Covid-19/France: le gouvernement travaille sur une application pour limiter la diffusion du virus

StopCovid

Le gouvernement français travaille actuellement, dans le cadre d’une stratégie globale de déconfinement, sur le développement d’une application visant à limiter la diffusion du virus à travers l’identification des chaînes de transmission, a indiqué mercredi le secrétaire d’Etat au Numérique, Cédric O.

Baptisé “StopCovid“, l’application permettrait notamment de “prévenir les personnes qui ont été en contact avec un malade testé positif afin de pouvoir se faire tester soi-même et si besoin d’être pris en charge très tôt, ou bien de se confiner“, a précisé le secrétaire d’Etat dans un entretien au quotidien “Le Monde“.

L’application est installée volontairement; lorsque deux personnes se croisent pendant une certaine durée, et à une distance rapprochée, le téléphone portable de l’un enregistre les références de l’autre dans son historique. Si un cas positif se déclare, ceux qui auront été en contact avec cette personne sont prévenus de manière automatique“, a détaillé le responsable gouvernemental.

Elle “ne géolocalisera pas les personnes” mais retracera uniquement “l’historique des relations sociales qui ont eu lieu dans les jours précédents, sans permettre aucune consultation extérieure ni transmettre aucune donnée“, a-t-il assuré.

Pour ce projet, au lieu du GPS, l’exécutif travaille sur le Bluetooth, technologie qui “est au centre d’un projet européen mené à la fois par l’Allemagne, la France et la Suisse“, a-t-il relevé, ajoutant que l’Institut national de recherche en informatique et en automatique pilote, sous la supervision de l’exécutif, la task force française composée de chercheurs et développeurs du public et du privé.


Et face aux réticences entourant le recours à ce genre de technologies en ce qui concerne la violation des données à caractère personnel des personnes, le secrétaire d’Etat a souligné que “notre hypothèse est celle d’un outil installé volontairement et qui pourrait être désinstallé à tout moment” sans géolocaliser les personnes.

Les données seraient anonymes et effacées au bout d’une période donnée. Personne n’aura accès à la liste des personnes contaminées, et il sera impossible de savoir qui a contaminé qui. Le code informatique sera public, +auditable+ par n’importe qui, et compatible avec d’autres pays. Nous veillons à associer étroitement la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés): la version finale de ce projet lui sera évidemment soumise“, a-t-il insisté.

Il a en outre prévenu qu’il ne s’agit pas d’une application “magique” qui permettrait de tout résoudre. “Il y a une incertitude technologique, et ce n’est qu’une brique optionnelle dans une stratégie globale de déconfinement“, a affirmé le secrétaire d’Etat.

Pour les personnes ne disposant pas de smartphones, il a souligné que la fracture numérique, qui concerne près de 13 millions de Français, “préoccupe évidemment” l’exécutif.


Nous travaillons sur diverses possibilités d’aide à l’équipement, ou à des alternatives aux smartphones pour ceux qui n’en disposent pas“, a-t-il expliqué.

Confinée depuis le 17 mars, la France a franchi mardi la barre des 10.000 décès liés au Covid-19 et plus de 7.000 admissions en réanimation.

Critiqué par l’opposition pour sa supposée réaction tardive face à l’épidémie du nouveau coronavirus, le gouvernement français, réfléchit actuellement sur les différents scénarii envisageables pour une sortie du confinement prévue officiellement le 15 avril courant si la situation sanitaire venait à le permettre.

Mais le Conseil scientifique, chargé de conseiller le gouvernement sur les mesures à prendre pour endiguer la pandémie, juge qu’avant toute décision, la fin du confinement ne serait envisageable que quand les indicateurs épidémiologiques certifieront “que la saturation des services hospitaliers, et des services de réanimation” est “jugulée“.