Le CSEFRS n’a jamais parlé d’annulation de la gratuité de l’enseignement

Le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) n’a jamais parlé de l’annulation de la gratuité de l’enseignement et n’a émis aucune position de nature à en amener l’abrogation ou la remise en cause, a affirmé le Secrétaire général du Conseil Abdellatif El Moudni.

“Je voudrais de prime abord affirmer de manière catégorique que le Conseil n’a jamais parlé d’annulation de la gratuité et n’a exprimé aucune position de nature à en amener l’abrogation ou la remise en cause”, a souligné M. El Moudni dans un entretien à la MAP.

Il a indiqué que le Conseil, mû par le souci de lever tout quiproquo et d’apporter les précisions qui s’imposent, “confirme qu’il n’y a aucune annulation de la gratuité et qu’il n’y aucune atteinte à l’Ecole publique”.

“Bien au contraire, le Conseil est l’un des plus grands défenseurs de l’Ecole publique et il n’y a aucune atteinte aux droits des couches pauvres”, a-t-il dit, ajoutant que le fait nouveau est que les efforts déployés par le Conseil en la matière s’orientent vers “davantage de précision de sa conception de telle sorte à ce que la gratuité soit irrévocable et ne fasse pas l’objet d’aucun débat”.


“Le fait nouveau est que le Conseil s’achemine vers l’immunisation et la défense de l’Ecole publique et la protection du pouvoir d’achat des citoyens, des pauvres et des classes moyennes”, a-t-il martelé.

Il a fait observer que le projet de la loi-cadre adressé par le Chef du gouvernement au Conseil pour avis intervient dans le contexte de l’approbation à l’unanimité des membres du CSEFRS de la Vision stratégique de la réforme 2015/2030 “c’est-à-dire à l’unanimité des représentants institutionnels, des experts, des syndicats de l’enseignement, des représentants des enseignants, des cadres de l’éducation, formation, orientation et inspection et des représentants des deux Chambres du Parlement”.

Il a relevé que le Conseil a, depuis son installation dans sa nouvelle version conformément à l’article 168 de la Constitution, focalisé tout son intérêt sur l’identification des dysfonctionnements du système éducatif, rappelant au passage les principes directeurs du financement de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique tels que précisés dans la Vision stratégique, en l’occurrence “considérer la dépense éducative comme un investissement public, visant la mise à niveau du capital humain et le développement du pays et s’assurer de l’adéquation de sa valeur avec les besoins futurs de l’Ecole et les choix stratégiques du pays”.

“L’Etat assure la majeure partie du financement de l’éducation, tout en veillant à en diversifier les sources”, a-t-il poursuivi, précisant que ladite stratégie prévoit aussi de “garantir la gratuité de l’enseignement obligatoire en tant que devoir de l’Etat” et stipule “ne priver personne de la possibilité de poursuivre ses études après l’enseignement obligatoire pour des raisons purement financières, s’il dispose des compétences et des acquis nécessaires pour le faire”.


S’il est vrai que les dépenses de l’enseignement et de la réforme du système éducatif sont onéreuses, s’il est vrai que le simple fait de réfléchir à la diversification des sources de financement est devenu pour certains une préoccupation “pour des considérations que j’ignore”, a-t-il dit, il n’y a qu’à méditer ce proverbe: “Si vous trouverez que l’éducation coûte cher, essayer l’ignorance”.