Des experts traitent de la prise en charge des patients suspects ou confirmés de Covid-19 en unité d’hospitalisation

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Des experts de la Société Marocaine de Médecine d’Urgence (SMMU) et de la Société Marocaine d’Anesthésie d’Analgésie et de Réanimation (SMAAR) ont publié un document portant sur la prise en charge des patients suspects ou confirmés de Covid-19 en unité d’hospitalisation (y compris les unités de soins intensifs des urgences et de la réanimation).

Ce document traite, notamment, des modalités de l’oxygénothérapie en fonction des moyens disponibles, des modalités de prescription de l’acide acétylsalicylique, de la corticothérapie, des traitements antiviraux, du traitement anti-interleukine 6 ou encore de l’antibiothérapie et COVID.

Concernant les modalités de l’oxygénothérapie en fonction des moyens disponibles, les experts ont affirmé que l’oxygénothérapie est indiquée pour tout patient (suspect ou confirmé COVID-19) admis en hospitalisation et présentant une désaturation à l’air libre inférieure à 95% et/ou une polypnée ≥ 30/min ± des signes de lutte respiratoire ± une acidose hypercapnique (pH < 7,35), affirmant que les objectifs de l’oxygénothérapie pour les patients hospitalisés en secteur COVID sont de 96 % pour les sujets sans comorbidités respiratoires et de 92 % pour les bronchopneumopathes connus (BPCO).

A cet effet, l’urgentologue ou le réanimateur doit être alerté devant toute désaturation ≤ 92 % (88 % si BPCO connu) associée à une polypnée ≥ 30/min sous un débit d’oxygène ≥ 6 l/min au masque à haute concentration et/ou une PaO2 ≤ 60 mmHg sur les données d’une gazométrie artérielle, précisent les experts, rappelant que la décision d’intubation devrait être prise après évaluation du rapport bénéfice/risque pour le patient, des considérations éthiques et de la meilleure utilisation des ressources disponibles.

S’agissant des modalités de prescription de l’acide acétylsalicylique, les auteurs affirment que compte tenu du risque de thrombose artérielle (Syndrome coronarien aigu, accidents vasculaires cérébraux ischémiques, ischémie mésentérique, ischémie des membres inférieurs…), associée à la COVID-19, il est recommandé de prescrire de l’acide acétylsalicylique pour les patients suspects ou confirmés COVID-19.


Les experts indiquent que l’acide acétylsalicylique est généralement prescrit pour les personnes âgées de plus de 65 ans, en cas de risque cardiovasculaire ou d’antécédents thromboemboliques ou encore les femmes enceintes.

Par ailleurs, ils estiment que la corticothérapie doit être prescrite chez tout patient COVID (sans limite d’âge) hospitalisé et requérant une oxygénothérapie (quel que soit le débit), y compris ceux sous assistance respiratoire.

De même, et compte tenu de l’efficacité constatée et du rapport bénéfice/risque concernant l’association Hydroxychloroquine-Azithromycine, sa recommandation est toujours en vigueur pour les patients stables, peu symptomatiques traités à domicile ou symptomatiques hospitalisés ne requérant pas de débits élevés d’oxygène (< 6 l/min), ajoutant que la prescription de l’Azithromycine seule associée à la vitaminothérapie en ambulatoire chez les patients stables sans comorbidités.

En outre, le Tocilizumab (Actemra®) doit être prescrit chez les patients mis sous oxygénothérapie à faible débit (< 6 l/min) avec état inflammatoire biologique, ne requérant pas d’apport d’oxygène à haut débit (> 6 l/min) ni d’assistance respiratoire (VNI ou ventilation mécanique) 6, précise-t-on, affirmant que pour les sujets âgés chez qui le rapport bénéfice/risque de la mise sous ventilation mécanique est évalué a priori comme défavorable, l’administration de Tocilizumab est à envisager au cas par cas, dans la mesure où il n’a pas montré de gain en termes de mortalité.


Enfin, la sortie de l’hôpital pourra être envisagée après sevrage en oxygène ≥ 12 heures en absence de désaturation au test de la marche de 5 minutes, concluent les experts.

( Avec MAP )