Algérie : Les manifestations contre un cinquième mandat de Bouteflika se multiplient

Par Saad Bouzrou

Des foules de manifestants algériens sont descendues ce weekend dernier à Paris et dans les rues de plusieurs provinces algériennes, pour rejeter la candidature du président Abdelaziz Bouteflika aux prochaines élections présidentielles prévues pour le 18 avril, ont rapporté plusieurs médias algériens. Les manifestants dénonçait « ce clan qui prend en otage le pays » et visait à « alerter l’opinion publique sur les dangers encourus ».

Quelques jours seulement avant que plusieurs centaines d’algériens se rassemblent, le 17 février 2019, sur la place de la République à Paris pour dire non à la nouvelle candidature d’Abdelaziz Bouteflika à la présidence, les habitants des villes de Bejaia et Kherrata (à 300 km à l’est de la capitale) et de l’état de Bordj Bou Arreridj (à 200 km de la capitale) ont exprimé pacifiquement leur désapprobation. D’autres marches ont également eu lieu à Tizi Ouzou et dans d’autres villes algériennes.

Mais la manifestation la plus importante a eu lieu le 16 février dernier à la ville de Kherrata, à 300 kilomètres de la capitale. Plusieurs milliers de personnes ont défilé, drapeaux noirs à la main, avec un slogan principal : « Non au cinquième mandat de la honte ». Les forces de sécurité ne sont toutefois pas intervenues pour les empêcher de protester. Dans l’après-midi, les manifestants se sont retirés, affirmant qu’ils reviendraient le 24 février 2019 pour manifester et conforter l’appel du mouvement Mouwatana, qui a promis de faire exprimer, dans les rues, le refus des Algériens d’un cinquième mandat de Bouteflika.

Mais le pouvoir algérien n’est pas resté les bras croisés. Le président actuel a préféré passer la main à l’Armée algérienne pour appeler le peuple « à la plus grande vigilance ».


S’exprimant le lundi 18 février 2019 au Musée national de l’Armée à l’occasion de la journée du Martyr, le général Boualem Madi, directeur de la communication au ministère algérien de la Défense nationale, a attiré « l’attention des Algériens sur ce qui se passe dans certains pays à l’échelle régionale et internationale ».

Toutefois, la colère populaire semble aller crescendo. Ce mardi 19 février 2019, une grande affiche du président Abdelaziz Bouteflika a été retirée par des manifestants de la façade de la mairie de Khnechla, en Algérie. « Enlevez la photo et laissez le drapeau », criaient les manifestants rassemblés devant le bâtiment de l’assemblée communale.

→Lire aussi : VIDÉO. Une grande affiche de Bouteflika retirée par des manifestants de la façade d’une mairie en Algérie

Rappelons que le président Abdelaziz Bouteflika, âgé de 81 ans et très affaibli après un AVC en 2013, a annoncé sa candidature à sa propre succession pour l’élection présidentielle du 18 février 2019.