Attaque terroriste de Sousse : Sept personnes interpellées

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Les autorités tunisiennes ont annoncé, lundi, l’interpellation de sept personnes pour leur implication présumée dans l’attaque terroriste ayant lieu la veille contre une patrouille sécuritaire à Sousse (147 au Sud de Tunis).

Depuis dimanche, “43 personnes ont été interrogées et 7 d’entre eux arrêtées”, a précisé le porte-parole de la Garde nationale, Houcem Eddine Jebabli dans des déclarations à la presse.

Parmi les personnes interpellées figurent “l’épouse d’un des assaillants, qui a qualifié son époux de -martyr- lors de l’interrogatoire”, ainsi que deux frères d’un assaillant et une personne soupçonnée de les avoir recrutés pour mener l’opération, a-t-il ajouté.

Les assaillants étaient deux jumeaux et un homme originaire de Siliana, région marginalisée du nord-ouest de la Tunisie, a-t-il expliqué.

Ils n’étaient pas connus des autorités tunisiennes, mais les jumeaux étaient en contact via Facebook avec des “pages étrangères ayant trait à des attaques à l’explosif et à main armé”, selon M. Jebabli.


D’après toujours Sliti, les recherches sont toujours en cours avec l’unité nationale de recherche dans les crimes terroristes de l’Aouina, sous la tutelle du Parquet.

Par ailleurs, le porte-parole du pôle judiciaire a fait état de la saisie d’une quantité d’armes blanches, des téléphones portables et du véhicule qui a foncé sur les gardes nationaux.

Tôt dimanche matin, des hommes en voiture ont heurté des agents de la Garde nationale près de la station balnéaire de Port Kantaoui, dans la ville touristique de Sousse, puis les ont attaqués au couteau, tuant l’un d’eux et blessant grièvement l’autre. Les unités sécuritaires ont procédé au ratissage de la zone et encerclé les assaillants et sont parvenus à les neutraliser après un échange de coups de feu.

Cette nouvelle attaque contre les forces de l’ordre a coïncidé avec la commémoration de la création de ce corps le 6 septembre 1956 et survenu quelques jours après la formation du nouveau gouvernement.


Il avait été aussi perpétré quelques heures après la réunion tenue samedi par le nouveau ministre de l’Intérieur, Taoufik Charfeddine, avec les hauts cadres sécuritaires, consacrée à l’examen de la situation sécuritaire dans le pays.

En réaction à cet attentat, le président tunisien Kaïs Saïed a déclaré que ceux qui ont mené cet attentat terroriste “sont des traîtres et n’avaient aucune appartenance à la Tunisie”.

Se rendant sur les lieux de l’attentat, M. Saïed a souligné qu’il considérait “ceux qui leur avaient ordonné de commettre le crime plus criminels qu’eux”.

“Il faut définir les responsabilités et déterminer les parties qui planifiaient les opérations terroristes”, a affirmé le chef de l’Etat.


“Ces opérations lâches ne sont rien d’autre que des tentatives infructueuses de perturber la stabilité en Tunisie (…) Tous les patriotes tunisiens seront au premier rang pour affronter vigoureusement ce fléau, en particulier les fils des institutions de sécurité et militaires”, a dit M. Saïed.

“Nous collaborons avec le ministère de l’Intérieur afin de promulguer une réglementation qui défendra les droits des agents sécuritaires et militaires et les protéger, eux tous comme leurs familles”, a commenté le président tunisien. Pour sa part, le chef du gouvernement, Hichem Mechichi a affirmé que les groupes terroristes “vivent dans un état de confusion et ils essaient donc de faire passer le message qu’ils existent réellement”.

M. Mechichi a promis que son gouvernement “n’épargnera aucun effort pour vaincre le terrorisme”.

La dernière attaque terroriste en Tunisie remonte au mois de mars 2020 lorsqu’un individu a perpétré un attentat contre l’ambassade américaine à Tunis.


La menace terroriste a considérablement baissé en Tunisie depuis les attentats sanglants de 2015 et la grande offensive contre la ville de Ben Guerdane, en mars 2016, à la faveur du démantèlement de dizaines de cellules dormantes et des opérations préventives dans les milieux extrémistes.

L’activité des groupes armés est, actuellement, confinée dans les zones montagneuses, proches de la frontière algérienne, où des incidents sont signalés par moment.

Les montagnes avoisinantes les frontières algériennes sont le théâtre depuis 2012 d’affrontements entre l’armée tunisienne et les groupes armés, en particulier la phalange Oqba Ibn Nafie, branche locale d’Aqmi, tenue pour responsable de plusieurs attaques dans le pays.