Egalité homme-femme: c’est parti pour une campagne nationale !

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L’association Joussour FFM lance une campagne nationale pour la parité. Cette initiative vise à sensibiliser hommes et femmes leaders et acteurs politiques, syndicaux, de la société civile, artistes et intellectuels, au droit des femmes d’accéder aux sphères de prise de décision au même titre que l’homme.

La « Parité maintenant », tel est le mot d’ordre de la campagne nationale pour la parité initiée par l’association Joussour FFM. Le lancement officiel de cette initiative est prévu pour jeudi 24 octobre à Rabat. Cette campagne de sensibilisation vise à mobiliser toutes les forces vives de la société pour concrétiser cet objectif auquel aspirent toutes les Marocaines.

Elle s’inscrit dans le cadre du projet portant sur la promotion de la représentativité politique des femmes au Maroc, entrepris en avril 2017 par l’association Joussour en partenariat avec la fondation Frederich Ebert Stiftung (FES). Le but ultime de ce projet est « de contribuer à la consolidation de la démocratie au Maroc par la promotion de l’égalité hommes – femmes sur le plan de la représentation politique ».

Plusieurs actions ont été menées dont la préparation du « Plaidoyer pour la mise en œuvre d’une parité constitutionnelle effective à l’horizon 2030 ». L’association Joussour ambitionne à travers ce plaidoyer de « fédérer, par une charte d’engagement pour la parité, hommes et femmes leaders et acteurs politiques, syndicaux, de la société civile, artistes et intellectuels, autour de l’accès égal des femmes aux sphères de prise de décision et la nécessité d’œuvrer pour la parité ».

Le texte fondamental consacre certes l’égalité et la parité femme-homme. La Constitution de Juillet 2011 souligne clairement dans son article 19 que « L’homme et la femme jouissent, à égalité, des droits et libertés à caractère civil, politique, économique, social, culturel et environnemental. L’Etat œuvre à la réalisation de la parité entre les hommes et les femmes. Il est créé, à cet effet, une Autorité pour la parité et la lutte contre toutes formes de discrimination ». Toutefois, la réalité est tout autre.


« La mise en œuvre des textes d’application de la constitution, l’harmonisation avec les conventions internationales ratifiées par le Maroc et les engagements que le pays doit honorer au titre de l’Agenda 2030 (Objectifs Durables de Développement) restent à la traîne. Les champs décisionnels restent plus ouverts aux hommes et l’implication effective des femmes dans la vie économique et politique est toujours aussi faible », souligne l’association dans un rapport publié sur son site web.

Certes, des progrès ont été réalisés en matière de droits économiques, sociaux et culturels, toutefois, les femmes n’accèdent pas à certains postes de responsabilité, qui demeurent l’apanage de la gent masculine. « De manière générale les femmes n’ont pas ou peu accès aux sphères du pouvoir et aux postes de responsabilité publics de manière générale en dépit de la loi organique n° 02-12 du 17 Juillet 2012 relative à la nomination aux fonctions supérieures en application des dispositions des articles 49 et 92 de la Constitution. Que ce soit au gouvernement, dans les instances constitutionnelles, aux postes d’ambassadeur, de walis, de directeurs, d’inspecteurs ou de secrétaires généraux, les taux de représentation des femmes varient entre 2% et 13% », déplore l’association Joussour.