Benchaâboun dévoile sa feuille de route pour une nouvelle relance économique

MFI

Lors d’une conférence de presse tenue aujourd’hui 4 août, consacrée aux Orientations de SM le Roi, données à l’occasion du discours Royal de la Fête du Trône, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Réforme de l’Administration, Mohamed Benchaâboun a dévoilé les principaux axes d’un nouveau plan de relance et de redynamisation de l’économie nationale, dont l’enveloppe budgétaire estimée à 120 milliards de dirhams.

Ce nouveau plan vise, selon le ministre, à soutenir et accompagner les secteurs durement touchés par la crise due à la pandémie Covid-19. Dans ce sens, deux accords avec la CGEM et la GPBM vont être conclus dans les prochains jours afin de relancer l’économie nationale, de créer de l’emploi et d’accompagner le secteur du tourisme qui subit toujours les contrecoups de la Covid-19, indique Benchaâboun lors de sa présentation.

En ce qui concerne les 120 milliards de dirhams destinés à la relance de l’économie nationale, le ministre a indiqué qu’ils seront principalement injectés à l’investissement et aux crédits garantis par l’État. Ce montant sera réparti comme suit : 45 milliards de dirhams seront consacrés à l’investissement, notamment l’investissement direct de l’État dans les projets d’infrastructure, à travers des partenariats public-privé (PPP) et les participations de l’État, par le biais d’un Fonds qui va être créé pour un certain nombre d’entreprises, ayant le besoin d’augmenter leurs fonds propres pour assurer leur développement. Benchaâboun a, dans ce sens, relevé que 15 milliards de dirhams seront financés directement par le budget général de l’État cette année et seront injectés dans le Fonds d’investissement public, alors que 30 milliards de dirhams seront mobilisés auprès d’institutionnels nationaux et internationaux.

Pour le reste, soit 75 milliards de dirhams, ils seront alloués à l’ensemble des entreprises marocaines, toutes catégories confondues, en vue de faciliter l’accès aux financements, garantis par l’État.

S’agissant de la généralisation de la protection sociale à l’ensemble des Marocains, qui sera sur une période de 5 ans, le ministre a souligné que l’assurance maladie obligatoire (AMO) va être généralisée à partir du 1er janvier 2021. À noter que pour la généralisation de l’AMO, elle va s’étaler sur 2 ans. Alors que pour la généralisation des allocations familiales et la mise en chantier de la retraite pour tous et l’indemnité pour perte d’emploi viendront juste après.


En outre, le ministre a mis en avant, lors de son allocution, la refonte du cadre législatif et réglementaire, la mise à niveau des structures hospitalières et l’organisation de la filière de soins, l’opérationnalisation du Registre social unifié (RSU) et l’instauration de la Contribution Professionnelle Unique (CPU). Ce dernier concerne principalement, les commerçants et les artisans qui peuvent contribuer en fonction de leurs revenus pour bénéficier de cette protection sociale.

Un autre point essentiel est celui de la réforme du secteur public et plus particulièrement des établissements et entreprises publics. Le ministre a indiqué, dans ce sens, qu’une agence des participations de l’État va être créée pour plus d’efficience dans la gouvernance et la gestion et pour agir à travers la suppression d’un certain nombre d’établissements, et la création de pôles homogènes pour plusieurs secteurs (pôle pour l’énergie, pôle pour le transport…).

Ces pôles auront pour objectif d’optimiser le fonctionnement du secteur public avec des conditions favorables. « Il y a des synergies à rechercher en rapprochant un certain nombre d’établissements et entreprises publics », a-t-il fait remarquer.

Avec l’opérationnalisation des mesures initiées par le Roi Mohammed VI dans les jours à venir, on va avoir un impact positif sur les chiffres macro-économiques, indique Benchaâboun, notant que la croissance de l’économie nationale, notamment de certains secteurs comme l’automobile et l’aéronautique, dépend de l’évolution des paramètres à l’échelle internationale et de l’ouverture des frontières avec les pays partenaires.


Pour rappel, voici les principaux points de la conférences tenue par le ministre de l’Economie:

I. Mise en place d’un plan de relance ambitieux:

– La mise en place d’un pacte pour la relance économique et l’emploi qui comprend des mesures transverses tout en tenant compte des spécificités sectorielles.

– Les mesures sectorielles spécifiques, concernant en particulier les secteurs les plus touchés par la crise, feront l’objet de contrats et de conventions qui seront signés avec les fédérations concernées : Contrat-programme 2020–2022 relatif à la relance du secteur touristique en phase post Covid19.


– Le pacte pour la relance économique et l’emploi et le contrat programme relatif à la relance du secteur touristique seront signés courant cette semaine.

– Injection de 120 MMDH dans l’économie: 75 MMDH de crédits garantis par l’Etat, au profit de tous les segments d’entreprises, dont les établissements et entreprises publics (EEP) les plus impactés par la crise. La Caisse Centrale de Garantie (CCG) sera chargée de gérer ce système de garantie (réforme institutionnelle de cette caisse, allouer 5 MMDH, apporté par le fonds Covid-19, pour couvrir les risques de défaut des entreprises bénéficiaires).

– Injection de 120 MMDH dans l’économie: 45 MMDH seront affectés au Fonds d’investissement stratégique, dont 30 MMDH Mobilisés auprès d’institutionnels nationaux et internationaux et 15 MMDH financés par l’Etat (LFR-2020). Ce fonds interviendra directement par le financement des projets d’investissement en faisant appel au partenariat public-privé (PPP) et indirectement par le renforcement des capitaux des entreprises aux fins de leur développement.

– Création du Fonds d’Investissement Stratégique qui aura une mission d’appui aux activités de production, d’accompagnement et de financement des grands projets d’investissement public-privé.


II. Généralisation de la couverture sociale:

– La généralisation de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) à partir du mois de janvier 2021.

– Des Allocations Familiales (AF) à tous les ménages à partir du mois de janvier 2021.

– Une retraite au profit de la population active non couverte.


– Une indemnité pour perte d’emploi (IPE) au profit de la population active.

– Le déploiement de la réforme de la protection sociale se fera de manière progressive sur une période de 5 ans en deux phase:

• 2021-2023: Déploiement de l’AMO et des Allocations familiales.

• 2024-2025: Généralisation de la retraite et de l’indemnité pour perte d’emploi au profit de la population active.


– Ouverture immédiate d’un dialogue social constructif avec tous les partenaires pour parachever l’élaboration d’une vision pragmatique globale planning, cadre légal et options de financement).

– Afin de réussir cette réforme d’envergure, il est impératif de mettre en place des mesures préalables et d’accompagnement:

• La refonte du cadre législatif et réglementaire.

• La mise à niveau des structures hospitalières et l’organisation de la filière de soins.


• La réforme des systèmes et programmes sociaux déjà en place, notamment à travers l’opérationnalisation du Registre social unifié (RSU).

• La réforme de la gouvernance du système de protection sociale.

• La réforme fiscale relative à l’instauration de la Contribution Professionnelle Unique (CPU).

III. Réforme du secteur public:


– Redimensionnement et restructuration du secteur des EEP:

• Pour les EEP Non Marchands et Sociaux: à travers la réintégration aux ministères concernés de certaines missions après liquidation/dissolution des EEP dont le maintien n’est plus nécessaire, le regroupement de certains EEP dont le maintien serait justifié et liquidation / dissolution des EEP dont la mission n’est plus avérée.

• Pour les EEP Marchands et Financiers: à travers le renforcement de la pérennité du modèle, la création de groupes/holdings sectoriels homogènes répondant à des impératifs de taille critique, d’optimisation de la gestion (flux, trésorerie, coûts…), d’attrait pour le marché financier et de concrétisation des nouvelles opportunités offertes par l’intelligence artificielle, la digitalisation, l’économie circulaire et la création d’une Agence dédiée à la Gestion Active des participations marchandes et financières de l’Etat.

– Création de l’Agence Nationale dédiée à la gestion stratégique des participations de l’Etat et à suivre la performance des établissements publics ayant pour buts de renforcer davantage le rôle de l’Etat actionnaire, promouvoir la bonne gouvernance au sein des EEP, assurer la gestion stratégique des participations de l’Etat et suivre la performance des établissements publics.


– Exemples d’opérations qui pourraient être envisagées:

• Secteur d’Infrastructures (Transports et Logistique): Regroupement de ADM, ONCF, SNTL, CFR et AMDL:

+ Création d’une entité chargée de la réalisation des infrastructures routières, autoroutières et ferroviaires ainsi que des services du transport.
+ Regroupement de l’activité logistique au sein d’un même opérateur public en vue de créer les synergies et de développer une offre logistique intégrée.

• Secteur d’Agriculture et Agro-Industrie: Regroupement de l’ONICL et de ses filiales dans une seule entité


+ Cette unité devra être transférée au secteur privé.

• Secteur du Développement Territorial: Dissolution des 3 Agences pour le Développement (Sud, Nord et Oriental):

+ Vu que leur maintien n’est plus justifié du fait des doublons soit avec d’autres EEP soit avec des départements ou CL.

• Secteur Social: Fusion de l’ADS, l’Entraide Nationale, l’ODCO et la Caisse de Compensation en un seul opérateur:


+ Création d’une entité unique et visible chargée de l’action sociale en lieu et place des multiples EEP existants.