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Le vide nourrit la médiocratie

Le vide nourrit la médiocratie

Les élections législatives sont bel et bien derrière nous. Et au sein des partis politiques qui ont engrangé des sièges, une autre danse s’entame tandis que le processus s’ouvre sur les tractations et les calculs qui mettent à nu, encore une fois, la réalité de nos partis dont les leaders font les pieds et les mains afin de s’approcher du cercle du pouvoir. Après le racolage des électeurs, on passe à celui des sièges et des partis. Qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, leurs « services » sont proposés contre des espèces sonnantes et trébuchantes ou dans la perspective d’un bénéfice quelconque. Le cirque est plutôt assommant pour les citoyens qui ne sont plus que des spectateurs passifs! Entre les courbettes des élus des partis dits de l’opposition et le « jeu de séduction» du parti gagnant, la décrédibilisation bat son plein.

Notre scène politique prouve encore une fois qu’elle fait l’exception. Peu importe l’idéologie du parti puisqu’on n’en a plus. Peu importent les déclarations des dirigeants des partis ; l’intérêt personnel prime et les partis politiques sont engagés dans une course de chevaux de Troie, pour vendre leur âme moyennant une contrepartie subtilisée au chef de gouvernement aux commandes du pouvoir et chargé de la mission de former une majorité et composer une équipe ministérielle. En fin de compte, ces « clients » prédateurs finalisent leurs transactions et chacun retourne à ses occupations, satisfait de sa prestation et de sa part du gâteau.

De quoi désespérer les Marocains qui aspirent à un Maroc meilleur!

Révolu est le temps où de grosses pointures telles que Allal El Fassi, Mehdi Ben Barka, Abderrahim Bouabid, Mohamed Hassan El Ouazzani, Ali Yata, M’hamed Boucetta, El Mahjoubi Aherdane, Abdelkrim El Khatib, et Abderrahmane El Youssoufi investissaient les lieux et prenaient les commandes. Des hommes qui ont su donner à la politique, au Maroc, ses lettres de noblesse en créant des coalitions cohérentes. Aujourd’hui, les successeurs ont démontré leurs limites et leur échec dans leur mission à savoir gérer, dans la divergence et le partage, sans éclatements ni heurts. Aujourd’hui, le monde politique est devenu une jungle où les rapaces s’arrachent le gibier. Le cynisme est devenu l’arme politique d’une minorité qui décide du sort de tout un peuple. Et l’évidence même c’est que cette sinistre rigolade qu’est devenue la chose publique,  ne peut réussir que par la duplicité et la complicité de ses adeptes enrôlés, majoritairement et intentionnellement, dans une médiocrité vaniteuse. Et c’est ainsi qu’elle finit par faire d’étranges compagnons et alliés. Talleyrand le disait si bien : « Si les gens savaient par quels petits hommes ils sont gouvernés, ils se révolteraient vite ».

A voir ce qui se trame, actuellement, dans les coulisses des pourparlers, les consultations avec les différents partis politiques en vue de les rallier à la prochaine coalition gouvernementale en tracent les contours. Et nombre de Marocains, soucieux du devenir du pays, se rongent les ongles se préparant d’emblée à une énième désillusion. Sachant bien qu’on n’a plus à faire à des partis politiques au vrai sens du terme mais plutôt à des personnes qui font fi de l’intérêt du peuple et donnant plusieurs coups de canif dans le contrat, la politique n’est plus que le cadavre d’elle-même dans notre cher Maroc.

À propos de l'auteur:

Souad Mekkaoui

Souad Mekkaoui est la Directrice de la Rédaction de « Maroc diplomatique ». Une passion pour l’écriture et un irrésistible désir de communiquer. Auparavant professeur de langue française, écrivaine et aujourd’hui journaliste en charge de « Maroc diplomatique » dans ses versions écrite et numérique, Souad Mekkaoui, auteure de Plus forte que la souffrance et Femmes au purgatoire, elle est aussi une femme engagée avec sa plume contre les abus de tous genres, sociétaux et moraux. Son style s’inspire de l’impertinence, il nous livre en revanche une vision pertinente des choses, il questionne…

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