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Société civile : quel engagement pour une action citoyenne solidaire?

Société civile : quel engagement pour une action citoyenne solidaire?

Dossier du mois

Témoignages de membres actifs de la société civile et du monde associatif

Khadija Salah-Eddine, Fonctionnaire des Nations Unies au Maroc

Je commencerai par un rappel de la citation de John Locke sur la société civile : « Il est du devoir de l’Etat de garantir au citoyen l’égalité devant le droit, la liberté, l’intégrité et la propriété. S’il ne se conformait pas à ce principe, les citoyens ont le droit, au titre de société citoyenne, de se rebeller ».

Je dirai donc que la société civile, partout dans le monde, représente un garde-fou des gouvernements en place. Elle oeuvre dans l’intérêt du citoyen lambda et se fait son porte-parole auprès des dirigeants. Grâce à la société civile plusieurs textes législatifs portant préjudice aux citoyens/citoyennes ont été amendés. Ce qui contribue énormément à l’amélioration de leurs conditions de vie ainsi qu’au respect de leurs droits. On peut prendre par exemple le cas du code de la famille en 2004 où la société civile a joué un rôle primordial de sensibilisation à tous les niveaux. Evidemment les pouvoirs établis essaient d’ignorer le caractère vital que joue cette entité et considère la société civile comme un élément subversif et désirant renverser l’ordre établi. Grâce à la société civile des avancées considérables ont été effectuées dans plusieurs domaines. On peut aussi remarquer que grâce à la société civile plusieurs cas de violation des droits humains ont été rétablis dans leur droit à travers une grande mobilisation citoyenne.

Par ailleurs, la société civile apporte également une grande aide à l’Etat dans plusieurs domaines à savoir éducatif, culturel et politique. Plusieurs associations apportent leur aide aux enfants qui abandonnent leur scolarité et autres. D’autres associations travaillent sur tous les problèmes liés au genre et à l’émancipation de la femme afin que cette dernière puisse apporter sa valeur ajoutée dans la sphère publique.

De ce fait, avec l’avènement des réseaux sociaux, les associations, les ONG, les Think Tank ont connu un essor dans leurs activités. Les différents réseaux sociaux, aujourd’hui, permettent, pour une cause juste, une grande mobilisation citoyenne que ce soit au niveau national, ou international. Pour ainsi dire, le champ d’intervention de la société civile devrait être élargi. Il faut ratisser large pour toucher un maximum d’individus et de structures pour faire porter la voix du citoyen sur toute question liée au respect des droits humains à travers les textes législatifs s’ils répondent au bon fonctionnement de la vie de la Cité. Sinon, oeuvrer et batailler pour amender des textes qui ne répondent plus à la vie du XXIème siècle.

Par contre et en aucun cas, la société civile ne peut se substituer aux formations politiques, car le rôle de ces formations est tout à fait différent de celui de la société civile. Effectivement, celle-ci constitue un contrepoids aux pouvoirs. Elle bénéficie d’une certaine liberté qui ne la lie pas aux pouvoirs établis. Elle est en position de les critiquer, de sortir leurs défaillances, de ne pas utiliser la langue de bois auprès des citoyens et de faire sortir toutes les anomalies qui pourraient porter préjudice à une population donnée. Le rôle de la société civile est celui d’intermédiaire entre les citoyens et l’Etat afin de garantir les libertés individuelles et collectives des individus. C’est pourquoi la place de la société civile constitue, sans aucun doute, un affermissement de la démocratie et aussi un acteur de l’essor de celleci. La société civile devient, de plus en plus, une instance politique publique, qui observe et critique les agissements de l’Etat. Si ce dernier agit contre l’intérêt du citoyen ou ne respecte pas les droits humains d’un groupe donné, la société civile joue un rôle de « tireur d’alarme » pour ramener l’Etat à revoir sa position par rapport à un problème donné. La pression de la société civile à travers la médiatisation sur les réseaux sociaux et sur tout support électronique d’une question de violation des droits humains finit par ramener les pouvoirs publics à revoir leur décision.

Si la société civile pousse un Etat à respecter toutes les composantes relatives aux droits humains, elle aura contribué grandement à la consolidation de sa démocratie.

Bien évidemment, l’Etat s’intéresse, de plus en plu,s à la gouvernance de certaines associations, notamment au niveau de leurs financements occultes et de certaines pratiques fiscales. Je pense que cette pratique est justifiée pour éviter les dérives de certaines associations peu scrupuleuses qui ont tendance à ne pas utiliser ces fonds à bon escient. Si une association travaille dans la transparence, il n’y a pas de raison à vouloir cacher ses sources de financement. Les bailleurs de fonds ou tout autre entité finançant une association doivent faire une déclaration et donner de la visibilité à leurs actions sur le terrain. Par ailleurs, les associations sont également tenues de travailler dans la transparence.

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