En visite à Kenosha, Biden accuse Trump d’attiser le racisme

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Le candidat démocrate à la présidentielle Joe Biden a déclaré jeudi que le président Trump avait “légitimé un côté sombre de la nature humaine” lors d’une visite à Kenosha, dans le Wisconsin, un Etat clé du scrutin du 03 novembre.

S’exprimant lors d’un rassemblement pour aborder les récents troubles civils liés à la fusillade par la police de Jacob Blake, un homme noir, Biden a déclaré que les récentes manifestations n’étaient pas entièrement la faute de Trump, mais le président avait enflammé, selon lui, les tensions raciales à un moment où la nation est profondément divisée.

“Ce n’est pas entièrement la faute de Trump”, a indiqué Biden. “Mais cela a légitimé un côté sombre de la nature humaine. Ce qu’il a fait cependant, c’était aussi exposer ce à quoi on n’avait pas accordé suffisamment d’attention. Le racisme sous-jacent qui est institutionnalisé aux États-Unis qui existe toujours et qui existe depuis 400 ans. Nous nous retrouvons donc avec une situation comme celle que nous avons ici à Kenosha”.

La visite du candidat démocrate contraste fortement avec celle de son adversaire pour la présidentielle d’il y a quelques jours. En effet, le président américain avait profité de son passage par la ville de 100.000 habitants pour apporter son soutien aux forces de l’ordre dans la foulée des manifestations parfois violentes contre le racisme qui ont émaillé le pays.

Lors de sa visite, Trump, qui n’a pas rencontré la famille Blake, a mis en évidence les entreprises qui avaient été détruites dans le cadre des manifestations. Le président a blâmé les responsables démocrates dans les villes d’avoir permis aux manifestants de détruire des propriétés.


De son côté, Joe Biden a discuté par téléphone avec Jacob Blake et a rencontré ses proches. L’ancien vice-président s’est dit particulièrement impressionné par la résilience de Blake, paralysé depuis qu’un policier blanc lui a tiré sept balles dans le dos à bout portant devant ses trois enfants.

“Mettons quelque chose au clair ici, protester, c’est protester … mais rien de tout cela ne justifie les incendies, le pillage ou autre chose”, a, par ailleurs, rétorqué Biden à Trump qui lui reproche de justifier les actes de vandalisme. “Donc, quelle que soit votre colère, si vous pillez ou brûlez, vous devriez être tenu responsable de la même manière que quelqu’un qui a fait autre chose, point final”.

Les visites des deux deux candidats à la Maison Blanche interviennent alors qu’ils se disputent le Wisconsin, un Etat traditionnellement démocrate qui avait été toutefois remporté par une très faible marge par Trump en 2016.