Covid-19 : l’Afrique doit-elle se préparer au pire ?

Johannesburg, photo AFP

Si les chiffres de la pandémie en Afrique ne sont pas aussi alarmants qu’en Europe ou sur le continent américain, l’OMS a toutefois exprimé son inquiétude face à l’augmentation soudaine des cas de contaminations aux quatre coins du continent.

L’Afrique s’en sort relativement bien en comparaison avec ses voisins européens ou encore américains, avec près de 860.000 cas et 18.000 décès selon les chiffres de l’AFP. Néanmoins, la propagation du virus s’est accélérée durant ces derniers jours, poussant l’OMS à tirer la sonnette d’alarme et à manifester sa grande préoccupation. Si un confinement précoce a permis de ralentir la pandémie dans un premier temps, le pic est à venir selon l’experte du bureau régional de l’OMS en Afrique, Mary Stephens.

En effet, il semblerait que la circulation du virus s’accélère dans plusieurs pays comme l’Afrique du Sud, épicentre depuis le début de la crise avec près de 450.000 cas et plus de 7.000 décès. Le ministre de la Santé a fait savoir que le pic aurait lieu soit en juillet, en août ou bien en septembre. L’Afrique du Sud est suivie par le Nigéria, pays le plus peuplé du continent qui compte près de 43.000 cas. Au Maghreb, l’Algérie connait elle aussi une recrudescence de cas et compte pas moins de 500 personnes infectées par jour, un chiffre toutefois sous-estimé selon certains médecins.

On assiste également à une importante augmentation de cas contaminations au Maroc depuis quelques jours. Un relâchement des efforts qui a fait grimper les bilans quotidiens entre 500 et 900 cas par jour. De nouvelles mesures ont été prises à la veille de la fête de l’Aïd Al-Adha, comme la restriction des déplacements inter-villes pour éviter une propagation plus importante du virus sur le territoire national et une grande catastrophe sanitaire.

Certains pays ont d’ores et déjà fait savoir qu’un second confinement strict n’aurait pas lieu, et ce, dans le but de protéger l’économie nationale. Des mesures de précautions sont déployées avec pour certains pays des sanctions notamment pour le non-port du masque. Pas sûr néanmoins que cela suffise à dissuader certains récalcitrants et à stopper l’émergence de clusters professionnels.


Le cas de l’Afrique préoccupait particulièrement les instances internationales depuis le début de la pandémie, en raison de la défaillance des systèmes sanitaires et des maladies auxquelles le continent doit déjà faire face. Par ailleurs, l’OMS dit craindre une « épidémie silencieuse » en raison de l’insuffisance des tests. “Mon premier point pour l’Afrique, ma première préoccupation, c’est que le manque de tests conduit à une épidémie silencieuse en Afrique. Nous devons donc continuer à pousser les dirigeants à donner la priorité aux tests” déclarait l’envoyé spécial de l’OMS, Samba Sow.