Corée du Sud: L’héritier de Samsung s’excuse après des agissements

Lee Jae-Yong

L’héritier et vice-président du groupe sud-coréen Samsung Electronics, Lee Jae-Yong, Le vice-président du Groupe Samsung, Lee Jae-yong, a présenté mercredi ses excuses pour les agissements de corruption ayant entaché le plus grand groupe sud-coréen, en particulier pour le processus de succession controversé qui lui permet de prendre la tête du premier fabricant mondial de smartphones.

“Nous sommes reconnus pour notre technologie et nos produits de première classe, pourtant l’opinion publique est très critique à l’égard de Samsung”, a assuré l’homme d’affaires sud-coréen qui s’est incliné trois fois devant les photographes réunis dans une salle de conférence du groupe Samsung Electronics à Séoul.

Ces excuses publiques étaient une demande du comité de conformité du groupe, qui supervise la transparence au sein du conglomérat.

Chef de facto du conglomérat sud-coréen, depuis que son père Lee Kun-Hee, avait subi en 2014 une crise cardiaque depuis laquelle il est alité, Lee Jae-yong a été condamné en 2017 à cinq ans de prison dans le cadre du retentissant scandale de corruption qui avait entraîné la destitution et l’emprisonnement de l’ex-présidente sud-coréenne Park Geun-hye.

Le dirigeant de 51 ans a été libéré un an plus tard. Mais son cas fait actuellement l’objet d’un nouveau procès.


Le groupe a été fondé en 1938 par le grand-père de Lee Jae-yong. Ce dernier a promis qu’il serait le dernier dans la ligne de succession familiale.

“Je ne compte pas transmettre mes fonctions à mes enfants”, a-t-il assuré. “C’est une chose à laquelle je pense depuis longtemps mais j’étais hésitant à l’annoncer publiquement.”

Pendant près d’un demi-siècle, jusqu’en novembre 2019, Samsung a réussi avec succès à contrer toutes les tentatives de création d’un syndicat, parfois au prix de méthodes musclées.

“Je voudrais présenter mes plus plates excuses à toutes les personnes qui ont souffert des questions syndicales au sein de Samsung”, a dit M. Lee. “A partir de maintenant, je m’assurerai de ce que Samsung ne soit pas critiqué pour sa gestion des questions liées aux syndicats.”


Le groupe, a-t-il promis, garantira le respect des droits des travailleurs, y compris la formation des responsables syndicaux, la négociation collective ou encore le droit de réunion.

L’affaire de corruption qui lui a valu la prison porte sur des millions de dollars versés par le groupe à la confidente de l’ombre de Mme Park en échange de faveurs du gouvernement, et notamment le fait de faciliter la succession du père par le fils.

Ce scandale avait souligné une fois de plus les liens troubles entre le pouvoir sud-coréen et les grandes familles qui contrôlent les “chaebols”, ces conglomérats à l’origine du prodigieux redressement après la Guerre de Corée, d’un pays qui est aujourd’hui la 12ème économie au monde.

Le chiffre d’affaires du groupe Samsung représente à lui seul un cinquième du PIB sud-coréen, d’où son poids politique et économique considérable.