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Touria Ikbal, une chercheuse et poétesse passionnée du soufisme

Touria Ikbal, une chercheuse et poétesse passionnée du soufisme

 

Invitée à présenter son expérience littéraire lors d’une rencontre culturelle organisée récemment à Dakar et dédiée à la signature de plusieurs ouvrages d’auteurs marocains dans le cadre des activités du 7è Festival culturel et artistique itinérant « Come To My Home« , initié par la Fondation « Cultures du Monde« , l’écrivaine marocaine Touria Ikbal a su emporter l’assistance à la découverte de l’expérience et la biographie d’une femme quinquagénaire qui s’intéressait, auparavant, à la recherche en économie avant de changer d’orientation, laissant de côté les sciences économiques pour entrer de plain pied dans le monde du soufisme.

Alors qu’elle préparait sa thèse de doctorat à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech, sur le sujet de la contribution de trois érudits musulmans (Ibn Aouam Al Ichbili, Ibn Besal al Andaloussi et Ibn Khayr Al Ichbili), dans la spécialité d’irrigation et d’agriculture, Touria Ikbal s’est fait influencer par leurs écrits qui renvoient ensemble au Grand érudit « Ibn Arabi ». C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée en plein milieu du soufisme et a décidé de changer le sujet initial de sa thèse pour « L’économie de la wilaya et la gestion du sacré à travers les sciences d’Ibn Arabi« .

Dans une déclaration à la MAP, Mme IKbal a passé en revue son « histoire » avec le soufisme depuis qu’elle était jeune fille vivant avec sa famille dans une maison traditionnelle à Marrakech, expliquant que ses résultats probants dans les études économiques des années durant, qui, au-demeurant, n’étaient pas creuses, l’ont relativement retardée à s’intéresser aux sciences du soufisme islamique, sachant qu’elle est actuellement chercheur, en particulier dans les sciences du Cheikh Ibn al-Arabi.
« Je me considère, en quelque sorte, une descendante d’Ibn Arabi, sachant que mon père s’appelait aussi El Arabi« , a confié la poétesse et passionnée du soufisme.
Mme Ikbal qui compte à son actif deux ouvrages en soufisme à savoir « Les Noms Divins« , publié en 2014 aux éditions « Marsam » (Rabat) et « La Burda du Désert » aux éditions « Science sacrée » en France (2015), a manifesté son admiration à l’égard de la production des érudits soufis à travers l’histoire notamment en littérature, en poésie et dans le domaine de la recherche.

Certes elle a été influencée par une série d’ouvrages dans ce domaine, mais Mme Ikbal reconnaît avoir un faible particulier pour les œuvres d’Ibn Arabi et celles du poète pakistanais Mohamed Iqbal.
Pour l’écrivaine marocaine, le soufisme constitue une réponse à la problématique d’extrémisme qui préoccupe le monde entier actuellement, soulignant que ces jeunes qui commettent des atrocités et usent des ceintures d’explosifs « sont sans horizon et manquent de vision et de cause à défendre (…) et ce qu’ils sont en train de commettre n’a aucun lien avec la religion« .

Outre l’écriture dans le domaine du soufisme musulman, Mme Ikbal est également poétesse. Elle compte une série de recueils principalement en langue française, dont « Propos précoces » (2003), « Fulgurations » (2007), « Oasis » (édité en 2011 en France), et « Kaléidoscopes » (Maroc, 2012) ainsi que plusieurs contributions dans le domaine de la traduction d’un ensemble de recueils.
Par ailleurs, Mme Ikbal est aussi une femme politique. Elle est députée et membre de la Commission parlementaire de la Culture, de la Communication et de l’enseignement à la Chambre des représentants depuis 2011.

Outre cette carrière politique qu’elle qualifie d' »exceptionnelle », Mme Ikbal s’active dans le domaine associatif, en tant que présidente du Comité des activités culturelles de la région de Marrakech-Safi depuis septembre 2015 et membre de l’Association Mounia Marrakech pour la préservation de l’héritage du Royaume du Maroc et des Fondations « Mémoire de Marrakech » et « Diwan Koutoubia: Jardins du savoir« .
Elle estime que l’industrie culturelle peut constituer le prélude à la croissance et au progrès économique, soulignant que les potentialités culturelles dont regorge le Royaume ainsi que la richesse et la diversité de son patrimoine sont des « facteurs concurrentiels » qui doivent être mieux exploités pour générer de l’emploi et de la richesse.
Chercheuse en soufisme islamique, poétesse, interprète, acteur associatif et encore femme politique, sont autant de tâches et de missions que cette quinquagénaire s’investit à assurer simultanément et en harmonie.

 Par Abdelatif Abilkassem

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