4ème édition des Trophées des entrepreneurs du Rotary Casablanca Mers Sultan, avec Bank of Africa en tête

Dans la salle des conférences de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) , il règne un climat serein et paisible. L’agitation habituelle, faite de va-et-vient a cédé la place à une cérémonie forte en symboles : la 4ème édition de remise des Trophées  de l’entrepreneur social et des entreprises citoyennes du Rotary Club Casablanca Mers Sultan ( RCCMS).

Et le premier Prix de cette année a été attribué à Bank of Africa (BOA) groupe BMCE , lauréate de la distinction de l’Entreprise citoyenne 2021, classée dans la catégorie « Grandes entreprises », notamment pour son engagement et sa stratégie de financement du développement durable en Afrique.

La cérémonie a été présidée par Othmane Chérif Alami, président du RCCMS en présence notamment de Saïd Nejjar, Gouverneur du District maghrébin du Rotary International. Tour à tour les deux membres dirigeants du Rotary ont exprimé leur satisfaction de voir un si prestigieux plateau de personnalités prendre part à cette manifestation et partager ainsi les valeurs du Rotary.

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Le Rotary Club Casablanca Mers Sultan s’est inscrit dans une tradition de récompense des entreprises, des entrepreneurs sociaux également et jusqu’à des associations qui oeuvrent dans le même champ d’action. Il rend hommage de cette manière à « leurs bonnes pratiques en matière d’environnement, de promotion des ressources humaines, de la santé et de l’inclusion sociétale ». Le jeudi 8 avril, c’est donc le gotha du RCCMS qui tenait le haut du pavé, en présence des récipiendaires , notamment Brahim Benjelloun Touimi, Administrateur, directeur général du groupe Bank of Africa, Lamia Tazi, Président Directeur Général du groupe Sothema, dont l’engagement en matière de RSE n’est plus à démontrer depuis son défunt père Si Omar Tazi, modèle s’il en est encore de grandeur d’âme et de patriotisme ; Farid Bensaïd, Président de Tenor Group et de la Fondation Tenor pour la Culture et Président de l’Orchestre philarmonique du Maroc et du programme Mazaya ; Lamia Bazir , Présidente de l’Association « Ewa » ; Jamal Eddine El Kohen , Président de la SMAAR ( Société marocaine d’Anesthésie et de Réanimation, enfin et ce n’est pas la moindre présence – bien au contraire – Mohamed Berrada, ancien ministre de l’Economie et des finances et Président de LINKS.

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Il convient de noter qu’à l’issue de la cérémonie, haute en couleurs, deux jeunes élèves en musique, inscrits dans le programme de Mazaya de la Fondation Tenor pour la culture, ont executé un morceau de Mozart , une précieuse prestation au violon qui ont , c’est le moins que l’on puisse dire, agrémenté la cérémonie de leur talent, de leur fraîcheur nous laissant pantois devant tant de virtuosité.


Le plaidoyer humaniste de Mohamed Berrada

L’allocution que Mohamed Berrada, ancien ministre, président de LINKS a prononcé dans le cadre de cette cérémonie est à lui seul un exercice de grande pédagogie humaniste. D’une magistrale profondeur, elle mêle réflexion théorique, poésie et philosophie. Voici, résumés quelques passages de cette intervention :

« Cette manifestation est placée au cœur du thème du développement durable. Celui qui intègre la dimension humaine, essentielle sans mettre en péril les générations futures. Ce sujet nous interpelle, car le développement durable est un modèle indispensable, comme l’a proclamé SM Mohammed VI.

La connaissance est une composante essentielle du développement durable et notre croissance est faible parce que trop irrégulière et pas assez inclusive, mal répartie avec très peu de création d’emplois.


Nos investissements ont été considérables ces dix et 20 dernières années avec le taux d’investissement de 32% du PIB, c’est-à-dire le taux le plus élevé au monde, mais n’ont pas pu générer assez d’emplois. Cette insuffisance est le résultat du manque de capital immatériel, absent à tous les niveaux dans la parité Capital fixe et capital immatériel.

Résultat : de graves inégalités sociales et surtout dans l’éducatif. En 2020, ce sont 8% de la population qui ont plus de 60 ans et en 2035, 16%…Et la moitié n’aura ni retraite ni solidarité familiale au regard du faible taux d’enfants au Maroc. C’est une défaillance du système éducatif même si 99% des enfants entre 6 et 12 ans sont scolarisés.

Pourtant, sans le préscolaire, il n’y aura toujours pas de scolarisation, alors que l’intelligence humaine s’acquiert entre 2 et 6 ans…Et c’est à partir de là que se réalise l’intelligence humaine.

Les entreprises doivent davantage s’investir dans le soutien social. Le rôle de l’éducation, de la femme et de la mère est une priorité. C’est le véritable facteur d’égalité entre l’homme et la femme. Nous vivons ce que vit le monde, la domination du modèle néolibéral, avec l’économie et les finances qui sont forts et puissants, avec la quête au profit sans inclure la solidarité. Les matières quantitatives sont dominantes dans l’éducation sur la culture, la philosophie, la sociologie et dans la politique aussi.


Où est l’épanouissement de l’individu, si faible et donc source de mauvaise production et de productivité ? La réforme universitaire est essentielle et permanente, l’intelligence collective est primordiale, la créativité est aussi collective.

La civilisation actuelle traverse une crise de valeurs, appuyée sur le modèle néolibéral, avec des crédits de plus en plus disponibles, l’exploitation inconsidérée de la Nature. La crise économique que nous vivons, génère une crise sociale et bientôt politique . Nous sommes dans l’ère des incertitudes, appelés donc à vivre avec ces incertitudes.

Est-ce toujours la consommation inutile ?

Est-ce que le progrès humain est majeur ?


La biosphère et notre développement

Est-ce que l’ordre ébranlé sera pris en compte par le futur ?

Est-ce que le néolibéralisme triomphera ?

Il faut donc combattre l’indifférence qui détruit le lien social, l’amour de soi, de la paix. Mohamed Berrada a lancé un appel suggérant « d’investir dans la communauté, d’intégrer la diversité dans l’unité, ». Il faut élaborer, dit-il, un modèle d’entreprise plus social et solidaire. Et puis cette phrase qui sonne le glas des idées reçues : « La richesse doit se partager ou périr ».


En vrac , nous retenons ces plaidoyers prononcés à chaud et sortis des tripes : L’éducation et la démocratie sont les piliers du développement pour les générations futures, avec humilité et vertus.

Le temps est plus important que l’argent.

Il faut aller vers les enfants abandonnés. Beaucoup meurent non pas de manque de nourriture, mais de manque d’amour et de considération.

Sa Majesté le Roi a lancé un appel pour que la société civile soit et reste solidaire, que l’environnement soit respecté et protégé, que les entreprises soient citoyennes.  Et puis cette magistrale conclusion : « Attention aux murs de l’incompréhension entre nous, la compréhension est l’autre mot de l’Amour ».