A la XIIème édition de Maroc Entrepreneurs, une ardente participation des jeunes à la croissance soutenue et inclusive du Royaume

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C’est une opportunité on ne peut plus idoine ! Quarante-huit heures seulement après l’organisation avec succès à l’Institut de France à Paris de la XIIème édition des rencontres sur l’entreprise et son développement au Maroc, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a présidé  lundi 27 janvier au Palais Royal de Rabat une importante cérémonie de présentation  du programme d’appui et de financement des entreprises et de signature des conventions y afférentes.

Attaché aux recommandations contenues dans le discours prononcé au Parlement en octobre dernier et incitant les banques notamment à  s’engager dans le processus, le Souverain a tracé la feuille de route devant le ministre de l »Economie et des Finances , le Wali de Bank Al-Maghrib et le Président du GPBM ( Groupement professionnel des banques du Maroc). Cette audience tombe à point nommé pour les organisateurs des rencontres de Paris sur l’entreprise.

En effet, un colloque sur l’entreprenariat à un moment où d’un bout à l’autre du Royaume le thème fait florès. Mais surtout la célébration samedi 25 janvier à Paris du XXème anniversaire de Maroc Entrepreneurs , créé il y a deux décennies par Hassan Abouyoub. Enfin, une manifestation marquant l’anniversaire en présence de nombreuses personnalités dont Driss Guerraoui, président du Conseil de la Concurrence , Jean-Pascal Darriet, directeur général de Lydec (filiale marocaine de Suez) et président de la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc, Saad Bendourou , Chef de mission Adjoint à l’ambassade du Maroc en France. Les intervenants , es qualité, se sont succédé pour souligner à la fois le chemin parcouru par l’Association Maroc Entrepreneurs et les perspectives tracées pour son avenir, inscrit dans la dynamique du progrès et de la créativité.

Les thèmes de l’investissement, des délais de paiement, de la digitalisation, de l’économie sociale, de la RSE, de l’éducation-formation, de l’insertion, et du capital humain entre autres ont  été abordés avec la pédagogie nécessaire et le volontarisme affiché.  Cette 12ème édition, a réuni institutionnels, diplomates et universitaires ainsi que des chefs d’entreprises et de start-up marocaines et françaises qui ont mis en lumière les réalisations du Royaume sous le leadership de SM le Roi Mohammed VI, mais aussi les défis que le Maroc est appelé à relever lors des prochaines années, notamment dans le sillage de la mise en place du nouveau modèle de développement voulu pour le Souverain. Ces tables rondes ont accordé la parole à Hassan Abouyoub ambassadeur du Royaume en Roumanie, Driss Guerraoui, président du Conseil de la concurrence, Abdesselam El Ftouh, directeur du pôle économique à la Fondation Hassan II pour les MRE, Wassim Biaz, directeur Pôle Banque des Marocains du Monde à la Banque Centrale Populaire, et à Jean-Pascal Darriet, président de la Chambre française de commerce et d’industrie au Maroc.

Saad Bendourou : La mobilisation par le Roi de 6 milliards DHS, une volonté de hisser l’entreprise marocaine


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Saad Bendourou, Chef de mission Adjoint à l’ambassade du Maroc en France a mis en relief, quant à lui, les grandes avancées du Maroc en termes de réformes fondamentales et institutionnelles. Le cadre est désormais tracé et l’entreprise, socle de croissance, est pourvu de tous les atouts. Nous publions ci-dessous le texte de l’allocution de Saad Bendourou :

« Permettez-moi de vous présenter mes vœux de santé et de réussite dans vos projets et de remercier les organisateurs Maroc entrepreneurs et toutes les institutions et ONG ici présentes pour leur engagement et leur contribution à la concrétisation de cette journée.

Permettez-moi aussi de saluer tout un chacun dans cette assistance et rendre un hommage particulier à celles et à ceux qui ont contribué de prés ou de loin à la réussite et au maintien de Maroc Entrepreneur dans la durée. Un hommage aussi à toutes ces ONG et structures qui chacune à sa manière contribuent à un travail nécessaire de sensibilisation, de pédagogie, de renforcement de liens et de citoyenneté avec les jeunes d’aujourd’hui, décideurs de demain.

 La « création de l’entreprise » est un choix manifeste de Maroc Entrepreneur, résolument tourné vers l’avenir depuis sa création et pour lequel ont œuvré les premiers initiateurs de cette association, ceux qui y travaillent aujourd’hui et les futures gestionnaires. Une association qui œuvre sur le long terme en ayant à cœur la pérennisation de la structure et la bonne gouvernance comme vous le recommandiez aux jeunes aux débuts Monsieur l’Ambassadeur.


La « création de l’entreprise » est, également à l’ordre du jour de cette journée, qui va aborder plus précisément des problématiques d’actualité que nous partageons ensemble, sur le Maroc d’aujourd’hui et de demain.

Je voudrais mettre à profit cette occasion pour rendre un hommage tout particulier à tous les entrepreneurs ici présents, à ceux qui sont au Maroc et qui ont à cœur de créer des emplois, de mettre en avant l’esprit entreprenariat au Maroc et qui poursuivent le trend des réformes politiques, économiques et sociales de grande envergure Un hommage à ces entrepreneurs car ce sont eux qui investissent, qui innovent, qui développent de la croissance, qui créent de la valeur et des emplois.

Ce sont les entreprises qui libèrent l’économie, qui accompagnent toutes les formes de transition et de changement, qui insufflent l’esprit et la culture d’entreprise et la prise de risque et qui contribuent à l’inclusion sociale. C’est justement cet esprit et cette culture d’entreprise que nous sommes appelés à inculquer aux futurs générations ; la passion, la détermination, la confiance en soi, la prise de risque, le savoir faire, le savoir être et le savoir agir dont notre économie a tant besoin.

Permettez-moi de partager avec vous quelques éléments de contribution à la réflexion que vous allez développer sur les défis du Maroc et à l’encouragement de la création de l’entreprise et à l’entreprenariat. Malgré la démographie favorable d’une population jeune et croissante, nous avons toujours une certaine difficulté à mobiliser le capital humain disponible au Maroc, notamment les jeunes et les femmes avec des pourcentages importants. Les pays qui ont réussi à maintenir des taux de croissance élevés l’ont fait grâce à des gains de productivité élevés sur une longue période. De tels gains ne peuvent provenir uniquement de nouveaux investissements en capital, mais d’un effort plus fructueux visant à accumuler du capital humain et institutionnel comme le fait remarquer la Banque Mondiale, dans son rapport de diagnostic du secteur privé au Maroc.


Le Maroc a initié de nombreuses réformes, pris des engagements réglementaires, et a mis à niveau ses structures à tous les niveaux visant à améliorer l’environnement économique et financier. Le monde des affaires au Maroc répond aux standards internationaux par plusieurs critères, ce qui a permis d’améliorer le classement du Maroc dans l’indice doing business et du classement du pays en matière de compétitivité (rapport du Forum économique mondial 2019). Autant d’indicateurs me direz-vous qui contribuent à l’attractivité du pays, mais nous sommes en face d’une concurrence de plus en plus agressive, alors nous enregistrons une croissance moyenne qui vacille sur les cinq dernières années (2,5%-4%) , avec le défi qu’il faut aujourd’hui que l’on fasse passer l’économie marocaine à un autre palier, celui des créateurs et de la créativité, un palier de valeur pour inscrire le Maroc dans les chaines de valeurs mondiales et de productivité d’emploi.

Aujourd’hui on est appelé à développer davantage l’environnement aux entreprises afin qu’elles puissent pénétrer les marchés, se développer et exporter, en créant les conditions propices à une concurrence équitable, du capital humain et des compétences de meilleure qualité pour répondre aux besoins d’une main-d’oeuvre moderne et encourager l’entrepreneuriat. Nous sommes certainement appelés aussi à développer davantage un meilleur accès au financement des petites entreprises et des startups pendant tout leur cycle de vie, ainsi que des institutions qui les soutiennent. L’on peut se réjouir et se féliciter du nouveau Fonds d’appui au financement de l’entrepreneuriat dans le budget 2020, alimenté avec une première dotation de 6 milliards de DH (près de 200 millions d’euros) pour favoriser l’exécution des orientations Royales pour le financement des jeunes et des TPME. Ainsi que le programme CDG invest « 212 founders » pour promouvoir la création et la croissance des start up avec une enveloppe de près de 3M de Dhs.

Ce sont là quelques idées à développer avec les compétences et l’expertise marocaines du monde qui peuvent jouer un rôle essentiel dans ce Maroc de demain volontaire et désireux de s’inscrire pleinement dans la chaîne de valeur mondiale et où s’épanouissent les jeunes entrepreneurs marocains du monde ».

Driss Guerraoui : les 4 défis majeurs du Maroc pour les années à venir


Driss Guerraoui 

Président  du Conseil de la Concurrence, Driss Guerraoui,  Président de l’Université Ouverte de Dakhla professeur, chercheur et très actif sur la scène de la société , a prononcé un discours de grande portée. Sa contribution est axée autour de 4 défis majeurs dont il a précisé les contours :

« Le  Maroc  fera  face dans les années à venir à 4 défis  majeurs :  un défi sociétal ; un défi de nature stratégique ; un défi lié à la gouvernance de la complexité du développement et un défi lié aux rapports futurs du Maroc avec le reste du Monde.

Un défi sociétal 

Ce défi est lié à la question de l’identité et des valeurs dans un Maroc qui évolue dans un monde de plus en plus ouvert, global, interdépendant, et digitalisé, connaissant une mobilité des idées et personnes et une connectivité des relations sociales impulsant une problématique de nature sociétale d’une importance cruciale, qui se ramène à la question suivante:


Qu’est-ce qu’être marocain  aujourd’hui ?

Cette problématique interpelle tous les fondements   de la modernité ainsi  que les rapports des marocaines et des marocains avec les  ressorts essentiels de cette modernité. Dit autrement, cette problématique interpelle  le socle commun de valeurs, la conscience collective de l’appartenance à la Nation Marocaine et celle du  référentiel de valeurs partagés dans le Maroc  d’aujourd’hui et de demain.

Ce défi revient, in fine, à répondre à une question centrale que posent et se posent la société Marocaine aujourd’hui :  Dans quelle société nos citoyennes et nos citoyens  veulent vivre et quel nouveau modèle de développement et contrat sociale nouveau ils veulent bâtir ensemble pour leur pays ?

Vaste chantier et défi crucial,  objet  du travail de la commission spéciale sur le nouveau modèle de développement instituée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et que préside Chakib Benmoussa , premier  Président du Conseil Economique , Social et Environnemental crée le 21 février 2011.


Un  défi de nature stratégique

Ce défi est lié à la nouvelle donne démographique du Maroc, dont le trait réside dans pression qu’exerce cette donne sur les besoins croissants des citoyens, des entreprises et des territoires et ce dans les domaines les plus stratégiques. Ce défi intervient, par ailleurs, dans un  contexte national marqué par la raréfaction progressive des ressources de toute nature et l’émergence d’une nouvelle génération  de citoyens de plus en plus  conscients de leurs droits et de plus en plus exigeants en termes de justice, d’équité, d’égalité des chances et de dignité.

De ce fait l’enjeu majeur de ce défi de nature  stratégique réside dans la capacité du Maroc  à mobiliser le génie et l’intelligence de ses citoyens, ses entreprises et ses  territoires pour produire davantage de richesses, d’emplois , et de valeurs mieux repartis , tout en protégeant et en préservant  ses ressources naturelles. Ce qui met la gouvernance de cette complexité au cœur des défis du Maroc de demain.

Le  défi de la gouvernance de la complexité du développement


Nous assistons, en effet, aujourd’hui à une situation inédite dans la gouvernance des sociétés et des économies du XXIème siècle. Cette situation réside dans la remise en cause radicale des modèles politiques qui dominent dans le monde hérités du XXIème siècle. Les manifestations de cette remise en cause sont:

  • l’essoufflement profond des bases de la démocratie à l’occidentale;
  • l’émergence de nouvelles formes de pouvoirs autoritaires dans les nouveaux pays émergents ;
  • Des transitions politiques inachevées, non accomplies, voir incertaines dans  de nombreux  pays, comme la Tunisie, l’Algérie, la Colombie, le Pérou, la Venezuela.
  • et l’émergence des révoltes populaires portées par une conscience citoyenne qui dénote du développement de réels pouvoirs citoyens s’érigeant en véritables contre-pouvoirs s’opposant  aux élites politiques traditionnelles.

Ce réveil citoyen mondial s’étend à tous les continents, bien que ses manifestations soient plus visibles au Chili, en France, en Irak, en Iran, au Liban, en Algérie et il y a plus d’un an  au Soudan. Ces évolutions mettent le Maroc  devant des défis  colossaux  en matière de gouvernance de sa société et  de son économie et l’incitent à réinventer de nouvelles formes institutionnelles de gouvernance de la  société en inventant son propre modèle de démocratie.

Cette forme nouvelle de démocratie doit s’inscrire, cependant, dans le cadre  de la recherche d’un équilibre intelligeant et d’une synthèse ouverte sur l’avenir entre :

–  liberté, responsabilité et autorité,


–  Droits et devoirs des citoyens;

– Compétitivité économique, justice sociale et durabilité du développement,

–  démocratie représentative et démocratie participative,

–  Etat et marché,


–  préférences individuelles et choix collectifs,

–   Etat producteur et  Etat providence,

–  Etat gendarme et Etat stratège,

– et enfin, et ceci est encore plus cruciale pour la pérennité des institutions, c’est celle de la consolidation de la réussite de la nécessaire synthèse entre  démocratie, modernité et religion.


Mais pour gagner ce challenge notre pays doit mettre en place les éléments d’une gouvernance appropriée, responsable et maitrisée  des paradoxes qui continuent de ronger, voire de miner la cohésion de la société marocaine.  Ces paradoxes sont devenus tels qu’ils sont en train de se transformer en un véritable «syndrome marocain ». Les principaux traits de ce syndrome sont :

– un  malaise généralisé qui côtoie un  seuil élevé de besoins, d’attentes  et d’aspirations,

– une image négative de soi que les marocains véhiculent sur leur propre  pays et  le regard positif que les observateurs étrangers ont sur le Maroc et renvient aux marocains,

– un décalage entre le vécu, le perçu et le ressenti par les citoyens de leur situation


– un divorce entre le fait et le droit,

– la contradiction entre les nombreuses  réalisations en cours  et les multiples acquits qui s’érodent,

– et enfin le clivage entre le développement du développement du capital produit dans les divers secteurs de l’économie nationale constitué des infrastructures de base et  des richesses matérielles mais sur un fond de surexploitation du capital naturel d’un côté  et de développement du sous-développement du capital immatériel, c’est-à-dire du  capital humain, du capital institutionnel et du capital social, de l’autre.

La gravité de ce syndrome sur le moral collectif,  psychologie générale et la sociologie du comportement  des citoyens marocains est telle que le nouveau modèle de développement à bâtir pour l’avenir doit y apporter des réponses audacieuses appropriées à la mesure de la nature de ces paradoxes.


Le défi de la transformation de la géoéconomie actuelle en gains  géopolitiques et géostratégiques futurs

Pour gagner ce défi, la Maroc  doit capitaliser sur ses nouvelles  ambitions régionales et internationales   pour construire  une génération de partenariats  tournés sur l’avenir. Pour ce faire, il doit fonder ces partenariats sur  une nouvelle vision géopolitique et  géostratégique faisant  de la grande zone Afrique-Europe- Monde Arabe  « le poumon»  de son développement futur. Cette vision doit être, cependant,  portée par les grands projets structurants comme ceux déjà initié , tels que   le gazoduc continental Maroc-Nigéria, et  les agendas marocains  pour l’Afrique en matière de sécurité alimentaire, de climat et de migration.

Tous ces  projets structurants   serviront de leviers à la coopération futurs entre le Maroc et  les composantes de cette grande zone et à aideront à redessiner les contours des rapports du Maroc  avec le reste du monde.

Quelles leçons tirer  pour les prochaines années en matière de développement ?


Au regard de ces défis, l’avenir du développement du Maroc dans  les prochaines années  se jouera à quatre  niveaux : L’économique, la technologie,  la gouvernance et le socle commun des valeurs. Quelles sont les raisons profondes qui justifient cette affirmation ?

L’économique :

Cette leçon trouve sa raison d’être dans le fait les enjeux décisifs et déterminants du développement de notre pays seront dans le futur des enjeux éminemment économiques. Ils seront  liés à la capacité  du Maroc à produire des richesses nouvelles  mieux réparties à même de lui permettre  de financer la croissance économique et la solidarité  sociale et ce dans un contexte national qui sera marqué par la croissance de la pression sur les besoins les plus stratégiques  pour les citoyens, les entreprises et les territoires.

La technologie :


Cette leçon tient au fait que pour produire de la richesse demain il faudra produire d’abord s’approprier les innovations  majeures et former des compétences de haut niveau. C’est pour cette raison que les grands enjeux de demain seront liés  à la capacité du Maroc à mobiliser son  génie national, à valoriser l’intelligence collective de ses entreprises, ses  territoires et de ses centres de recherches, et à développer la veille stratégique de ses citoyens, ses forces vives et ses institutions sensibles   à tous les niveaux de la société et de l’économie.

A ce niveau, si la nécessaire réalisation de raccourcis en matière réussite de la réforme de notre système d’éducation, de formation et d’innovation est cruciale, les marocains du monde formeront dans cette perspective et dans ce cadre un réel et grand espoir.

La gouvernance

La gouvernance  parce que la stabilité, la sécurité, et la prospérité du Maroc de demain  va dépendre de plus en plus de sa capacité à gouverner la complexité future de son économie et de sa société. Car, notre pays va évoluer dans un monde où  se développeront de nouvelles générations de guerres, d’insécurités, d’aléas et de risques majeurs et émergeront de nouvelles générations de citoyens, dont la révolution digitale est en train d’offrir des possibilités extraordinaires de révoltes, de constations, d’engagement, d’autonomisation   et de réseautage collaboratifs les transformant en véritables contrepouvoirs dans le sens de la créativité comme de la de la destruction.


Le socle commun de valeurs

La dimension valeurs  est au cœur de la crise de confiance qui caractérise les relations des citoyens avec leurs institutions. Si cette méfiance est due au sentiment d’injustice, d’impunité, de non-respect de la dignité, de marginalisation et d’exclusion, elle affaibli le lien social et  déstabilise le vivre ensemble.

Cette réalité a un impact très préjudiciable pour l’avenir   de la cohésion de la Nation Marocaine et de son unité. Car, elle est à la base du déficit de patriotisme, de citoyenneté, de responsabilité et d’engagement vis-à-vis de la chose publique, et du désir d’exode et de recherche d’un ailleurs idéalisé, voir fétichisé, bien que présentant des opportunités potentielles pour les candidats à cet exode et exil imaginaires.

L’enjeu majeur à ce niveau est de bâtir un nouveau  modèle de développement porté par un nouveau contrat social tel que Sa Majesté le Roi Mohammed VI l’appelle de ses vœux. Ce modèle et ce contrat doivent être  portés par un socle commun de valeurs,  dont les piliers devraient être la généralisation du socle de protection sociale universelle pour permettre à toutes les citoyennes et à tous les citoyens de recouvrer leurs fondamentaux politiques,  économiques , sociaux et culturelles, et la promotion dans la société des valeurs de solidarité, de dialogue, de liberté, de responsabilité, de l’effort, de compétence, de mérite, de l’initiative, de l’innovation,  et   du respect de l’autre culture, civilisation et croyances.


Les raisons d’espérer 

Les raisons d’espérer pour l’avenir en ce  nouveau modèle de développement  et en ce nouveau contrat social résident dans le choix de société opéré par le Maroc et dont la nouvelle Constitution en a traduit et tracer les contours.

Ce choix  a permis à notre pays  de réussir une synthèse exceptionnelle  entre Démocratie,   Modernité et Religion. Cette réalité a été rendue possible grâce à constances  fondamentales :

  • Un système institutionnel porté par une monarchie populaire consacrant la légitimité du pouvoir du Roi, source essentielle de la stabilité politique du pays.
  • Une Histoire, une Nation et un Etat multimillénaires portés par un sentiment fort d’unité.
  • Une armée forte, moderne, professionnelle, homogène et loyale.
  • Un système de sécurité incontestable par son efficacité et ses performances connues et  reconnues de par le monde ;
  • Une position géostratégique exceptionnelle.
  • Un capital immatériel riche inestimable ;
  • Un capital naturel très diversifié comprenant un potentiel important en matière d’énergies renouvelables, d’économie verte et d’économie bleue.
  • Et une place particulière dans le Monde en tant que terre  de dialogue, de tolérance, d’accueil, et d’ouverture sur les civilisations, les cultures et les religions du Monde.

Qu’est ce qui nous reste à faire ? 


Pour réussir son ambition en matière de développement, notre pays  a besoin d’un véritable sursaut  national. Celui-ci  pourrait être le prélude à une nouvelle ambition portée par une véritable révolution politique et culturelle  essaimant auprès de tous les acteurs et forces vives du pays  la conviction généralisée en la capacité du Maroc, en tant que Nation Unie, à relever le défi de la construction partagée et endogène de notre propre destin commun et de notre auto-développement.

Ce sursaut national et cette nouvelle ambition pourraient constituer le fondement d’un nouveau rêve marocain qui contribuera à rétablir la confiance  des citoyens dans leurs institutions, à mobiliser tout le pays autour de son  projet de société, à cultiver l’espoir, notamment auprès des jeunes  et à ouvrir de nouveaux chantiers, préparant ainsi  un nouvel avenir pour notre pays. Mais cela suppose une nouvelle génération d’élites politique, économique,  administrative, syndicale, civile, culturelle et scientifique, à l’échelle à la fois centrale et territoriale, qui portent cette nouvelle ambition, ce nouveau modèle de développement, ce nouveau contrat social  et donc ce nouveau rêve.

Elle suppose, aussi une nouvelle gouvernance de l’économie et de la société plus  inclusive, responsable,   participative,  durable et soutenable.

Le Maroc a tous les moyens pour relever tous ces défis. Car la volonté politique à un haut niveau de l’Etat, la vision et les stratégies sont réunies. Ce qui reste à faire, c’est de :


Créer un environnement où toutes les composantes de  la collectivité nationale puissent   s’armer de l’amour de la patrie et de la confiance dans ce que entreprend notre pays;

  • Valoriser davantage notre capital humain par l’éducation, la formation et l’innovation ;
  • Construire des institutions fortes.
  • Et Libérer les énergies  de tous les acteurs et forces vives de la Nation, notamment des jeunes, des femmes et des marocains du monde,  par la suprématie de la loi, l’égalité des chances, la lutte contre les inégalités sociales, territoriales et de genre, la justice, l’extension des champs de la participation,  le respect de  la dignité et l’exercice libre des  droits individuels et collectifs fondamentaux.

L’enjeu majeur de cette transformation structurelle, de cette révolution culturelle et de cette perspective politique  est de susciter dans toute la société un climat de confiance, l’espoir dans l’avenir, par et pour l’émergence de citoyens conscients de leurs droits et de leurs devoirs, s’appropriant le nouveau modèle de développement et le nouveau contrat social, non seulement pour y adhérer et se l’approprier,  mais d’en devenir les acteurs engagés dans sa mise en œuvre.

Cependant, parce qu’il y a urgence, et parce le Monde n’attendra pas notre pays, le facteur  temps est et restera l’enjeu majeur pour  l’accomplissement de ce nouveau rêve, et  pour la réalisation de cette ambition nationale, qui est celle de bâtir un nouveau modèle de développement porté par un nouveau contrat social en phase avec les besoins, les attentes et les aspirations des citoyens, des entreprises et des territoires du Maroc du XXI ème siècle.

Bouchra Bayed :  Un bilan très satisfaisant


Pour sa part, la présidente de l’Association Maroc entrepreneurs, Bouchra Bayed, a souligné que les débats planchent à cette occasion sur le bilan “très satisfaisant” des dernières 20 années de réalisations et transformations opérées par le Maroc, faisant observer que la vision de SM le Roi, à travers la mise en place de la Commission spéciale sur le modèle de développement (CSMD), vise entre autres, à améliorer le modèle de développement marocain en capitalisant sur les acquis avec l’implication et la contribution effective des Marocains du monde. « Compte tenu du débat en cours et de l’importance de ce sujet, l’Association Maroc entrepreneurs, qui traite des sujets socio-économiques du Royaume depuis sa création en 1999, il était tout à fait naturel de parler de ces 20 ans, faire une rétrospective et plancher aussi sur les efforts à fournir lors des années à venir », a-t-elle dit. Dans cette perspective, les débats engagés lors des deux premières tables rondes de cette journée ont été axés sur les 20 ans de contribution économique des Marocains du monde et les 20 ans de transformation socio-économique au Royaume.

Jean-Pascal Darriet : Une complémentarité maroco-française en marche

Directeur général de Lydec à Casablanca, filiale du groupe Suez, Jean-Pascal Darriet plaide pour une complémentarité franco-marocaine .

« La progression spectaculaire que connaît le Maroc en matière de classement Doing business, c’est une façon de mettre en évidence l’attractivité du pays pour des nouveaux investisseurs. Chaque année, des places sont gagnées et qui attestent de cette très forte attractivité. Les investisseurs français qui veulent s’implanter au Maroc n’hésiteront pas. Ils voient que le Maroc est un pays sur lequel il faut investir parce que les portes sont ouvertes, parce que l’investissement dans les infrastructures a été réalisé et que le capital humain est là. Cela leur donne envie d’investir et c’est de la réussite à venir.


La France et le Maroc se trouvent dans des systèmes commerciaux ouverts confrontés à la mondialisation et donc à la logique de la concurrence. Vous parliez de grands pays qui aujourd’hui s’inscrivent dans un développement en Afrique. On les voit soumissionnés au Maroc, en Europe et en France. Dans des systèmes ouverts soumis à la concurrence, l’arrivée de nouveaux acteurs en soi est une chance et une opportunité. Le pire c’est de ne pas être confronté à cette logique ce qui amène au repli sur soi et à considérer quelque part que le niveau d’engagement et de qualité des prestations et des services est arrivé à son maximum. Se confronter à la concurrence c’est s’ouvrir de nouvelles perspectives, c’est favoriser l’innovation et la capacité à se remettre en cause. Donc voir arriver de nouveaux acteurs ce n’est pas une contrainte, c’est une magnifique opportunité, pour cela, acteurs marocains et acteurs français doivent trouver à travers cela des opportunités pour faire mieux, pour faire moins cher et pour apparaître plus que jamais en compétition positive, titulaires de nouveaux marchés.