Les défis des mutuelles africaines et marocaines exposés à Lisbonne

 Les défis et les enjeux auxquels font face les mutuelles de santé africaines en général et marocaines en particulier, avec à leur tête la reconnaissance de leur modèle et leurs spécificités, ont été exposés mardi à Lisbonne.

S’exprimant à l’occasion d’une rencontre, organisée à l’occasion de la Journée nationale de la Mutualité au Portugal, le vice-président de l’Association internationale de la mutualité (AIM)- Région Afrique et Moyen Orient, Abdelaziz Alaoui, a mis en lumière les principaux défis internes et externes générés par des institutions nationales ou internationales et par le contexte dans lequel évoluent les mutuelles.

Pour M. Alaoui, qui est également président du conseil d’administration de la Caisse mutualiste interprofessionnelle marocaine (CMIM), les mutuelles africaines doivent renforcer la professionnalisation de leurs activités qu’il soit au niveau des structures de gestion (conseil d’administration, Assemblée générale..) ou au niveau du fonctionnement quotidien.

La structuration, a-t-il poursuivi, constitue une autre thématique centrale pour le mouvement mutualiste qui reflète la capacité des mutuelles à s’organiser, à se regrouper et à porter leur propre développement.


Un autre grand défi des mutuelles est la prestation de services de soins de qualité, a relevé M. Alaoui, notant dans ce sens que les mutuelles ne sont plus des payeurs “aveugles” mais peuvent avoir une influence sur le coût et la qualité du système de soins intervenant auprès des prestataires avec un pouvoir de négociation important.

Et d’ajouter que la communication est vitale pour les mutuelles qui n’ont d’autres choix que d’investir dans des actions de communication pour pouvoir pérenniser leur fonctionnement et leur modèle et concurrencer les acteurs commerciaux.

Pour le cas du Maroc, M. Alaoui a mis l’accent sur la réforme du Code de la Mutualité qui s’inscrit dans le cadre d’un vaste mouvement de réforme de l’assurance Santé engagé ces dernières années.

Ce texte ambitieux par la volonté qu’il traduit de conférer aux mutuelles un cadre juridique rénové, exhaustif et précis, a-t-il poursuivi, devra permettre de consacrer le rôle des mutuelles comme partenaire majeur de l’Etat dans la conduite de son action sanitaire.


Les autres intervenants, qui ont évoqué la situation de la mutualité au Portugal et dans d’autres pays européens, ont souligné la nécessité de défendre le modèle mutualiste face à une tendance de banalisation et de poursuivre le combat pour la reconnaissance des spécificités mutualistes.

Ils ont aussi plaidé pour le regroupement des mutuelles sous forme de réseaux afin de renforcer leur pouvoir de négociation.

La rencontre a été organisée par l’Association portugaise des mutuelles (RedeMut) qui regroupe 18 mutuelles comptant quelque 700.000 adhérents.

Créée le 25 octobre 2012, RedeMut est une organisation à but non lucratif qui s’assigne pour objectif de promouvoir la culture et les valeurs mutualistes.


L’AIM, fondée en 1950, représente 60 organisations issues de 28 pays d’Afrique, du Moyen Orient, d’Amérique Latine et d’Europe.