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CCG: Le grand garant du financement en 2020

Facilitateur d’accès au financement depuis sa création, la Caisse Centrale de Garantie (CCG) a joué un rôle crucial et décisif en 2020, en prêtant main-forte aux entreprises qui ont subi un coup de massue du fait de la crise sanitaire.

A travers une offre de produits riche et diversifiée s’inscrivant en phase avec la relance et répondant aux besoins des entreprises de différentes tailles, statuts et vocations, la CCG s’est vite attribuée le titre de grand garant au cours de cette année, portant de l’espoir et une bouffée d’oxygène aux entreprises nationales asphyxiées par la Covid-19.

Mobilisée pour offrir son appui aux TPME marocaines et améliorer leur inclusion financière, la CCG a mis en place dès le début d’année, bien avant la crise, une gamme de produits dans le cadre du programme “Intelaka”, lancé conformément aux Hautes orientations Royales, dans l’objectif de faciliter davantage l’accès au financement et l’accompagnement des TPME et de les soutenir, de manière volontariste, dans le processus de création d’entreprises.

S’en est suivi l’arrêt brusque et quasi-total de l’activité économique pendant plusieurs mois, qui a pris d’assaut la sphère entrepreneuriale, tout en mettant à mal de nombreuses entreprises, les exposant à une situation de risques élevés.

Dans un tel contexte et devant l’impératif de juguler les conséquences économiques de la crise, la CCG a fait preuve d’une mobilisation sans précédent, qui a été vitale pour les entreprises, leur facilitant l’accès à des financements qui n’auraient été possibles sans garantie.

C’est ainsi qu’est né le premier mécanisme de garantie “Damane oxygène”, qui a permis de couvrir 95% du montant des crédits, encourageant les banques à mettre en place rapidement des découverts exceptionnels pour financer le besoin en fonds de roulement des entreprises.

Lancés en mars 2020, dans le cadre de la mise en œuvre des mesures décidées par le Comité de veille économique (CVE) visant l’atténuation des effets de la crise et ses impacts sur les entreprises, les crédits garantis “Damane Oxygène” étaient principalement destinés à faire face aux charges courantes, majoritairement en faveur des TPE dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 10 millions de dirhams et dont la trésorerie s’est dégradée à cause de la baisse de leur activité.

“Ce sont à peu près 50.000 entreprises qui ont pu bénéficier de l’offre “Damane Oxygène” pour un volume crédit de plus de 18 milliards de dirhams (MMDH)”, selon les derniers chiffres dévoilés par le Directeur général de la Caisse, Hicham Zanati Serghini, qui s’exprimait le 17 décembre lors d’un webinaire sur le thème “Bilan 2020 et perspectives de relance au Maroc”.

En termes de répartition des crédits garantis selon les secteurs d’activité, “Damane Oxygène” a principalement profité aux secteurs de l’industrie, suivi du secteur du commerce et du BTP , a-t-il précisé, notant que par répartition géographique, les entreprises appartenant à la région de Casablanca-Settat se sont retrouvées en pole position.

Fort du succès et de l’engouement pour ce premier mécanisme de relance, la CCG a continué sur sa lancée, consolidant son rôle d’institution de garantie, en diversifiant son offre, avec des produits qui tiennent compte des particularités de chaque secteur, notamment l’immobilier et le tourisme, avant de se consacrer aux défis de la reprise de l’activité chez les entreprises.

A partir de la mi-juin, deux nouveaux mécanismes de garantie, “Relance TPE” et “Damane Relance” ont été mis en place, afin d’assurer un retour progressif à une activité normale pour les TPE, PME et grandes entreprises qui ont pu profiter de garanties exceptionnelles, à travers un déblocage opérationnel de l’ensemble des maillons de la chaîne de valeurs économique.

Conçu en faveur des très petites entreprises (TPE), y compris les commerçants, artisans, coopératives et professions libérales, “Relance TPE” est destiné à garantir, à hauteur de 95%, les prêts des entreprises réalisant un chiffre d’affaires ne dépassant pas 10 millions de dirhams (MDH), à la limite de 10% du chiffre d’affaires avec un minimum de 10.000 dirhams et sans sûretés exigées.

Pour sa part, le produit “Damane Relance” est déployé en faveur des petites, moyennes et grandes entreprises réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 10 MDH, avec une quotité de garantie allant de 80% à 90%.

Ainsi, ces mécanismes de garantie ont favorisé la montée en puissance de la CCG, qui occupe désormais une place de choix dans l’écosystème du financement des entreprises au Maroc. D’après son Directeur général, la Caisse devrait terminer l’année 2020 avec un total de 85.000 à 86.000 prêts additionnels, précisant que “nous terminons l’année 2020 avec 3 fois plus de ce que nous réalisions avant”.

Revenant sur le Bilan 2020 et les perspectives de l’institution pour 2021, M. Serghini a noté que le Bilan 2020 “reste positif”, mettant en avant “la transformation de l’institution qui connaît désormais un changement radical en termes de gouvernance”.

C’est ainsi que la transformation de la CCG en société anonyme dénommée “Société nationale de garantie et du financement de l’entreprise” (SNGFE), telle qu’annoncée le 9 juillet, permettra d’adopter un cadre juridique permettant d’introduire les bonnes pratiques en ce qui concerne les modalités de gouvernance, tout en obéissant aux mêmes règles imposées aux sociétés privées, en matière de responsabilité et de transparence dans le processus de sa gestion.

Ce changement de statut permettra aussi à l’organisme de mobiliser de nouveaux instruments hybrides de financement et d’investissement, de développer davantage les synergies entre les métiers du financement et de l’investissement, ainsi que d’élargir son champ d’intervention pour couvrir de sa garantie les entreprises et établissements publics.

( Avec MAP )

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