Amrani à la SABC sud-africaine: Le Maroc et l’Afrique du Sud appelés à travailler ensemble pour relever les défis posés à l’Afrique

Afrique

Le Maroc et l’Afrique du Sud, deux principaux acteurs sur la scène africaine, sont appelés à travailler ensemble pour aider l’Afrique à relever les défis qui lui sont posés, a indiqué mercredi l’ambassadeur du Maroc en Afrique du Sud, Youssef Amrani, dans une interview à la chaine publique sud-africaine (SABC).

Le Maroc et l’Afrique du Sud, en tant qu’acteurs majeurs dans le continent, sont appelés à travailler ensemble pour relever les défis posés au continent et bâtir une Afrique meilleure, a-t-il dit.

«Nos deux pays ont convenu, au plus haut niveau, de rehausser, renforcer et développer leurs relations à travers un partenariat renouvelé», a souligné l’ambassadeur, relevant que Rabat et Pretoria partagent une vision et un engagement communs.

«Nous avons une idée claire de ce que nous devons entreprendre ensemble pour bâtir une Afrique prospère, stable et tournée vers l’avenir», a encore dit M. Amrani, notant que sa mission en Afrique du Sud est guidée par l’ambition de construire des passerelles de coopération mutuellement avantageuse à travers le renforcement du dialogue politique bilatéral et dans le cadre de l’Union africaine (UA).

«Nous sommes à présent confrontés à d’énormes défis que nous devons relever ensemble. Nos deux pays disposent des atouts nécessaires leur permettant de réussir cette mission», a-t-il dit, mettant l’accent sur l’importance de renforcer les échanges commerciaux et les flux des investissements entre les deux pays ainsi que les échanges humains.


Le diplomate n’a pas manqué de rappeler l’historique séjour de l’ancien président sud-africain, Nelson Mandela, au Maroc au début des années 1960 au moment où il menait la lutte du peuple sud-africain pour la libération du joug de l’apartheid.

Il s’agit d’une marque de soutien de la part du Maroc pour la lutte juste de ce peuple ami, que l’icône Mandela n’a jamais failli de souligner et de reconnaître à sa juste valeur, a dit M. Amrani.

Abordant la question de l’intégrité territoriale du Royaume, M. Amrani, tout en donnant un aperçu historique sur ce conflit régional crée de toute pièce, a déconstruit les allégations fallacieuses entourant ce dossier.

«La question du Sahara est un conflit régional traité par l’ONU», a-t-il dit, soulignant que les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité onusien ne laissent aucune place aux interprétations personnelles ou aux influences idéologiques».


Les objectifs sont clairs, la paramètres sont définis et les moyens sont mis à disposition, a poursuivi M. Amrani.

Et d’ajouter que l’Onu, après avoir reconnu l’inapplicabilité de l’option référendaire, a appelé, depuis 2004, les parties à œuvrer dans le sens d’une solution politique fondée sur le réalisme, la praticabilité, la durabilité et le compromis.

Ces nouveaux paradigmes sont en parfaite harmonie avec l’Initiative d’autonomie présentée par le Maroc et dont le caractère sérieux et crédible a été reconnu aussi bien par le Conseil de sécurité de l’Onu que par la communauté internationale, a encore indiqué l’ambassadeur, soulignant que l’initiative marocaine est réaliste car elle s’attaque à la situation socio-économique et politique réelle au Maroc, y compris dans les provinces du sud.

Elle est pratique car elle est inclusive de toutes les populations de ces provinces dans leurs composantes politique, tribale, générationnelle et professionnelle, a ajouté M. Amrani, relevant que l’initiative d’autonomie se distingue aussi par sa durabilité car son approche est fondée sur la paix, la stabilité et l’intégration économique dans la sous-région du Maghreb dans sa globalité.


Il a, dans ce contexte, rappelé que le Conseil de sécurité de l’Onu a souligné, dans sa dernière résolution, la primauté et la prééminence de l’initiative marocaine, tout en qualifiant de «sérieux et crédibles» les efforts déployés par le Maroc pour résoudre ce conflit régional.

«Le Maroc demeure engagé, dans un esprit constructif, dans le cadre du processus mené par l’Onu qui vise à parvenir à une solution définitive à cette question», a-t-il dit.

Répondant à une question au sujet du processus de délimitation du domaine maritime marocain, M. Amrani a souligné que le parlement marocain a, conformément au droit international et en toute souveraineté, adopté à l’unanimité, deux projets de loi visant à établir la compétence juridique du Royaume sur l’ensemble de son domaine maritime.

Ces textes revêtent une importance capitale dans le contexte de l’actualisation de l’arsenal juridique national relatif aux espaces maritimes du Royaume, a souligné l’ambassadeur, ajoutant que cette démarche relève d’une affaire intérieure et d’un acte de souveraineté en total adéquation avec la convention de l’Onu sur le droit de la mer.


Il a réitéré que cette démarche technique dans sa déclinaison peut être sujet, en cas de chevauchement, à un dialogue constructif entre le Maroc et l’Espagne voisine considérée comme un partenaire stratégique lié au Maroc par des relations politiques, économiques et historiques fortes.

C’est ce même esprit de dialogue et d’amitié qui a prévalu lors de la récente visite de la Ministre espagnole des Affaires étrangères au Maroc, a-t-il dit.

Abordant la situation au Maghreb, l’ambassadeur a souligné que, dans le contexte actuel marqué par d’importants changements politiques et des conditions économiques difficiles, la réalisation de l’Union du Maghreb Arabe devient «une nécessité absolue».

La question est de savoir comment traduire nos aspirations partagées en une dynamique régionale concrète menant à l’intégration économique, la stabilité et la sécurité durables et la prospérité, a-t-il dit, soulignant que le coût du non-Maghreb n’est plus supportable pour les cinq pays de la région aux niveaux économique, politique ou social.


Chaque pays perd annuellement 2 pc de la croissance de son Produit Intérieur Brut en raison du retard pris pour la réalisation de l’intégration dans la région, a-t-il déploré, soulignant que l’Union du Maghreb Arabe représente une nécessité stratégique pour tous les pays de la région.

Outre l’impact économique, l’intégration dans la région offrira des répondes efficaces aux défis sécuritaires transfrontaliers dans la région, mais surtout dans celle du Sahel.

A une question au sujet de la situation en Libye, l’ambassadeur a rappelé que le Maroc a exprimé ses profondes préoccupations suite à l’escalade de la situation militaire dans ce pays frère. Le Royaume rejette toute intervention étrangère, y compris militaire, en Libye, a-t-il dit, soulignant que le règlement de ce conflit ne peut qu’être que politique et sur la base d’un consensus entre les différents protagonistes dans le cadre de la préservation et le respect des intérêts suprêmes de la Libye et du peuple libyen.

L’ambassadeur n’a pas, par ailleurs, manqué de relever la pertinence du discours tenu mardi par la ministre sud-africaine des Relations internationales et de la Coopération, Mme Naledi Pandor, qui a exprimé des inquiétudes grandissantes face à la menace terroriste dans la région d’Afrique australe.


Rappelant que le sentiment d’immunité est un leurre dangereux, M. Amrani a souligné l’importance d’une solidarité et d’une coopération agissante et proactive entre l’ensemble des pays africains pour s’ériger en mur contre l’extrémisme violent et toute autre menace à caractère transfrontalier.

Il noté que les valeurs Africaines de solidarité, de compréhension mutuelle ainsi que l’esprit de coopération et d’échange constituent aujourd’hui des vecteurs de croissance et de prospérité qui plus que jamais devront être appuyés et soutenus à la faveur d’une vision, d’un engagent et d’un leadership.

C’est ce triptyque porté au plus haut niveau par Sa Majesté le Roi Mohammed VI qui guide le Maroc dans l’ensemble de ses interactions vertueuses avec ses pays frères et amis, a souligné M. Amrani.