Algérie : Qu’advient-il de Saïd Bouteflika ?

Par Khadija Skalli

C’est la loi du silence ! L’armée algérienne observe un silence assourdissant sur l’avenir de Saïd Bouteflika. Cette situation suscite des interrogations sur un éventuel deal conclu entre Gaïd Salah et la famille Bouteflika. Est-il réellement assigné à résidence surveillée ? Fera-t-il l’objet de poursuites judiciaires ?

Depuis la démission de l’ex-Président Abdelaziz Bouteflika, le 2 avril dernier, et le début du processus de transition politique en Algérie, sous la pression de la rue, aucune information ne filtre sur son frère cadet et conseiller Saïd Bouteflika. Toute l’attention a été déviée sur les trois B à savoir Abdelkader Bensalah, Noureddine Bedoui et Tayeb Belaïz, respectivement président du Conseil de la nation, Premier ministre et président du Conseil constitutionnel.

L’armée algérienne observe un silence assourdissant sur l’avenir de l’homme qui s’est emparé du pouvoir et dirigeait d’une main de fer le pays durant des années. Cette loi du silence règne également dans les médias locaux. Cette situation suscite des interrogations sur un éventuel deal conclu entre Gaïd Salah et la famille Bouteflika.

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Saïd Bouteflika est-il réellement assigné à résidence surveillée ? Sera-t-il jugé ou non ? Jusqu’à présent, l’homme le plus contesté par les Algériens ne fait l’objet d’aucune poursuite judiciaire.  Au moment où des figures proches du clan Bouteflika ont été arrêtées et incarcérées comme Ali Haddad, l’ancien chef du patronat algérien, Forum des chefs d’entreprise (FCE).

A noter qu’une plainte a été déposée le 3 avril par les Algériens à la Cour d’Alger contre Saïd Bouteflika.  Les plaignants l’accusent de « faux et usage de faux et usurpation de fonction », de « porter atteinte à l’intérêt national » ainsi que de représenter « un danger réel pour la sécurité du pays par l’utilisation du sceau de la présidence de la République ». Aucune suite n’a été toutefois donnée à cette plainte.

Rappelons que le Général de corps d’armée, chef d’État-major de l’Armée nationale populaire, Ahmed Gaïd Salah, a assuré via un communiqué que la justice poursuivra toutes les affaires de corruption. A ce sujet, il a souligné que « la question s’étendra à tous les dossiers précédents, comme l’affaire d’El Khalifa, de Sonatrach et du Boucher et autres dossiers relatifs à la corruption qui ont occasionné des pertes considérables au Trésor public ». Paradoxalement, le vice-ministre de la Défense nationale a passé sous silence le nom du frère du président déchu.