Attijariwafa Bank : Quand la gestion proactive du risque et le Plan « Energies 2020 » confèrent des résultats en tête du secteur

Mohammed Taleb 

Défiant un environnement marqué par une dégradation du cadre macroéconomique, une hausse du coût du risque (une augmentation du taux de contentialité), une faible croissance des crédits et par un rétrécissement des marges d’intermédiation au Maroc, Attijariwafa bank a clôturé 2016, la première année de déploiement de son plan stratégique «Energies 2020», par des résultats en évolution pour le moins satisfaisante.

Grâce au déploiement effectif dès le début du deuxième semestre 2016 de son plan stratégique 2016-2020 «Energies 2020», articulé autour de 105 projets regroupés en 27 grands programmes stratégiques, le groupe Attijariwafa bank a pu réaliser des performances singulières ou pour le moins il a fait mieux que la moyenne du secteur bancaire.

La moisson des bonnes performances


Au terme de l’exercice écoulé, le produit net bancaire du groupe s’est élevé à 19,7 milliards de dirhams (Mrds Dhs) en accroissement de 3,6% bénéficiant du bon comportement des activités commerciales au niveau des différents pôles du groupe (banque au Maroc, sociétés de financement spécialisées, assurance et banque de détail à l’international).

En gros, la marge d’intérêt a crue de 1,9%, la marge sur commissions et le résultat des activités de marché ont augmenté respectivement de 9,4% et 9,0%.

Pour ce qui est du résultat d’exploitation, il s’est amélioré de 7,0 % à 8,5 Mrds Dhs profitant d’une progression maîtrisée des charges d’exploitation (+3,8%) et d’une baisse notable du coût du risque (-9,7%).  Le résultat net consolidé a quant à lui enregistré une progression de 6,7% à 5,7 Mrds Dhs et le résultat net part du groupe s’est élevé à 4,8 Mrds Dhs en accroissement de 5,7%.

Tout ces éléments conjugués à  la hausse de 15,0% ou de 6,2 Mrds Dhs des fonds propres qui culminent à 47,4 Mrds Dhs ont renforcé la solidité financière du groupe se renforce et la rentabilité financière qui s’est maintenue aux meilleures normes (RoE (rentabilité des capitaux propres) : 13,5%, RoA (rentabilité des actifs) : 1,3%).


S’exprimant à l’occasion de la présentation de ces belles performances ce lundi 13 mars au siège de la banque à Casablanca, le Président Directeur Général du groupe, Mohamed El Kettani, est revenu sur l’évolution du secteur durant les dernières années en mettant en exergue la « gestion proactive par le top management du groupe du coût du risque » qu’il a qualifié de « sa première préoccupation ».

« Sans l’agrégation des résultats, on ne peut pas avoir une idée sur les performances des groupes bancaires ».

Bien avant de détailler la stratégie du groupe qui lui a permis ses performances exceptionnelles, le PDG du groupe a souligné l’importante de l’agrégation des résultats des différentes filiales des grands groupes bancaires nationaux, sans laquelle on ne peut pas avoir une idée sur les résultats de chaque banque. « Normalement, il faut qu’on agrège les bras armés de chaque banque, et ça, il faut que la profession arrive à le faire un jour », a-t-il dit.
Dans le détail, il a rappelé l’évolution du secteur sur les sept dernières années. « Si on fait un zoom sur la croissance des crédits entre 2009 et 2016 par compartiment par compartiment ou par nature. Vous avez les crédits aux particuliers, aux ménages qui se sont accrus par 1000% entre 2009 et 2014 et cette forte croissance a connu une décélération, mais qui reste à un niveau appréciable entre 2014 et 2015 et entre 2015 et 2016 », a-t-il rappelé. Selon lui, le groupe qui s’est accaparé « une part de marché sur 12 mois glissants de 23% », demeure leader national de ce segment.  Appuyant son idée sur l’impératif d’agréger les résultats, il a donné l’exemple d’« Attijariwafa Bank, qui distribue certes les crédits chez elle, mais qui a Wafasalaf , leader du marché du crédit à la consommation avec une part de marché qui dépasse les 30% ».

Tout en expliquant « qu’il y a des banques qui ont comme stratégie de faire des crédits à travers le véhicule ad hoc et il y a d’autres qui ont pour stratégie de développer des crédits en leur sein », M.Kettani a affirmé qu’ « Attijariwafa bank, sans les filiales (Wafabail pour le leasing, Attijari Factoring …) a eu une part de marché stricto sensu (rien que sur le secteur bancaire sans parler assurance, leasing et autres secteur…) de 23% sur 12 mois glissants ». Pour ce qui est des entreprises, « le plus important, affirme-t-il, c’est de noter qu’on était sur une croissance de 5% du secteur globalement entre 2009 et 2014 pratiquement 0% entre 2014 et 2015 et puis une petite croissance de 3% entre 2015 et 2016, mais quand je dis une petite croissance, il faut aussi la ramener à la croissance économique qui n’a été que de 1,1% ». « Sur le marché des crédits aux entreprises, notre part de marché est pratiquement de 28% ».


Une gestion proactive et anticipative du risque

A propos du taux de contentialité et du coût du risque qui, selon lui, attirent une attention particulière ces derniers temps du côté des journalistes et des analystes financiers, le PGD de la première banque marocaine a indiqué qu’il s’agit de la première préoccupation de son top management.

« Pour ce qui est du taux de contentialité, le coût du risque c’est capital dans notre métier », a tenu à souligner Mohamed Kettani.

Fidèle à sa démarche pédagogique, il est revenu sur les performances antérieures du secteur bancaire pour expliquer comment Attijariwafa Benk  a su gérer les coûts du risque. « Sur ce plan, je vous rappelle la courbe. Le secteur bancaire a enregistré une performance notable durant la période 2004-2011 parce qu’il a bénéficié d’un environnement économique favorable », a-t-il soutenu, ajoutant «  que c’était la période du déploiement de Balle II ( le second accord de Bâle qui constitue un dispositif prudentiel destiné à mieux appréhender les risques bancaires et principalement le risque de crédit ou de contrepartie) avec un raffermissement de politique de gestion globale des risques dans les établissements bancaires ».


Et puis, il y a eu inversement de la courbe. « On constate qu’à partir de fin 2012-début 2013, il y a eu une détérioration du taux de contentialité. On a atteint un taux de 4,99% en 2012 pour cumuler à 7,79 en 2016 », a-t-il regretté en détaillant les raisons de retournement de situation. « Ceci est du, indique-t-il, à la dégradation du cadre macroéconomique due aux effets de la campagne céréalières, aux effets dus à notre partenaire principal (UE), à la demande adressée au Maroc a souffert aussi pendant cette période, aux difficultés rencontrées par un certain nombre de secteurs économiques, notamment, la promotion immobilière et certains gros porteurs, qui sont dans vos têtes, et le cas de la SAMIR qui est aussi un risque extrêmement important qui a coûté cher à la communauté bancaire ».

A propos de cette situation de taux de contentialité et de la qualité des actifs bancaires, M. Kettani se montre optimiste. « On assiste depuis presque un semestre à une amélioration de cet indicateur, plus précisément, à partir du deuxième semestre de 2016 », a-t-il constaté en pronostiquant une poursuite de cette amélioration. « Et moi, j’ai le sentiment que ça va se poursuivre en 2017 », a-t-il affirmé.
Pour ce qui est de l’incidence de ce fléau sur Attijariwafa Bank, il a signalé que là aussi, elle « a fait mieux que la moyenne du secteur bancaire tant au niveau du coût du risque qu’au niveau de son évolution ». Et ce, « parce qu’on améliore nos performances sur ce plan là », a-t-il conclu.