Casablanca: Le transport de marchandises continue d’essuyer de lourdes pertes

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Par Karim NAJI

Affectés par la baisse drastique de l’activité, des professionnels du secteur du transport routier de marchandises à Casablanca tirent la sonnette d’alarme sur les répercussions dramatiques de la pandémie du nouveau coronavirus sur leurs conditions sociales et économiques, craignant le scénario du pire si la situation ne s’améliorer pas dans un proche avenir.

Tout au long du quartier commerçant de Derb Omar, des dizaines de camions sont stationnés côte-à-côte dans l’attente d’une commande à livrer à l’intérieur comme à l’extérieur de la capitale économique, une commande qui ne peut jamais arriver.

A la vue de toute personne au passage, les camionneurs tournent autour pour lui offrir leurs services au meilleur prix. Toute proposition est bonne à prendre en ces temps de grande disette. Ensuite, on peut réfléchir à la manière de juguler les mesures restrictives spécifiques à chaque région, particulièrement les autorisations spéciales de déplacement et de circulation.

En effet, la crise sanitaire liée à la pandémie du Covid-19 n’a épargné aucun secteur d’activités au Maroc, encore moins celui du transport routier de marchandises, dont les opérateurs font état d’une chute substantielles de leurs activités.


Pour A. Hussein, un chauffeur professionnel, il s’agit d’une crise sans précédent car “même si on est à l’arrêt durant des jours, voire des semaines, on est obligé de s’acquitter chaque nuit des frais du parking qui nous font défaut des fois”.

Avant l’apparition du Covid-19 au Maroc, le secteur était prospère et les professionnels ne plaignaient guère, dans la mesure où “les opportunités de transport de marchandises étaient abondantes et le voyage à destination d’Agadir, par exemple, rapportait jusqu’à 2.500 dirhams”, se souvient-il.

Actuellement, on est contraint de faire le même trajet pour la modique somme de 1.000 dirhams et encore faut-il décrocher une livraison, a-t-il ajouté, dans une déclaration à la MAP. “Au bout de plusieurs jours sans avoir rien gagné, on se contente de peu afin de couvrir à peine les frais du voyage, alors qu’au retour, on revient les mains vides, sans aucun chargement”.

“On accepte ce genre de déplacement uniquement pour faire tourner le moteur et combattre l’oisiveté forcée”, a raconté le camionneur.


Il a fait savoir qu’après la fermeture des frontières du Maroc au mois de mars, suite à cette crise sanitaire, les marchandises en provenance de l’étranger se font de plus en plus rares, tandis qu’avant, le marché national était inondé de différents produits importés depuis plusieurs pays, notamment la Chine et des pays européens.

Pour sa part, L. Hamid rappelle que depuis le mois de mars dernier, après la détection du premier cas du Covid-19 au Maroc, et les meures de restrictions qui s’en sont suivies, en particulier durant les mois de confinement généralisé, l’activité a été fortement réduite.

Même après la levée partielle des mesures de restriction au Maroc, la situation ne s’est pas énormément amélioré, a-t-il assuré. Les camionneurs sont toujours de patienter assez longtemps pour obtenir du travail, puisant dans leurs maigres économies ou dépendant qu’ils n’ont pas. Beaucoup passent la nuit dans le camion pour ne pas rater un hypothétique chargement.

Même son de cloche pour N. Mekki, qui a dit être resté durant près de 2 mois sans assurer aucun voyage. Il ne cache pas son désespoir et envisage même de changer de métier.


“Si la situation perdure encore quelque temps, je serai contraint de vendre mon camion et de chercher autre chose pour gagner ma vie”, a-t-il lâché, rappelant que l’état d’urgence sanitaire décrété au Maroc a lourdement affecté le secteur du transport de marchandises.

La diminution de l’activité de ce secteur vital, considéré comme locomotive de l’économie nationale, a été notable ces derniers mois, principalement à cause de près de trois de confinement et des mesures de restriction imposées par les autorités du pays afin d’enrayer la diffusion du virus.

Tout compte fait, une bonne partie des professionnels n’a pas totalement perdu la foi en l’avenir et espère des jours meilleurs pour retrouver la prospérité d’antan.