une de ses actrices que le pétrole du Maroc est bien ses femmes ? Quel message tente-t-il de véhiculer à travers sa scène de fellation si ce n’est de la sale pornographie ?

Much Loved aurait pu être, effectivement, un film édifiant sur ce thème ô combien dérangeant d’un tragique et honteux quotidien de la déchéance humaine et de cette réalité qui crève les yeux, mais avec beaucoup plus de subtilité et d’éloquence dans la réalisation ! Seulement, il n’a aucune puissance dramatique, aucune consistance, aucun fil conducteur dans un scénario qu’on dirait improvisé, ponctué de séquences X et « encensé » d’un langage grossier et vulgaire. Ses personnages ne sont aucunement développés et le dialogue laisse à désirer ! Vraiment ahurissant et navrant de la part du réalisateur de « Ali Zaoua » et des « Chevaux de Dieu » !

N’oublions pas que le cinéma est, avant tout, une culture qui a ses codes et qui nous donne à réfléchir sur l’art et le monde.

La prostitution : vieux métier du monde

A-t-on besoin de rappeler que la prostitution a pour elle l’antiquité ? Le phénomène est certes mondial,  flagrant et mériterait qu’on soulève le débat et qu’on secoue les consciences mais avec sagacité tout en mettant en exergue la misère et les affres d’un monde parallèle de femmes dont l’existence, à elle seule, constitue une sorte de déshonneur et d’opprobre pour toute une société. La prostitution est « le plus vieux métier du monde », nous la côtoyons malgré nous, la voyons même…C’est la figure jumellaire de nos libertés, peut-être même notre « mauvaise conscience » de tous les jours, parce que nous demeurons désemparés devant tant d’instrumentalisation et d’exploitation dont sont l’objet ces femmes qui s’y livrent, soit par nécessité, soit par le piège social qui est aux prostituées ce que le recours rédhibitoire est au désespéré…. Et tout cela dans le silence…

Et puis, pourquoi en parlant de prostitution, on ne parle que de la femme ? Le « prostitueur » ne fait-il pas partie du processus ? Nous sommes toutes et tous concernées et nous sommes appelés à fournir davantage d’efforts pour donner une nouvelle dynamique à la promotion sociale de la femme marocaine au lieu d’en faire la cinquième roue du carrosse ou pis encore celle à cause de laquelle tous les malheurs de la terre s’abattent sur le Maroc.

Oui à la liberté d’expression, non à la vulgarité et à l’obscénité

L’art est le propre de l’homme et ce n’est pas pour rien qu’on parle de « beaux arts ». Il est avant tout beauté et sublime, sauf que le principe de transgression et de rupture l’emporte, ces derniers temps. On a l’impression qu’on cherche beaucoup plus à heurter au lieu de créer, d’inventer et de pouvoir parler aux autres à partir de ses découvertes. La création artistique et la liberté d’expression sont pour autant indissociables et l’effort doit être reconnu quel que soit le blâme qu’on lui fait pour peu qu’il y ait créativité et art proprement dit.

Le ministre a souligné que son département a pris cette décision pour « protéger la liberté d’expression, qui ne veut absolument pas dire la liberté de l’absurdité et de la destruction sur le plan cinématographique ».
Toutefois, une interrogation se fait pressante : Le film est censuré mais pourra-t-on censurer la réalité amère d’un Maroc  mal dans ses entrailles ? Doit-on apprendre à nos enfants à défendre leur liberté d’expression tout en leur soulignant que trop de liberté tue la liberté ou devrions-nous les habituer à regarder en spectateurs tout en fermant les yeux sur les maux qui rongent la société ? Et puis, quel intérêt y a-t-il à censurer à l’ère de la technologie ? Les réseaux sociaux dépassent, à présent, tout pouvoir de contrôle et de maîtrise.

La liberté d’expression est l’une des libertés fondamentales dont doit jouir tout être humain pour contester, dénoncer, critiquer, débattre et remettre en question à travers divers outils de s’exprimer mais qu’on n’en fasse pas un moyen d’anarchie et de désordre.

Controverses et faux débats

Force est de constater que Le Maroc est ébranlé par des controverses en série sur ses mœurs et ses fondamentaux. Et pour ainsi dire, le 29mai la diffusion sur la chaîne publique 2M du concert de la vedette américaine Jennifer Lopez a mis, hors de lui, le ministre de la Communication Mustapha Khalfi qui a jugé cette retransmission «inadmissible» en raison des tenues légères et danses suggestives de la «bomba latina» et a saisi la HACA en vue de sanctionner ladite chaîne. Des sit-in de protestation ont été même organisés devant le siège de 2M mais est-ce là le vrai problème ? Le style du show de la star est bien connu et les organisateurs qui l’ont invitée ne s’attendaient, tout de même pas, à ce qu’elle présente son spectacle tenue marocaine! Par contre,  aller jusqu’à l’attaquer en justice, ne fait-il pas de nous la risée du monde et une farce des médias qui nous traitent de schizophrènes ? Beau coup pour le tourisme mais… rien n’est perdu du moment que Nabil Ayouch a fait de la belle promotion au tourisme sexuel ! La compensation est assurée ! Il faut savoir ce qu’on veut et être clair sur ce qu’on censure. Trop d’amalgames perturbent les citoyens.

«Le Maroc est ébranlé par des controverses en série sur ses mœurs et ses fondamentaux.»

Et comme un scandale en entraîne un autre, le guitariste de Placebo a tenu à être de « la fête » en brandissant le chiffre 489 avec une croix dessus, sur sa poitrine, pour s’indigner à sa manière, contre la pénalisation de l’homosexualité au Maroc ! A dire que ce pauvre pays a besoin de tutelle d’ici et d’ailleurs !

Une autre mêlée vient s’y ajouter à peine quelques jours après : ce sont les deux Femen françaises, arborant le slogan « In gay we trust » peint sur leurs corps. Elles ont été expulsées, mardi 2 juin, après avoir posé, brièvement, seins nus, et s’être embrassées, devant un des principaux monuments de Rabat, constituant le minaret d’une mosquée du XIIème siècle, inachevée et donc une symbolique et un lieu de culte. Par leur expulsion, le Maroc se retrouve au cœur d’un ouragan médiatique. Pourtant, les actes de profanations perpétrés par les Femen, dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 12 février 2013, n’étaient pas bien perçus non plus. « Ces profanations ont profondément heurté des millions de Français dans leur conscience religieuse mais aussi dans leur simple attachement à la France, à ses valeurs et à son patrimoine » a-t-on fustigé.

Au lendemain de cette action inédite, deux Marocains ont été interpellés sur le même site, pour «exhibition impudique», indiquait, jeudi 4 juin, le ministère de l’Intérieur dans un communiqué annonçant, par ailleurs, qu’une Espagnole, présente au Maroc, pour «parrainer» l’opération des Femen, a été aussi expulsée mercredi. Cette femme aurait déjà fait l’objet d’une décision d’expulsion le 22 mai mais s’est présentée sous une autre identité.

«Qu’insinue-t-il donc, au juste, quand il fait dire à l’une de ses actrices que le pétrole du Maroc est bien ses femmes ?»

Le ministère de l’Intérieur dénonce «une série de manœuvres de provocation et de harcèlement menées par des organisations étrangères qui enfreignent délibérément les lois marocaines, ciblent les fondements socio-religieux de la société marocaine et tentent de porter atteinte à la moralité publique».

Le Maroc n’est pas bien entendu de la plus belle eau, c’est l’évidence même. Mais plusieurs autres pays lui envient sa stabilité et par conséquent il est la cible de nombreuses montées et combines malsaines. Seulement, le vrai danger est celui qui  rampe silencieusement et qui le gangrène et le mine dans ses entrailles. La pire menace est celle qui lui vient de l’intérieur et dont les signataires ne sont que ses propres rejetons. On peut faire face aux embûches venues de l’extérieur pour peu que les Marocains soient solidaires. Mais quand on s’éparpille pour des futilités, c’est qu’il y a un vrai problème de fond. Nous avons tout fait pour quitter notre peau et nos fondamentaux qui ont toujours constitué le ciment de la société. Nous délaissons les vrais débats et les réalités lancinantes et tourmentées qui rongent la société pour  des logomachies qui nous éloignent, de plus en plus, des vrais ennuis. C’est le désarroi total, l’aléatoire même. Qu’avons-nous fait de nos repères moraux et de nos idéaux ? Comment prendre une décision collective quand les intérêts – pour ne plus parler de principes- sont différents voire opposés ? La meilleure illustration en est, incontestablement, ce qui se passe sur l’échiquier politique marocain, ces derniers jours. Une « infinité » de partis politiques guerroie et s’entretue, sans scrupules, pour des enjeux qui n’existent que dans ses stratagèmes mais dont l’outil n’est autre que le peuple. Tout est motif de récupération y compris le sort d’un demi-million de jeunes du pays. A bas ces hommes politiques qui n’épargnent même pas le bourgeon de ce pays qui, en principe, constitue son avenir ! Les fuites lors des examens du baccalauréat ont toujours existé et ce depuis belle lurette. Mais la rapacité, la malhonnêteté et les réseaux sociaux aidant, ont fait que toute une génération  s’est vue cassée dans son enthousiasme à cause du scandale de la session juin 2015. Le fait est que l’épreuve des mathématiques qui a fuité sur les réseaux sociaux a été refaite mais peut-on redonner confiance en les institutions à ces jeunes qui commencent à douter de tout ? Peut-on leur « injecter » l’amour du pays que certains charognards leur font détester en les perturbant au moment où ils avaient besoin des meilleures conditions en termes de déroulement des examens et des corrections ? 57 personnes ont été arrêtées, 3066 cas de triche enregistrés ! La crédibilité des examens est au plus bas ! Peut-on dissiper ce sentiment d’insécurité et d’injustice qui règne surtout suite à l’arrestation de Mustapha Amrani, entraîneur des enfants noyés, dans une plage non gardée et peu fréquentée, proche de Oued Cherrat et de Bouznika ? Ce dimanche 7 juin, six jeunes sportifs âgés de 12 à 17 ans, dont la fille de l’entraîneur, ont été repêchés sans vie. Celui-ci a été arrêté pour homicide involontaire or il n’y a ni consigne ni interdiction de baignade ni panneaux indicateurs de danger ni maîtres-nageurs dans cet endroit estimé dangereux. Ne serait-ce pas plutôt une négligence de la part des autorités locales ?

«Nous délaissons les vrais débats et les réalités lancinantes et tourmentées qui rongent la société pour des logomachies qui nous éloignent, de plus en plus, des vrais ennuis.»

De toute évidence, nous traversons l’abîme, nous vivons des temps nouveaux, des temps de rupture, des temps de violence et à la limite des temps d’immoralité. Les valeurs, jusque là fragilisées, sont en train de nous quitter en grande pompe. La perte des repères fait que nous sommes devenus une société sans modèle, sans idéaux et sans fondamentaux à quelques exceptions près. Ces incidents ont toutefois, révélé le niveau du débat dans notre pays. Des débats stériles toujours entamés pour ne jamais être clos. Sans oublier nos femmes et nos hommes politiques qui rivalisent et excellent dans la récupération. Des semaines des plus tumultueuses pour le gouvernement marocain… « Mai venteux, an douteux ».

La censure n’a jamais été une bonne solution, encore moins la répression des libertés. Ce n’est pas non plus un film, bien qu’il soit mauvais, qui entachera l’image du Maroc. Mais l’impunité, la corruption, la pédophilie, les viols, la misère, la marginalisation de la masse, l’écart entre les classes sociales, l’inégalité des chances entre citoyens, tout cela sème la haine et l’agressivité qui dévastent tout sur leur chemin et c’est ce qui nuit le plus à la réputation du pays.

En ces moments de tourmente, notre amour pour le pays et notre patriotisme doivent prendre le dessus. Restons fidèles à nos convictions et à nos principes. Défendons bec et ongles nos libertés individuelles et surtout la liberté d’expression mais en veillant au respect de celle des autres. Dénonçons la censure mais tâchons d’aimer notre pays quelles que soient les circonstances.

Bref, et si on débattait de vrais maux de la société marocaine ?…

À propos de l'auteur:

Souad Mekkaoui

Souad Mekkaoui est la Directrice de la Rédaction de « Maroc diplomatique ». Une passion pour l’écriture et un irrésistible désir de communiquer. Auparavant professeur de langue française, écrivaine et aujourd’hui journaliste en charge de « Maroc diplomatique » dans ses versions écrite et numérique, Souad Mekkaoui, auteure de Plus forte que la souffrance et Femmes au purgatoire, elle est aussi une femme engagée avec sa plume contre les abus de tous genres, sociétaux et moraux. Son style s’inspire de l’impertinence, il nous livre en revanche une vision pertinente des choses, il questionne…

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