2018 : quel bilan pour les relations diplomatiques américano-marocaines ?

le Maroc et les Etats-Unis

Par Khadija Skalli

Les relations entre le Maroc et les Etats-Unis connaissent une nouvelle dynamique en 2018. Ce réchauffement entre les deux pays se mesure à la qualité des visites effectuées à Washington et à Rabat au cours de cette année. S’agit-il d’un véritable nouvel élan ou d’une embellie passagère ?

Après le coup de froid de 2017, les relations entre le Maroc et les Etats-Unis connaissent une embellie en 2018. L’année 2018 était une période de relance des relations diplomatiques américano-marocaines. Ce réchauffement entre les deux pays se mesure à la qualité des visites effectuées à Washington et à Rabat au cours de cette année. Flash-back.

Mardi 3 avril, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita, se rend à Washington pour rencontrer le secrétaire d’Etat par intérim, John Sullivan. Lors de cet entretien, le numéro 2 de la diplomatie américaine a remercié le Maroc pour son partenariat avec les États-Unis notamment dans la lutte contre le terrorisme.

Moins de trois mois plus tard, John Sullivan effectue une visite de travail au Royaume. C’était dans le cadre de sa tournée (du 25 au 29 juin) en Europe et en Afrique du Nord. Les discussions avec le diplomate américain avaient une tonalité très sécuritaire. D’ailleurs, lors d’un point de presse organisé à l’issue de ses entretiens avec le chef de la diplomatie marocaine Nasser Bourita, Sullivan a salué le leadership du Royaume dans le domaine sécuritaire. Le responsable américain a déclaré que « Le Maroc est un partenaire clé des États-Unis dans la lutte contre le terrorisme ».


« Le Maroc, allié majeur des États-Unis hors OTAN, contribue à faire face aux différentes questions et problèmes auxquels est confrontée la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA) et joue un rôle actif dans le déploiement des efforts internationaux en matière de lutte contre la menace terroriste ».

Les relations diplomatiques entre Rabat et Washington connaissent, ensuite, une nouvelle dynamique. Le 17 septembre, Nasser Bourita effectue un voyage à la capitale américaine pour y rencontrer le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo mais surtout John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump. A la Maison Blanche, le diplomate marocain s’est entretenu avec John Bolton. La question nationale a été au cœur des discussions. Il était également question du renforcement du partenariat stratégique bilatéral dans les domaines politique, économique et sécuritaire.

→ Lire aussi : Sahara, Afrique : le « Big Stick » de Bolton ou les paradoxes de la « pax americana »

Au Département d’Etat, Bourita s’est entretenu avec le Secrétaire d’Etat US, Michael Pompeo. Une réunion de haute importance puisque les deux responsables ont convenu de relancer le dialogue stratégique Maroc-Etats-Unis. Le prochain round du dialogue stratégique Maroc-Etats-Unis devrait avoir lieu en 2019 dans la capitale fédérale américaine.


Cette visite du Chef de la diplomatie marocaine à Washington a été l’occasion pour les Etats-Unis de réitérer leur soutien à la cause nationale. « Sérieux », «réaliste» et «crédible», c’est par ces mots que Washington a qualifié, de nouveau, le plan d’autonomie au Sahara.

Une question s’impose : s’agit-il d’un véritable nouvel élan ou d’une embellie passagère ?

La dernière sortie médiatique du Conseiller national  de Donald Trump, John Bolton sur la « nouvelle stratégie des Etats-Unis en Afrique » laisse perplexe.

A noter également que la représentation diplomatique des Etats-Unis au Maroc est sans ambassadeur. Le poste est resté vacant depuis janvier 2017.


Donald Trump avait proposé au Sénat David T.Ficher pour succéder à Dwight Bush. Originaire du Michigan, David T.Fischer est le PDG de The Suburban Collection, l’un des plus grands groupes de concessionnaires automobiles privés aux États-Unis.

Le Sénat n’a pas encore confirmé la nomination de T.Fisher au poste d’Ambassadeur des Etats-Unis au Maroc. L’on se demande les raisons d’un tel retard sachant que les républicains de Donald Trump conservent leur majorité au Sénat.

En attendant l’arrivée de l’Ambassadeur américain, c’est Stephanie Miley, la chargée d’affaires à l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique à Rabat, qui est le représentant principal.