Algérie : la sortie de crise proposée par Taleb Ibrahimi

Algérie : la sortie de crise proposée par Taleb Ibrahimi

Par Khadija Skalli

L’ancien ministre des Affaires étrangères Ahmed Taleb Ibrahimi sort de son mutisme et propose une feuille de route pour sortir l’Algérie de sa crise politique.

Face à l’impasse politique que traverse l’Algérie, l’ancien ministre des Affaires étrangères Ahmed Taleb Ibrahimi fait une nouvelle sortie médiatique. Il a publié mercredi 22 mai un communiqué dans lequel il propose une feuille de route pour sortir le pays de la crise politique qui le secoue depuis le 22 février.

« A la jeunesse du Hirak, préserver la dynamique du changement », tel est l’intitulé de son message.  Taleb Ibrahimi soutient haut et fort le mouvement de contestation populaire et appelle l’armée à accorder une oreille attentive aux revendications du peuple algérien.

L’armée « ne doit pas constituer un soutien à des institutions qui ne bénéficient pas d’un consentement populaire même si elles se trouvent dans un état constitutionnel stable prévu pour les situations normales et non exceptionnelles comme celle que nous traversons actuellement », insiste-t-il, rapporte Elwatane.com

Selon Ibrahimi, « la légitimité de l’intervention de l’institution militaire ne doit pas constituer une alternative à la légitimité populaire mais elle doit servir de canal pour concrétiser la volonté du peuple, à travers une réponse claire à ses revendications et une lecture consciente et responsable de la réalité politique et des pressions de la conjoncture ».

L’ancien chef de la diplomatie, sous l’ère du président Chadli,  appelle à l’application des articles 7 et 8 de la Constitution. « La solution efficace, à mon sens, est de réunir les fondements des articles 7 et 8 de la Constitution en fonction des interprétations disponibles, et ce, en considérant que le soulèvement populaire est un référendum sans ambages, et quelques articles procéduraux qui permettront de transmettre le pouvoir par voie constitutionnelle », explique-t-il.

La loi fondamentale algérienne stipule dans son article 7  que « Le peuple est la source de tout pouvoir. La souveraineté nationale appartient exclusivement au peuple». Quant à l’article 8, la Constitution prévoit que «  Le pouvoir constituant appartient au peuple. Le peuple exerce sa souveraineté par l'intermédiaire des institutions qu'il se donne ».

Ce message intervient quelques jours seulement après la publication de son « Appel à une solution consensuelle », une initiative signée conjointement avec Ali Yahia Abdenour, militant des droits de l'homme, et le général à la retraite Rachid Benyelles. Un appel dans lequel les trois mousquetaires invitent l’armée à « nouer un dialogue franc et honnête avec des figures représentatives du mouvement populaire ».

Les raisons de son mutisme

Au début de la contestation, Ahmed Taleb Ibrahimi a préféré garder le silence. L’ancien ministre explique les raisons.

« Je n'ai pas cessé de recevoir des délégations de jeunes du Hirak qui m'ont proposé de diriger la période de transition. Je n'ai pas répondu à l'appel, pas par esprit hautain, mais pour deux raisons. La première est pour éviter toute fausse interprétation qui ferait croire en une exploitation de la situation aux fins de réaliser des gains politiques ou régler des comptes avec l’ex président », révèle-t-il.

La deuxième raison, plus pertinente à ses yeux, est de « s'éloigner de tout zaïmisme et du culte de la personnalité ».

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