Boucetta met en exergue à Marrakech l’approche migratoire humaniste et solidaire du Maroc

L’approche migratoire marocaine humaine, intégrée et faite de solidarité et de respect des droits fondamentaux des migrants a été mise en exergue vendredi, à Marrakech, par la secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Mounia Boucetta dans le cadre de la 7è édition des Dialogues Atlantiques.

Intervenant à une plénière sous le thème « la dimension humaine de la crise migratoire », Boucetta a fait savoir que le Maroc a adopté depuis 2013 une politique nationale migratoire qui promeut la migration légale et régulière et crée les conditions adéquates permettant de préserver les droits et la dignité des migrants.

Après avoir souligné que la migration a contribué au développement des pays, elle a fait remarquer que le problème ne réside pas dans la migration elle même mais plutôt dans la mauvaise gestion de cette question par les Etats.

Dans ce cadre, elle a plaidé pour l’adoption de politiques nationales de migration et à la mise en place d’un cadre législatif et légal qui permet de préserver les droits fondamentaux des migrants.

A une question sur les mesures sécuritaires efficaces prises par le Maroc pour lutter contre la migration clandestine à destination de l’Europe, Boucetta a fait savoir que le Royaume a démantelé entre 2012-2017 plus de 400 réseaux de trafic des êtres humains et rien que pour l’année en cours, le Maroc a démantelé plus d’une centaine de réseaux, relevant que « la coopération maroco-espagnole a transformé la « crise migratoire » en un modèle de coopération.

La gestion de la question migratoire appelle une coopération élargie et internationale pour combattre ce genre de trafic, a-t-elle insisté. Toutefois, elle a reconnu que l’approche sécuritaire n’est pas suffisante pour gérer la question migratoire.

« Les pays doivent s’atteler à résoudre les causes profondes de la migration: manque de développement dans les pays d’origine et augmentation du nombre de conflits entre autres, a-t-elle expliqué.

Dans ce cadre, elle a relevé que la mise en œuvre du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières constitue une réponse adéquate à la question migratoire, à condition que ce pacte soit implémenté par des projets concrets.

Boucetta a par ailleurs, relevé que la création de l’Observatoire africain des migrations, une proposition de SM le Roi Mohammed VI en qualité de leader de l’UA sur la question de la migration, entérinée par les chefs d’Etats africains, permettra de comprendre le phénomène migratoire pour anticiper et adopter les politiques adéquates en matière de migration.

→ Lire aussi : Populisme et mondialisation au centre de la 7ème édition de “Atlantic Dialogues”

« Face à la crise migratoire, arrêtons de mettre de lois restrictives, la seule chose qui compte, c’est la préservation des droits des migrants », a affirme de son côté, le président de la Fondation Forum de Bamako, Abdoullah Coulibaly.

Les pays du Nord sont appelés à faciliter la mobilité, à contribuer à donner des perspectives aux Africains dans leurs pays, créer une industrie génératrice d’emploi et participer à réduire l’impact des changements climatiques, a-t-il souligné, faisant remarquer que « l’Aide au développement » doit toucher et aller directement aux populations ciblées.

De son côté, la Présidente de la Fondation femmes pour l’Afrique, María Teresa Fernández de la Vega, a fait remarquer que les inégalités entre le Nord et le Sud et le modèle néolibéral « sauvage » sont les premières causes de la migration, appelant à une coopération équitable, égalitaire et humaine. Fernández de la Vega a en outre, appelé à la nécessité de « décriminaliser » la migration irrégulière.

Le chef d’état-major spécial du président de la république sénégalaise (forces armées sénégalaises), Birame Diop a relevé quant à lui, que le Sénégal est par essence un pays de migration, relevant que l’Etat sénégalais a essayé de donner des réponses opportunes aux problèmes liés à la migration et aux migrants issus de ce pays africain.

Il a par ailleurs, noté que l’ancienne définition de réfugiés est devenue surannée avec l’apparition d’une nouvelle catégorie liés aux « réfugiés des changements climatiques », appelant à adopter une approche qui prend en considération la dimension internationale de « la crise migratoire ».

Placée sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI et organisée sous le thème « Dynamiques atlantiques : surmonter les points de rupture », la Conférence « Atlantic Dialogues » connaît la participation de 350 conférenciers en provenance de 90 pays.

Cette Conférence de trois jours offre l’occasion aux participants de jeter la lumière sur les grands enjeux géopolitiques et économiques du Bassin Atlantique, expliquent les organisateurs, faisant observer que le thème arrêté pour cette nouvelle édition « reflète des tendances aussi importantes que la montée des populismes, la dernière élection présidentielle au Brésil et la politique étrangère des Etats-Unis, dans la mesure où celle-ci remet en question l’avenir de l’Organisation du Traité Atlantique Nord (OTAN) et de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) ».

De grandes questions transversales restent, par ailleurs, posées telles que la démographie contrastée du Nord et du Sud, la dimension humaine de la crise migratoire, la mobilisation des ressources face au changement climatique, ou encore la perspective d’une nouvelle crise financière internationale.

Anciennement connu sous le nom de « OCP Policy Center », le Policy Center for the New South, initiateur de cette conférence, est un think tank marocain lancé en 2014 à Rabat, avec 39 chercheurs associés du Sud comme du Nord.

A travers une perspective du Sud sur les enjeux des pays en développement, il vise à faciliter les décisions stratégiques relevant de ses quatre principaux programmes : agriculture, environnement et sécurité alimentaire; économie et développement social; matières premières et finance; géopolitique et relations internationales.

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