A Chengriha, Tebboune et consorts : Nous mourrons pour notre pays, notre Roi et notre souveraineté

Par Hassan Alaoui

Quand bien même elle aurait un certain goût d’amertume, la célébration de Aïd al-Adha ne constitue-t-elle pas un moment précieux pour nous remémorer le soutien que les Marocains avaient consenti au peuple algérien lors de sa guerre pour l’indépendance de 1954 à 1962 ?

Une réminiscence au parfum de cendre, nécessaire à l’exercice de mémoire ! Une guerre de libération marquée pour les Marocains au sceau de la solidarité totale, politique, économique, financière, militaire et humaine. Le Royaume du Maroc servait en effet de base arrière, la ville d’Oujda étant devenue le point de jonction logistique à partir de laquelle les combattants du FLN et autres, notamment Boumediene, Bouteflika pour ne parler que de ceux-ci, traçaient leurs plans et lançaient leur stratégie.

Quand arrivaient les successives fêtes de Aïd al-Adha et pendant les années de guerre avec la France, les Marocains organisaient une collecte nationale des peaux de moutons qu’ils préparaient pour les envoyer aux combattants algériens en signe de solidarité concrète. Ce geste de magnanimité n’était pas un acte isolé, il s’inscrivait dans une profession de foi du Maroc, de ses Rois, de son peuple. La solidarité marocaine n’a jamais failli à cet égard. Il n’est pas jusqu’à cet acte de générosité sacrificiel que feu Mohammed V prit alors sur lui en livrant cette réponse historique à la France qui, au moment où elle accordait l’indépendance à l’Algérie, lui demandait s’il désirait récupérer les territoires du sud-est marocain spoliés , Tindouf, Gourara, Saoura, Touat, Tidilkelt et Béchar : « Non, disait le Roi Mohammed V, nous réglerons cette question de territoires marocains et de frontières avec nos frères algériens une fois l’Algérie devenue indépendante ». C’était sans compter la cynique trahison des gouvernements algériens, le coup de dague de la pire traîtrise aussi bien de Ahmed Ben Bella, premier président de la République libérée, que de Boumediene sont fossoyeur et de tous leurs successeurs.

Farhat Abbas : la patrie algérienne n’existe pas

Le 5 juillet 1961, soit douze mois avant la proclamation de l’Indépendance algérienne, le président du GPRA ( Gouvernement provisoire de la République algérienne), Farhat Abbas s’était rendu à Rabat et a été reçu par feu Hassan II. Le Roi avait réitéré le soutien du Maroc à l’Algérie en guerre et Farhat Abbas celui des revendications légitimes du Maroc pour la récupération de ses territoires du sud-est occupés. Un communiqué officiel conjoint fut publié au terme de cette visite que Ben Bella et Boumediene, prompts à inaugurer la ligne de la haine, enterreront comme si de rien n’était. Farhat Abbas est ce haut personnage qui disait que « la patrie algérienne n’existe pas. J’ai interrogé l’histoire, les vivants et les morts. Personne ne m’en a parlé… Nous avons écarté une fois pour toutes les nuées et les chimères pour lier définitivement notre avenir à celui de l’œuvre française dans ce pays »

Farhat Abbas a été limogé et les engagements solennels de l’Algérie reniés. Le casus belli surviendra en octobre 1963 lorsque l’armée algérienne s’attaquera aux petits douars environnants de la ville de Figuig, accédant même au cœur de celle-ci mais y étant confrontée à une farouche résistance de la population qui, avec le soutien des FAR arrivées sur les lieux, lui infligea une déroute. L’armée algérienne, commandée alors par le colonel Boukharrouba, alias Houari Boumediene, ne dut son salut qu’au Roi Hassan II qui stoppa l’élan d’un impénitent général appelé Driss Benomar entré à la tête de ses troupes en plein territoire algérien et qui demanda au Souverain l’autorisation d’aller occuper Alger !

De cette guerre de quelques jours, de ce Blitzkrieg imposé les dirigeants algériens en conçurent de l’aigreur. Ils nous disent, en revanche, la dimension expansionniste et génétique d’un régime militaire qui, alors que le Maroc ne cessait de soutenir son peuple, a érigé le cynisme et l’ambivalence comme règle de voisinage. Ce même régime, ressuscité de ses cendres un certain 19 juin 1965 avec le pronunciamiento de Boumediene contre Ben Bella, accomplira bel et bien la pathétique tache de contester, d’agresser si je puis dire la revendication du Maroc de parachever son intégrité territoriale. Et lorsque la Cour internationale de Justice de la Haye a rendu le 16 octobre 1975 son avis consultatif demandé un an auparavant par feu Hassan II, soulignant la pérennité des liens juridiques et historiques des populations sahraouies avec le Royaume, ce fut l’hystérie de Boukharrouba qui envisagea et organisa même une hypothétique intervention de son armée aux environs de Lâayoune pendant la Marche verte, terminée en quenouille et l’arrestation à Amgala du vieux crabe appelé… Chengriha.

La réponse du président algérien Boukharrouba relève d’une particulière psychopathologie, la même au demeurant qui caractérise le pouvoir militaire algérien actuel. Un trio d’aigrefins, inspirés de la mauvaise foi mensongère, mythomanes à n’en plus finir. Boumediene ne trouva pas mieux, ni plus opportun que d’expulser 45.000 familles marocaines au moins vivant en Algérie depuis des décennies, soit pas moins de 350.000 ressortissants – l’équivalent des 350.000 volontaires ayant pris part à la Marche verte…

Stupéfiante décision. Une manière de revanche, la vengeance froide d’un soudard de sous-préfecture animé par une illustrissime sinistrose à l’égard du Royaume du Maroc ? Cacophonique et dérisoire suivisme de ses successeurs aveuglés, avachis par l’aigreur…

Avaler sept territoires marocains au moins du Sahara central par la grâce et la cupidité de la France, renier ses engagements et nous prendre de haut, instaurer une relation machiavélique au nom d’un orgueil mal placé et reposant sur la rhétorique tiers-mondiste éculée depuis des décennies. Le compte à rebours est en œuvre, la haine des complotistes chamarrés et du pouvoir militaire n’arrivera jamais, au grand jamais de la volonté du Royaume du Maroc d’aller de l’avant, envers et contre tout. Notre pays s’enracine et s’inscrit dans la longue durée qui est à son histoire ce que le Texte sacré est gravé dans la mémoire…

Nous n’attendons rien de ce voisin ingrat, récupérateur de faits et symboles, falsificateur de l’Histoire qu’il ne cesse de violer et subvertir. Nous n’attendons rien. Cependant, à toute tentative lancée  contre notre idéal, celui de l’unité de notre peuple et l’Unité de notre Roi, nous opposerons la « résistance passionnée et exaltée de nos âmes et le sacrifice de nos êtres »…

 

 

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