Coronavirus : une personne guérie peut-elle être contaminée une deuxième fois ?

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Peut-on guérir du Covid-19 et être contaminé par le même virus une deuxième fois ? Dans une lutte effrénée contre la pandémie du nouveau coronavirus, les études et recherches sont toujours en cours pour répondre à tous les mystères qui entourent cette maladie, notamment l’acquisition de l’immunité.

Pour faire le point sur cette question, Jamal Bouzidi, pneumo-allergologue et Hassan El Berdai, président de l’Association des médecins internes de Rabat (AMIR), répondent à la MAP.

Peut-on contracter le Covid-19 une deuxième fois ? Face à ce nouveau virus, l’expérience actuelle est limitée. Au Maroc, deux tests sont réalisés en 24 heures pour déclarer si un patient est guéri, explique le docteur El Berdai. En théorie, après une infection, la personne développe une immunité, c’est-à-dire des anticorps protecteurs, poursuit-il. Mais ça, c’est la théorie. “Pour le Covid-19, c’est trop tôt pour permettre la moindre certitude”. De manière générale, “les viroses confèrent une immunité durable” mais actuellement aucune étude n’existe, avec un appui scientifique, qui puisse affirmer ou non l’acquisition d’une immunité dans le cas du Covid-19, souligne le docteur Bouzidi. C’est une question dont personne ne peut donner une réponse définitive.

Qu’est-ce que l’immunité communautaire (ou de groupe) ? L’immunité communautaire consiste à laisser “le virus se propager pour atteindre un grand nombre de personnes et donc de guérisons (plus de 60%)”. D’ailleurs, ce fut le premier choix du Royaume-Uni, qui, après avoir échoué, s’est tourné vers le confinement, a indiqué M. Bouzidi. Se lancer dans cette voie nécessite de multiplier les moyens disponibles par 30 pour être prêts à recevoir des patients en état critique nécessitant une réanimation, ce qui est “presque impossible”, a-t-il ajouté.

Qu’en est-il du traitement par injection de plasma d’un patient guéri du Covid-19 à un patient malade ? La technique de l’injection de plasma est un traitement ancien, utilisé lors de la grippe espagnole qui aurait tué entre 50 et 100 millions de personnes en 1918 et 1919. Ce traitement consiste à injecter du plasma sanguin recueilli auprès de personnes qui se sont remises de la maladie, c’est-à-dire introduire des anticorps de personnes guéries du coronavirus à des malades, a indiqué le docteur Bouzidi.


Le Maroc a, quant à lui, adopté la chloroquine comme traitement et la prise en charge des malades dès les premiers signes, “ce qui donne un très bon résultat, ne nécessitant pas un passage au plasma”, a-t-il estimé. Opter pour la chloroquine était un très bon choix, vu les résultats actuels en terme de guérison et surtout en terme de décès qui sont très minimes, note M. El Berdai. En attendant d’en savoir davantage sur le Covid-19, il est recommandé de prendre toutes les mesures de prévention et de précaution pour se protéger et protéger les autres, avertit le président de l’AMIR.