Au bord de la faillite, les crèches lancent un cri de détresse

Depuis le début de la pandémie en mars, les crèches n’ont pas pu rouvrir ni percevoir d’aide de l’État, alors que les charges de personnel et de loyers se sont maintenues. Ces dernières ont pourtant connu une baisse de leur chiffre d’affaires de plus de 70%. Au bord du gouffre, elles lancent un énième cri de détresse au ministère de la Jeunesse et des Sports.

« Le secteur des crèches privées du Maroc lutte pour sa survie », écrit l’Association marocaine des Crèches privées (AMCP) dans un communiqué. Face à une situation financière qui se dégrade, les directions des crèches et l’AMCP n’ont plus d’autre choix que d’appeler leur ministère de tutelle à une communication claire et une information officielle quant à l’ouverture de leurs établissements. En effet, fermées depuis le mois de mars, des milliers d’emplois seraient menacés et certaines ont même déclaré faillite depuis le mois de juin. Si elles ont pu bénéficier du report de crédits bancaires, ces aides n’ont concerné que la période de confinement et certaines d’entre elles n’auraient pas reçu les aides Covid de la CNSS.

Le présentiel étant la seule condition pour une réouverture de ces structures dédiées aux enfants en très bas-âge, elles espèrent voir leurs établissements rouverts au plus vite afin de bénéficier des frais d’inscriptions, qui sont leur seule source de revenus. Par ailleurs, elles alertent sur le danger d’une absence de socialisation pour le bien-être de l’enfant et l’importance du développement de la petite enfance comme étape essentielle pour préparer les générations futures. Ainsi, l’AMCP demande des appuis indispensables pour la survie du secteur pendant toute l’année qui vient :

  • Report des échéances de crédits,
  • Crédits en trésorerie adaptés aux besoins du secteur,
  • Une exonération des charges sociales (CNSS, IGR…) pour toute la période de l’état d’urgence sanitaire

Désespérés par la situation, les auteurs de ces communiqués et du courrier adressé au ministre déclarent également que certaines salles de sports et centres de loisirs accueillant des enfants de moins de 6 ans demeurent ouverts et ce, sans aucun contrôle ou même respect des normes sanitaires.

Pour rappel, les crèches auraient été informées par le ministère de tutelle de la rentrée scolaire pour le 8 septembre. Celles-ci se sont donc organisées pour mettre en place les conditions d’hygiène de sécurité sanitaire afin de se conformer au guide du ministère, avant de recevoir la veille au soir, des instructions de Caïd et Moqadem de l’obligation de fermeture de leurs établissements.