Algérie : Gaïd Salah fait une démonstration de force

Par Khadija Skalli

Le chef d’Etat-major de l’Armée algérienne continue de hausser le ton contre tous ceux qui s’opposent à son agenda présidentiel. Il avertit « tous ceux qui œuvrent à faire obstacle » à ce scrutin et menace d’appliquer contre eux « une sanction juste et rigoureuse », voire « dissuasive ».

Le général de corps d’Armée, Ahmed Gaïd Salah, persiste et signe. Il continue de hausser le ton contre tous ceux qui s’opposent à son agenda présidentiel. Dans son discours prononcé hier jeudi 26 septembre lors de sa visite à la 3ème Région militaire à Béchar, le chef d’Etat-major de l’Armée algérienne a mis en garde « tous ceux qui œuvrent à faire obstacle » à ce processus présidentiel, prévue le 12 décembre prochain. Gaïd Salah brandit même la menace « d’une sanction juste et rigoureuse », voire « dissuasive ».

Le vice-ministre de la Défense nationale fait une démonstration de force. Il annonce «le déploiement total et étudié des différentes forces de sécurité sur tout le territoire national ».

« Le Haut Commandement de l’ANP prendra, dans les meilleurs délais, toutes les mesures nécessaires qui permettront aux citoyens d’exercer leur droit électoral dans un climat de sérénité et de quiétude, et dans les meilleures conditions sécuritaires », précise le général de corps d’Armée.

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Gaïd Salah lance ainsi une véritable opération d’intimidation pour pousser les Algériens à participer massivement aux élections présidentielles. Un scrutin rejeté catégoriquement par le mouvement de contestation qui appelle d’abord au départ de tous les piliers du régime Bouteflika dont le général de corps d’Armée, Ahmed Gaïd Salah.

« Le peuple veut renverser Gaïd Salah », « Le peuple ne s’arrêtera pas », crient en chœur les manifestants dans les rues d’Alger.

Malgré le refus persistant des Algériens, le pouvoir intérimaire insiste sur la tenue des élections présidentielles selon l’agenda fixé par Gaïd Salah. Les Algériens, eux, continuent de battre le pavé chaque vendredi. Seul mot d’ordre : « Non à la présidentielle ».

Pour rappel, des magistrats avaient annoncé leur boycott du scrutin. De même que les maires, qui ont refusé d’encadrer les élections présidentielles.