Algérie: une figure de la contestation maintenue en détention provisoire

Algérie

L’opposant Karim Tabbou, figure du mouvement de contestation en Algérie, incarcéré la semaine dernière, a été maintenu mercredi en détention provisoire après avoir été inculpé “d’incitation à la violence”, a indiqué l’un de ses avocats.

M. Tabbou a comparu devant un juge d’instruction du tribunal d’Alger qui a ordonné son placement en détention provisoire pour “atteinte à l’unité nationale et incitation à la violence”, a déclaré à l’AFP Me Noureddine Benissad.

Fondateur de l’Union démocratique et sociale (UDS, non autorisé), M. Tabbou, 46 ans, avait été incarcéré une première fois le 12 septembre après avoir été inculpé “d’atteinte au moral de l’armée” par un tribunal de Tipaza, à l’ouest d’Alger.

Libéré le 25 septembre, il avait été de nouveau arrêté avant de comparaître le lendemain devant un juge d’instruction qui avait ordonné son incarcération.

→ Lire aussi : Une député française de la gauche radicale interpellée en Algérie

Lors de l’audition du 26 septembre, “M. Tabbou a refusé de répondre aux questions du juge, exigeant la présence de ses avocats”, a expliqué Me Benissad. Il a finalement “été entendu (mercredi) sur les faits qui lui sont reprochés en présence de ses avocats”.

Depuis le début du mouvement de contestation le 22 février, qui a poussé le 2 avril le président Abdelaziz Bouteflika à démissionner, M. Tabbou est de toutes les manifestations.

Par ailleurs, le comité national pour la libération des détenus (CNLD) a affirmé que la justice avait décidé mercredi de maintenir en détention 26 personnes arrêtées en septembre lors de manifestations contre le régime. Mais elle a ordonné la remise en liberté sous contrôle judiciaire de Bilal Ziane, un détenu souffrant d’un cancer et incarcéré depuis le 13 septembre, selon le CNLD.

Des dizaines de manifestants ont été placés en détention provisoire en attendant leurs procès dans plusieurs villes d’Algérie, dont une grande partie dans la capitale, pour avoir contrevenu à l’interdiction du drapeau culturel amazigh (berbère) lors des manifestations, édictée par le chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, homme fort du pays.

Le pouvoir a fixé une nouvelle date pour la présidentielle, le 12 décembre, malgré l’opposition persistante de la contestation.

Avec AFP