Black Friday : Le consommateur constitue-t-il le “dindon de la farce”?

Black Friday : Le consommateur constitue-t-il le
Black Friday : Le consommateur constitue-t-il le "dindon de la farce"

Le Black Friday est le jour où les enseignes et les commerçants cassent les prix de leurs produits, pour inciter les clients à acheter. Le 28 novembre 2019 marque un jour spécifique dans l’agenda des Américains puisqu’il s’agit du jour qui marque le début de la période des fêtes de Noël et des achats de fin d’année. Les clients profitent de cette occasion pour bénéficier des remises offertes.

Origines du Black Friday

Le Black Friday trouverait ses racines aux Etats-Unis, depuis les années 50. Un évènement commercial qui se déroule le lendemain de la fête de Thanksgiving, le quatrième jeudi du mois de novembre. Plusieurs commerçants profitent de ce moment pour proposer des remises importantes.
En France, le Black Friday a pris son essor avec l’e-commerce, depuis 2013. Les entreprises profitent de l’occasion et proposent des remises séduisantes. Cette démarche commerciale est de plus en plus marquée sur le territoire français. D’après une étude de RetailMeNot, le Black Friday devrait générer cette année 5,9 milliards d’euros, soit une augmentation de 4,1 % par rapport à 2018.

Black Friday sur le marché marocain

Le “Black Friday s’étend désormais au Maroc. Presque tous les secteurs ont profité de cet évènement, y compris le transport, comme l’ONCF qui a proposé des promos attractives sur la gamme d’abonnement des cartes “Navette” et “Alboraq dima”, également les agences de voyages, les salons de coiffure, les voitures, le high-tech… etc.
Côté consommation, est-ce que le Black Friday pourrait être une pratique frauduleuse ?
Dans une interview accordée à Maroc Diplomatique, Bouazza El Kharrati, Président de la Fédération marocaine des droits des consommateurs a noté que « le Black Friday est un moyen commercial d’origine américaine permettant au consommateur d’acheter ses victuailles avant les vacances de Noël. Introduite en Europe pour débarquer au Maroc à travers les enseignes. »
M. Kherrati a précisé que « Le consommateur est guidée pour acheter en l’alléchant par une baisse réelle ou fictive sur les prix. Le Black Friday devient une période des soldes tout simplement et par conséquent passibles du respect de la loi 31-08 édictant les mesures de protection du consommateur. Comme cette loi avait exigé l’affichage du nouveau prix accompagné de l’ancien barré (un mois avant le Black Friday). Certains vendeurs annoncent effectivement les prix réels et ce n’est pas un subterfuge, mais parfois ils les augmentent en vendant au même prix ou par fois plus cher».
Rappelant que l’article 54 de la loi 31-08 stipule que «Le fournisseur est tenu d’indiquer dans les lieux de vente, les produits ou biens sur lesquels portent la réduction de prix, le nouveau prix appliqué et l’ancien prix qui doit être barré, la durée des soldes avec la détermination de leur début et de leur fin. L’ancien prix barré ne peut excéder le prix le plus bas effectivement pratiqué par le fournisseur pour un bien ou produit similaire dans le même établissement, au cours des 30 derniers jours précédant le début des soldes. »
Selon Bouazza Kherrati, le Black Friday constitue une occasion pour vendre les pièces « contrefaites » ou de moindre qualité. Le marché marocain est envahi par les produits contrefaits qui se trouvent à tous les niveaux : de certaines enseignes jusqu’aux étalages de l’informel. Il voit que pendant la période du Black Friday ou des “soldes”, le consommateur constitue le « dindon de la farce ».
« La Fédération marocaine des droits du consommateur qui compte 70 associations déplore l’anarchie totale qui sévit dans le marché intérieur national. Les chambres de commerce devraient être des régulateurs non aux abonnés absents, également le manque des ressources humaines du ministère de tutelle handicape tout contrôle », a précisé le président de la FMDC.
Pour sortir de ces infractions, M. Kherrati propose que le Maroc se dote soit d’ “une agence nationale de protection du consommateur”, soit d’”un ministère de consommation”.