AccueilA LA UNEAfrica Security Forum : « les changements climatiques, un facteur de conflit en Afrique »
Tanguy Gahouma Bekale

Africa Security Forum : « les changements climatiques, un facteur de conflit en Afrique »

Chômage, violence, criminalité,… tels sont les risques auxquels sont exposées les populations des zones vulnérables en Afrique, à cause des changements climatiques. Selon les experts du GIEC, d’ici 2050, l’Afrique ne pourra subvenir qu’à 13% des besoins alimentaires de ses habitants. L’insécurité qui en résulte représente un terreau propice à l’intolérance, et constitue un terrain de jeu rêvé pour les extrémistes de tous bords.

En marge de la 4ème édition de l’Africa Security Forum, tenue du 1er au 3 décembre à Rabat, MAROC DIPLOMATIQUE s’est entretenu avec Tanguy Gahouma Bekale, le Conseiller spécial du Président de la République du Gabon sur les questions du changement climatique.

MD _ Un mot sur l’événement?

Nous sommes ici présents, à l’Africa Security Forum 2019, pour discuter de l’importance de la gestion d’eau dans les conflits qui se déroulent en Afrique. Ce sera pour nous l’occasion de planter les grandes lignes de la vision du Président sur ces questions.

MD _ Quelles sont vos attentes de l’Africa Security Forum 2019 ?

Nos attentes sont multiples. La principale est de ramener la question du changement climatique à sa vraie place et mettre la lumière sur ce facteur aggravant les conflits en Afrique.

Jusqu’à présent, cette question est largement sous-estimée, même si on a la preuve, aujourd’hui, que les changements climatiques, sont un vrai facteur de conflit. D’ailleurs, plusieurs groupes extrémistes utilisent l’eau comme un moyen de guerre.

Aujourd’hui, certaines villes sont privées d’accès à l’eau, ce qui génère de vraies tensions dans les zones concernées et c’est justement l’occasion d’en discuter.

MD _ Que représente ce genre d’initiatives dans le combat pour la sécurité alimentaire en Afrique ?

Ce genre d’initiatives nous permet de mettre la lumière sur les conséquences du changement climatique. En l’occurrence, si on sait que l’érosion côtière risque de submerger certaines villes, on peut déjà mettre en place des politiques de prévention.

Un autre exemple, certains groupes extrémistes tentent d’user des ressources naturelles pour affamer et prendre en esclave certaines populations, alors que si on est conscient de ces risques, on peut bien adopter des plans d’action anticipés. Pour pouvoir mettre en place des solutions adaptées, il est essentiel de comprendre ce qui peut arriver demain.

MD _ Où en est la politique du Président gabonais au sujet des changements climatiques ?

Le Président Ali bongo est le porte-parole de l’Afrique depuis 3 ans, car il assure le rôle de coordinateur du comité des chefs d’Etats et des gouvernements africains sur les changements climatiques. Aujourd’hui, il a une politique proactive sur les changements climatiques, axée sur 3 volets.

Le premier volet porte sur l’opérationnalisation des initiatives. D’ailleurs, Jean louis Borloo, le fondateur de l’association « Energie pour l’Afrique », a parlé des initiatives sur les énergies renouvelables et c’est justement un des chevaux de bataille du Président pour que l’Afrique soit dotée d’une capacité d’énergie la plus propre possible.

Une autre initiative sur laquelle le Président gabonais travaille est celle de l’adaptation en Afrique. On sait que l’Afrique n’est pas responsable des émissions de gaz à effet de serre, mais c’est l’un des continents les plus vulnérables, parce qu’il dépend principalement de l’agriculture.

Lorsqu’une catastrophe arrive dans le continent, ses faibles infrastructures engendrent une véritable catastrophe humaine, alors que nous ne sommes pas préparés à y faire face.

Il y a aussi le volet de la politique internationale. Par exemple, nous travaillons avec le fonds vert sur le climat pour que l’Afrique puisse bénéficier de connaissances spéciales en termes d’accès aux financements pour le climat, surtout que la plupart des pays moins avancés (PMA) sont en Afrique.

Et Finalement, trouver le meilleur cadre pour que tous les pays africains puissent parler comme le souhaitait le président Paul Kagamé, lorsqu’il était président de l’Union africaine, « one Africa, one Voice » (faire parler l’Afrique d’une seule voix).

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