BURN OUT, les médecins en sont les premières victimes

médecins cliniciens privés

Qui des médecins n’a pas entendu au moins une fois dans sa vie cette phrase qui tue : Vous êtes médecins et vous êtes malades ? Les médecins ne tombent pas malades…Cette réflexion pathétique lâchée gratuitement est mal perçue et ressentie comme une agression par les médecins qui se sentent privés de leur droit d’être humain « normal » avec sa vulnérabilité physique.

Or, cette profession est à forte implication psychique et à haut risque de morbidité physique et psychique. Si la vulnérabilité physique est aisément visible et mesurable, la détresse psychologique est rarement prise en compte ou acceptée par la société et les médecins eux-mêmes.

Paradoxalement, alors que les médecins sont au centre du système de santé aucune institution publique ou ordinale ne s’occupe de leur santé.

La Haute Autorité de santé française a publié en mai 2017 une fiche mémo portant notamment sur les facteurs de risque inhérents à la population soignante :

La population des soignants est une population à risque historiquement identifiée et objet de nombreuses études récentes montrant un morbidité particulièrement élevée, les professionnels de santé en activité ou en formation sont exposés au risque d’épuisement professionnel….Différents facteurs rendent les professionnels de santé vulnérables : demande de performance, image du soignant infaillible, valeurs d’engagement et d’abnégation, injonctions contradictoires, dispositifs de soins complexes, tensions démographiques, insécurité.


La référence à la haute autorité de santé montre que le problème de l’épuisement professionnel ou « burn-out » n’est pas uniquement celui du médecin en tant que personne physique mais celui de toute la société par ses conséquences sur les soins des patients. Nous constatons que dans notre pays, la santé des médecins est le dernier des soucis de nos gouvernants.

Au contraire, les agressions sous forme de dénigrement systématique des médecins, parfois d’insultes par les patients qui maintenant n’ont plus affaire à une profession à respecter mais à un prestataire de service qu’on paye et sur qui il a tous les droits.

Les pouvoirs publics profitent de cette situation trouvant une magne fiscale dans cette profession à terre à achever…  Ainsi Les facteurs de risques psychosociaux du « burn-out » se trouvent réunis.

Intensité et temps de travail : “exigences psychologiques et d’efforts” plus largement les contraintes de rythme, d’horaires atypiques, imprévisibles, l’exigence de la polyvalence non maîtrisée.


Exigences émotionnelles dont la nécessité de maîtriser et de façonner ses propres émotions.

Manque de soutien social et de reconnaissance au travail.

Insécurité de l’emploi et du travail : insécurité socio-économique, changements d’organisation et des conditions de travail.

Perte de reconnaissance sociale, la remise en question des compétences par des patients, la culture de la faute, le harcèlement,.


Une partie de son temps de travail est perdu par une activité non médicale.

Les conséquences se font sur le médecin : L’anxiété, la culpabilité, la fatigue se complètent de manifestations cliniques : troubles du sommeil, douleurs diffuses et troubles digestifs notamment.

L’évolution, en l’absence de prise en charge, se manifeste par la désocialisation de la personne, l’apparition de signes cliniques organiques, l’accentuation de l’isolement, jusqu’à la désillusion et l’effondrement de toutes les ressources.

Tant que le médecin est convaincu que ses efforts s’inscrivent dans un projet collectif et ont une signification sociale, il reste motivé, enthousiaste et a une résistance incroyable au surmenage.


Il est clair que ces conditions personnelles se répercutent sur ses performances et sur la relation avec les patients ;

Désaffectation par rapport à l’environnement de travail. La perte de l’idéal professionnel conduit les médecins pour se protéger à appliquer des protocoles thérapeutiques sans empathie et à multiplier les examens complémentaires.

La qualité de soins diminue, les patients perdent confiance, multiplient les avis et un certain clientélisme apparaît…

Il est clair que dans cette dynamique, le perdant principal est le pays : Ses médecins perdent leur vocation et sont eux même malades, surcoût des soins parfois à l’étranger ….


Par le collectif des médecins cliniciens privés.