Affaire Bab Darna : Le Chef de gouvernement décline toute responsabilité de son équipe

Bab Darna
Bab Darna immobilier

Le projet mirage « Bab Darna immobilier », dont 1000 familles seraient victimes, ne relève pas de la responsabilité du gouvernement, d’après le chef de l’Exécutif Saad Eddine El Othmani. Les victimes, elles, sont déçues du traitement que ce dossier aurait subi par le gouvernement, selon un membre du Comité de défense des victimes. 

Lors de la séance mensuelle consacrée à la politique générale, mardi 21 janvier, devant la Chambre des Conseillers, le chef de gouvernement s’est exprimé au sujet de l’affaire Bab Darna. Pour Saad Eddine El Othmani, « Bab Darna est un dossier hors la loi qui n’a rien à voir ni avec l’autorité publique ni avec un responsable, et nous ne pouvons pas nous immiscer dans une affaire qui est devant la justice».

Il poursuit : « Les contrats conclus concernent la vente d’un bien immobilier en état futur d’achèvement (VEFA) et ceux-ci nécessitent un permis de construction ». Alors que les victimes espèrent que le gouvernement intervient dans ce dossier, le Chef de l’Exécutif, lui, décline toute responsabilité de son équipe en disant que : « cela ne regarde pas l’Etat ».

En réaction à la déclaration du Chef du gouvernement, Maître Mourad Elajouti, l’un des membres du Comité de défense des victimes considère que ces propos sont « provocants » et « irresponsables ».

« Est-ce possible que quelqu’un puisse entamer un projet immobilier pareil, pendant tout ce temps, en l’absence de missions d’inspection du ministère de l’urbanisme ou de permis de construction ? », s’interroge l’avocat des victimes.

Notons que les responsables dudit projet immobilier étaient présents dans plusieurs expositions, notamment, le Salon de l’immobilier « SMAP Immo », dont la responsabilité était, d’ailleurs, pointée par de nombreuses victimes de cette « escroquerie » parmi les MRE. Pis encore, plusieurs spots publicitaires, autour du projet Bab darna, ont été diffusés sur les télévisions et les radios nationales. Et c’est là où le bât blesse.

« Vu que les accusés ne disposent pas d’assez de biens pour pouvoir rembourser les victimes, ces derniers espéraient que le gouvernement essaierait de leur trouver une solution de substitution ou bien d’en discuter avec la fédération nationale des promoteurs immobiliers » nous confie Me Elajouti. Et d’ajouter que : «Après les déclarations du chef de gouvernement, les victimes, notamment les MRE, sont très déçues et perdent de plus en plus confiance dans les institutions ».