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Cinq questions au SG du Département de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique

Le secrétaire général du Département de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Mohamed Khalfaoui, a accordé une interview à la MAP, dans laquelle il a mis l’accent sur l’expérience de l'”enseignement à distance” adopté par les universités en raison de la propagation de la pandémie du nouveau Coronavirus.

Le responsable a également abordé, dans cette interview, la gestion des agendas académiques relatifs aux rentrées universitaires visant à éviter les problèmes auxquels l’université a été confrontée l’année passée, ainsi que les principaux projets et programmes adoptés aussi bien avec les partenaires marocains qu’étrangers, en plus de la poursuite de la réforme universitaire.

1. Quelles sont les mesures prises dans le cadre de la rentrée universitaire dans cette conjoncture exceptionnelle?

Dans le but de réduire les mouvements et la promiscuité en milieu universitaire, des mesures ont été initiées au niveau des universités publiques et institutions de l’enseignement supérieur ne relevant pas des universités et institutions de l’enseignement supérieur partenaires, ainsi qu’au niveau des institutions privées de l’enseignement supérieur, dans le cadre de leur indépendance et en respect des décisions de leurs organes directeurs et ce, dans le but de procéder à la tenue des examens reportés et réussir la rentrée universitaire au titre de l’année en cours, tout en prenant en considération l’évolution de la situation sanitaire à l’échelle locale, provinciale et régionale, comme le préconisent les autorités locales compétentes.

Ces mesures exceptionnelles ont concerné les conditions de déroulement des examens de la session de printemps précédemment reportée, avec pour objectif de boucler l’année universitaire 2019-2020, procéder à l’inscription des nouveaux étudiants et marquer le coup d’envoi de la nouvelle année académique, qui s’est accompagnée par un ensemble de mesures préventives venues renforcer la protection et la sécurité sanitaire de toutes et de tous.

2. Quelle évaluation faites-vous de l’expérience de l’enseignement à distance dans les universités ?

Le bilan de la mise en œuvre de l’opération de l’enseignement à distance tout au long du confinement sanitaire s’est avéré positif et encourageant, dans la mesure où il s’agit d’une expérience sans précédent dans notre pays. Nous avons tout de même appliqué cette solution en un temps record, d’autant plus que cette situation a constitué un défi pour le système de l’enseignement supérieur, en ce qui concerne la garantie de la poursuite pédagogique dans des circonstances préservant la sûreté de tous.

Par ailleurs, une étude d’évaluation sur l’enseignement à distance pendant le confinement, menée par le département de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique en coordination avec les universités, a permis de révéler des résultats préliminaires satisfaisants.

3. La crise engendrée par la pandémie va-t-elle amener de nouveaux apports à la réforme de l’apprentissage universitaire, objet de discussions avec les institutions universitaires bien avant la pandémie?

Face à la situation nouvelle qui caractérise le système de l’enseignement supérieur avec toutes ses composantes, l’importance de développer l’enseignement à distance devient évidente, notamment comme complément de l’enseignement en présentiel et comme élément encourageant à l’autodidactisme des étudiants, d’autant plus que ce nouveau système fait du renforcement des compétences numériques de l’étudiant un de ses fondements et ce, à deux niveaux.

Le premier consiste à renforcer l’usage du numérique comme outil pédagogique d’apprentissage, essentiellement dans la formation à distance à travers le développement de moyens d’enseignement innovants. Tandis que le deuxième niveau s’apparente à l’intégration du langage numérique dans les enseignements, le considérant comme un impératif pour les métiers d’avenir, pour le marché de l’emploi et pour le développement des compétences individuelles des étudiants, l’étudiant disposant de six unités en matières de compétences pratiques et de développement personnel (une unité par session), tout au long de son parcours, ce qui par conséquent lui permet de développer diverses aptitudes, y compris sa capacité à apprendre par lui-même.

4. Quelles sont les mesures qui vont accompagner le renforcement de la recherche scientifique et le développement de la coopération à l’échelle nationale et internationale dans la conjoncture actuelle?

Lors de cette situation exceptionnelle, de nombreux appels d’offres ont été fait et il a été procédé au développement de conventions de coopération et de partenariat aux niveaux national et international parmi lesquelles le programme d’aide à la recherche scientifique et technologique dans les domaines relatifs au Coronavirus, d’un montant de 10 millions de dirhams, avec pour objectif d’aboutir à des solutions et de contribuer à la gestion de cette crise. Il a aussi été question, entre autres, d’appels de partenariats entre le ministère, l’OCP et l’Université Mohammed VI Polytechnique, pour le financement de projets de recherches dans plusieurs domaines et qui ont finalement bénéficié d’un budget de 170 millions de dirhams.

Il a également été procédé à la signature d’un accord de coopération et de partenariat entre les secteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, et l’agence universitaire de la Francophonie, visant la formation de formateurs dans le domaine de l’enseignement à distance (environ une soixantaine enseignants dans chaque session de formation), ainsi qu’à la mise en place de douze unités d’éducation numérique dans le domaine des compétences pratiques et de développement personnel au profit des étudiants universitaires.

5. Eu égard au nombre élevé des cas de Covid-19, quels sont les scénarios relatifs à la gestion des emplois du temps visant à éviter les problèmes auxquels l’université s’est vue confrontée l’année passée?

Le ministère s’est attelé, dès l’annonce de l’état d’urgence sanitaire et dans le cadre d’une approche dynamique, en étroite coordination avec la Conférences des présidents d’université et organes directeurs des différents établissements universitaires, à travailler sur tous les scénarios envisageables dans le but de gérer et de garantir le succès de la rentrée 2020-2021. A cet effet, les cadres universitaires et administratifs des universités et institutions de l’enseignement supérieur œuvrent, depuis le mois de juillet, à préparer des programmes et contenus numériques liés au cours de la saison d’automne.

Un système de groupes et d’alternance entre cours en présentiel et cours à distance a été adopté, en proposant notamment un arsenal considérable de ressources pédagogiques numériques à même de permettre aux étudiants de réaliser leur réussite scolaire, combiné à l’usage, par les professeurs, des plateformes, assurant ainsi une plus grande interaction avec les étudiants, tout en garantissant l’accès aux différentes ressources numériques de pays partenaires (Grande-Bretagne, France, Suisse, …).

Avec MAP

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