Avec 20% d’enrichissement de son uranium, l’Iran franchirait une autre limite de l’accord sur le nucléaire

Avec 20% d’enrichissement de son uranium, l’Iran franchirait une autre limite de l’accord sur le nucléaire

(Correspondance Hamid Enayat)

L’Iran a dépassé le plafond d’enrichissement d’uranium fixé dans l’accord nucléaire de 2015, et a confirmé dimanche 8 juillet qu’il allait réduire ses engagements pris lors de ce pacte international. Une décision qui rapproche un peu plus Téhéran de sa capacité à se doter de la bombe nucléaire.

Le porte-parole de l'agence nucléaire, Behrouz Kamalvandi a confirmé que Téhéran avait enrichi l'uranium au-delà de la pureté de 3,67% autorisée par l'accord, dépassant les 4,5%, selon l'agence de presse ISNA. Une nouvelle menace qui a suscité de vives inquiétudes parmi les signataires de JCPOA et les pays du Golfe.

L'Iran a aussi déclaré qu'il augmenterait d'ici 50 jours son stock d'uranium enrichi au-delà des 300 kilogrammes autorisés par JCPOA. Abbas Mousavi, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a déclaré que si les pays restants, notamment les Européens, ne respectent pas leurs engagements et ne font que parler, la troisième étape de l'Iran sera plus dure, plus ferme et plus étonnante.  Une troisième étape qui a été évoquée par Kamalvandi, est d’avoir annoncé dans une interview à la télévision nationale que le pays pourrait envisager un enrichissement de 20% dans un troisième temps. Chose que les Etats-Unis, les pays d’Europe et les voisins de l’Iran soupçonnaient plus ou moins.

Cette option nous ramènerait au niveau que l’Iran avait atteint avant la conclusion de l’accord. Ce niveau d’enrichissement est considéré par les spécialistes comme une étape nécessaire à la fabrication de la bombe nucléaire. Le même Kamalvandi a également évoqué l’utilisation de nouvelles centrifugeuses qui sont à ce jour limitées par l'accord.

Les tensions accrues ont permis de revenir à la question centrale du programme nucléaire iranien. On le voit, l’Iran a choisi la voie dangereuse des politiques et des actions hostiles et a augmenté la probabilité d'un autre conflit au Moyen-Orient.

A l'écoute de Abbas Mousavi, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, qui déclare que si l'Iran appréciait les efforts de certains pays pour sauver l'accord, il n'avait aucun espoir ni aucune confiance en personne ni en aucun pays ; On se demande pourquoi les puissances européennes cherchent désespérément à sauver cet accord. De plus jusqu'à présent, les efforts européens comme INSTEX, visant à trouver une solution de contournement à ces sanctions n'ont pas abouti. Le régime des mollahs estime que celles-ci ne sont pas assez ambitieuses.

Les dirigeants européens s'entêtent dans une politique de complaisance envers le régime de Rouhani et des mollahs. Le Président Rouhani, présenté comme un religieux modéré par la presse occidentale, n’est pas le modéré qu’on imagine. Il vient d'annoncer à son gouvernement que le réacteur Arak serait restauré dans son état d'origine. Un réacteur capable de produire du plutonium...

Ce n’est pas une surprise pour la résistance iranienne qui a mis en garde depuis des années les puissances occidentales sur les dangers de la politique de complaisance avec le régime des mollahs, mais aussi sur le fait qu’il n’y avait ni modérés ni durs, juste de purs produits de la révolution islamique de 1979.

Avant la signature de l’accord nucléaire, en avril 2015, la dirigeante de la résistance iranienne ,Maryam Rajavi, a annoncé dans une réunion au Sénat français que « l’expérience de la Résistance a montré que les mollahs comprennent uniquement le langage de la force et de la fermeté. » en soulignant que « le temps est venu pour que les grandes puissances cessent la complaisance et les concessions à la tyrannie religieuse, banquier central du terrorisme et détentrice du record du monde des exécutions.»

Les mollahs ont compté sur l’inaction et le laisser-faire de l’Occident pour lancer leurs opérations terroristes et leur belligérance dans les pays de la région. Ils croient qu’au moins jusqu’aux élections américaines cela ne va rien leur couter.

C’est en fait le pire des scénarios qui est en train de se dessiner.  Les Européens ont été trop lents à réagir aux semaines d'avertissements de l'Iran selon lesquels le régime commencerait bientôt à violer l'accord. Si les européens veulent vraiment une sortie de crise, ils devraient revenir à une politique ferme et rétablir toutes les sanctions imposées à l’Iran. Ce n’est qu’alors que la diplomatie crédible redeviendra possible.

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