“Archives du Maroc” retrace le riche parcours de Mohamed Larbi Messari

Une exposition dédiée à la mémoire du journaliste, politologue et diplomate marocain Mohamed Larbi Messari s’est ouverte mardi soir à la galerie de l’institution Les Archives du Maroc à Rabat, retraçant son riche parcours à travers des photographies, des manuscrits et des documents.

Cette exposition organisée sous le signe “Mohamed Larbi Messari : toute une vie pour la patrie”, rend un hommage posthume au défunt, en exposant ses archives personnelles qui ont fait l’objet d’un accord entre sa famille et l’institution Les Archives du Maroc.

Lors du vernissage de cette exposition, plusieurs personnalités politiques et médiatiques ont livré des témoignages sur le défunt, sa personnalité, son itinéraire et ses divers intérêts.

A cet égard, le directeur des Archives du Maroc Jamaâ Baïda a affirmé que le défunt “représente une exception dans un milieu qui manque de culture d’archives, l’un des piliers de la recherche historique et de l’identité nationale aux multiples fondements et affluents, et le seul moyen d’asseoir les règles de transparence et de responsabilité au sein de l’administration”.


Il a salué également l'”objectivité” du défunt, sa modestie, sa culture large et son souci permanent d’apprentissage, exprimant sa reconnaissance à sa famille, qui a remis à cette institution un important et divers fonds documentaire du regretté.

“Mohamed Larbi Messari a été un exemple de dévouement pour son pays, et milité pour ses causes au sein des différentes instances nationales internationales, ajoutant que le défunt “a défendu par sa parole et sa plume ses grandes questions nationales”.

De son côté, M. André Azoulay, conseiller de SM le Roi, a affirmé que sa relation avec le défunt, qui s’est étalée sur une période de plus d’un demi siècle, a été marquée “par la proximité et le respect”, ajoutant que M. Messari représentait une école pour lui comme pour plusieurs politologues et journalistes.

M. Azoulay a également évoqué le passage du défunt à Brasilia en tant qu’ambassadeur du Maroc, soulignant que M. Messari lui “a fait découvrir l’extraordinaire saga du judaïsme marocain sur le fleuve de l’Amazone” et que ses écrits dans ce domaine sont d’une richesse inégalée.


Dans leurs témoignages, les intervenants ont mis en exergue l’érudition, l’affabilité et l’investissement permanent du défunt dans les questions de société, notant que son œuvre fructueuse et constructive témoigne d’un raffinement du style et d’un cheminement des idées.

Le défunt a consacré jusqu’au bout son existence au journalisme, par conviction que la pratique médiatique est l’une des formes de conscience sociale, culturelle et morale, selon les intervenants.

Né en 1936 à Tétouan, feu Mohamed Larbi Messari a débuté en 1958 sa carrière journalistique à la Radio nationale avant de rejoindre le quotidien arabophone Al Alam, organe du Parti de l’Istiqlal où il va gravir tous les échelons jusqu’à en devenir le directeur en 1982.

En 1965, il siège au conseil national du parti de l’Istiqlal lors de son 7ème congrès et la même année, il devient membre du comité central avant d’être élu en 1974 au comité exécutif du parti.


Feu Mohamed Larbi Messari, qui a présidé durant trois mandats l’Union des écrivains du Maroc (UEM), représentera ensuite le Royaume au Brésil en tant qu’ambassadeur (1985-1991) avant de devenir ministre de la Communication (1998-2000) lors du premier gouvernement d’alternance.

Président de la commission nationale pour la réforme des codes de la presse et de l’édition, feu Mohamed Larbi Messari a dirigé le comité qui a élaboré la charte d’éthique et de déontologie de l’Agence Maghreb Arabe Presse (MAP).

Parmi ses publications “Notre combat contre le sionisme et l’impérialisme” (1967) “Mohammed V : D’un sultan à un Roi” (2009) et “Maroc-Espagne : Le dernier combat” (1974).

L’institution Les Archives du Maroc a été créée en vertu de la Loi 69-99 relative aux archives, promulguée le 30 novembre 2007, avec pour missions la sauvegarde, la promotion et la mise en valeur du patrimoine archivistique national, et la facilitation de l’accès à ses documents pour des besoins administratifs, scientifiques et culturelles.