En visite à Kenosha, Trump nie tout racisme systémique au sein de la police

Trump

Le président américain Donald Trump a rejeté mardi, lors d’une visite sous haute tension à Kenosha, au Wisconsin, l’existence d’un racisme systémique au sein des forces de l’ordre aux Etats-Unis, estimant que la police faisait “un travail remarquable”.

“Je ne crois pas cela”, a affirmé le président américain à la presse lorsqu’on lui a demandé si la violence policière contre les Afro-Américains était systémique.

“Je pense que la police fait un travail incroyable. Et je pense que vous avez des pommes pourries”, a-t-il soutenu alors qu’il constatait, aux côtés du shériff de Kenosha, les dégâts causés par les protestations anti-racisme qui secouent la ville depuis qu’un policier blanc a tiré sept coup de feu à bout portant dans le dos de Jacob Blakes.

Interrogé sur les demandes de manifestants pacifiques pour un “changement de structure”, Trump a affirmé qu’il y avait d’autres personnes qui ne protestaient pas et qui voulaient également un changement.

“Ils veulent la loi et l’ordre. C’est le changement qu’ils veulent”, a souligné le Locataire de la Maison Blanche . “Ils veulent que la police soit la police”.


Lors d’une table ronde avec les forces de l’ordre à Kenosha, Trump a blâmé les radicaux et les militants d’Antifa pour avoir incité à la violence, tout en félicitant les policiers locaux en leur disant: “Ce que vous avez fait a été incroyable; c’est vraiment inspirant”.

“Vous avez des anarchistes et vous avez les pillards et vous avez les émeutiers. Vous avez tous les types. Vous avez des agitateurs”, a poursuivi Trump.

Le procureur général William Barr, qui accompagnait le président, a abondé dans ce sens, décrivant “le détournement d’une manifestation par un groupe inconditionnel de radicaux qui (…) planifiaient une attaque coordonnée et violente contre les forces de l’ordre”.

Le président Trump n’a pas rencontré la famille de Jacob Blake lors de sa visite à Kenosha, mais a souligné à plusieurs reprises qu’il avait parlé avec un pasteur de la famille.


Trump a annoncé mardi que son administration fournirait environ 1 million de dollars pour soutenir les forces de l’ordre de Kenosha, près de 4 millions de dollars pour les entreprises locales touchées par les récents troubles et près de 13 millions de dollars pour les efforts de l’État pour poursuivre les criminels en justice.

Les enjeux politiques sous-jacents de la visite de mardi étaient évidents. Le Wisconsin est un État clé lors des élections de novembre après que Trump l’eut emporté par environ 23.000 voix en 2016. Un sondage Morning Consult publié le matin de la visite de Trump à la ville de 100.000 habitants a révélé que Biden avait neuf points d’avance sur le président sortant dans le Wisconsin.